21.05.2007

Flash momentané

En ce moment j'ai très envie...
1) De prendre le train.
2) D'aller à La Rochelle ; je sens que ça va tomber à l'eau, étrangement.
3) Que Pierre revienne plus tôt que prévu.
4) Que la journée de demain passe sans que je m'en rende compte.
5) De recevoir ma lettre d'attribution.
6) Que les résultats du concours soient enfin publiés sur le site.
7) Que mon encyclopédie ne soit pas en quinze volumes pour éviter des luxations et étirements à force de manipulations.
8) Que ça marche pour Sylvia.
9) D'aller faire un petit tour à Saint Etienne, l'air de rien *plaf*
10) Que mon chat dégage de devant l'écran, avachi qu'il est.
11) De savoir s'il faut mettre un tiret entre Saint et Etienne. (bonne question)
12) D'arriver à me relire quand je prends des notes.
13) De faire une découverte fantastique qui financerait tranquillement mes jours.
14) De faire ma deuxième sortie plage de la saison.
15) De comprendre comment les ados qui ne travaillent pas réussissent à se payer toutes ces choses sans, selon leurs dires, être subventionnés par papa-maman.
16) De faire gagner David.
17) De lancer une bombe atomique qui rayerait de la terre les jeunes susmentionnés.
18) De savoir quand on aura les résultats des partiels.
19) Que la salle de bain se soit nettoyée d'elle même quand je me lèverai demain matin.
20) Que le gentil chien qui a fait son footing avec moi la semaine dernière revienne.

15.05.2007

Edit

Je réédite la note datant d'il y a... presque deux mois (si longtemps ? je suis désolée).

J'écrirai une note ce week-end, si je m'en sens la motivation (et si j'en ai le temps).
->donc au final, je n'en ai pas eu la motivation. Ce n'était pas une question de temps, je me suis vraiment ennuyée *la Bourgogne, quelle région palpitante, riche en activités champêtres diverses, telles que aller voir les chèvres, jouer avec les chats, aller voir les poneys (qu'est-ce que c'est sale un poney), faire des gâteaux au laurier, s'abrutir à écouter Rammstein avec mon cousin, treize ans, apprenti rebelle.* J'étais très fatiguée, et je ressentais un mélange de soulagement et de déception, c'était assez spécial.
En plus, moi et mes deux copains du jour (car j'ai trouvé le moyen de sympathiser avec deux garçons envoyés comme moi en tant qu'élite de leur université ; nous avons d'ailleurs convenu ensemble de l'absurdité de la situation), on est allés boire pour oublier, une fois le concours fini, eh ben l'alcool est mal passé, sachant que depuis le matin je n'avais mangé que des barres de céréales indigestes et un panini. Pas la forme, mais on ne se plaindra pas.


En attendant je répète que, demain, il est interdit de me téléphoner, ou même de m'envoyer un sms. Il est même interdit de penser à moi, gardez vos ondes positives débiles.
->Merci à Hélène et Delphine qui n'ont pas manqué de me téléphoner. Je vous hais ^_^
Je serai de retour lundi dans l'après-midi. Bisous à tous, révisez bien ce week-end.
->Je suis arrivée, avec Delphine qui est venue me chercher à la gare, et j'ai pu lui raconter ma vie. Ensuite j'ai retrouvé les filles, à qui j'ai encore raconté ma vie, séparément, histoire de me répéter.
Si je ne reviens pas vivante, dites à Takashi que je l'aime xD
->Ce n'est plus nécessaire. Il a dit qu'il me présenterait au père d'un de ses copains, j'espère que je vais passer pour une fille sympa et intelligente, sans quoi, c'est la loose totale.
Je ramènerai des petites Tour Eiffel miniatures pour tout le monde, tiens.
->Okay, j'ai fait l'impasse sur cette partie là. Mais je n'ai été à Paris que la journée du jeudi ; le peu de temps libre que j'ai eu, je l'ai occupé à visiter le Disney Store de l'avenue des Champs Elysées (qui n'a rien de spectaculaire, j'ai été déçue) et à prendre un café en racontant ma vie, ou l'inverse. Ah si, avant ça, j'ai marché un peu avec un de mes compères, et j'ai vu le Palais des congrès. C'est ça :

medium_palais-des-congres.png
Ca valait pas vraiment le coup, entre nous. On est passés devant, on s'est demandé : mais, c'est quoi ça ? (lui n'est pas de Paris non plus, je ne copine pas avec l'Inalco) Et c'était marqué : Palais des Congrès. Aah, d'accord. Bon. On a continué notre route.
Je ne suis pas du tout passée par la Tour Eiffel. D'ailleurs, c'est très surfait, vous savez :p Le lundi matin, j'avais une heure et demie de battement entre mes deux trains, je l'ai passée 1) à me perdre en essayant de trouver, au feeling, la place des Vosges 2) à finalement avoir trouvé la place des Vosges et à y rester un peu.


Donc, sinon, au final :
medium_239455430_f41b57813d_b.jpgLe concours, je l'ai eu, donc finalement je ne pars pas à Nagoya l'an prochain (j'avais eu ma place assurée par ma prof qui m'aime bien, finalement, je ne l'utiliserai même pas). Aurélie est déçue, tant pis. Priorité à mes projets. Mais si j'ai eu une réponse favorable, je ne sais pas pour autant ce que je fais l'an prochain au juste. J'attends plus de détails. La lettre que j'ai reçue disait quelque chose comme "...plaisir de vous annoncer que suite aux examens... retenue pour la bourse... réponse définitive d'ici fin juillet". Ca ne change rien au fait que c'est un oui définitif, ça laisse juste le point d'interrogation sur ce que je ferai exactement.

J'ai reçu la lettre une semaine après le concours. On se rappellera de mon arrrivée en trombe dans la salle de FLE, émotive, déstressée, légère.
Les réactions ont été variées :
Il y a eu les copains qui m'ont accueillies d'un "félicitations, je savais que tu pouvais l'avoir" sincère et content pour moi.
Il y a eu ceux qui m'ont accueillies avec la même phrase, mais qui étaient cela dit persuadées que je ne l'aurais jamais.
Il y a eu ceux qui depuis me prennent pour une déesse descendue sur terre pour faire rejaillir sur ma promotion mon éclat.
Et heureusement, il y a ceux qui s'en foutent comme de leur première chemise, et ceux qui me disent qu'ils connaissent aussi des gens qui l'ont eue, les années précédentes. Ca fait du bien de se faire remettre à sa place de temps en temps, je commençais à prendre la grosse tête.

Chez mes profs, même système ; j'ai eu des échos variés.
Mardi, première heure de cours. La prof fait un petit tour d'horizon pour voir qui est là, et, avant de rendre les copies, lance "Eh bien avant tout, je crois qu'on peut tous féliciter Marion..." Je me tapis sur ma chaise un maximum en essayant tant bien que mal de cacher mon visage avec une seule main. Je ne relève pas la tête, mais je sens une petite vingtaine de regards intrigués, voire agressifs, car ce n'est jamais bien vu de se faire remarquer de la sorte. Assise en fond de classe, comme d'habitude, il me suffirait de relever les yeux pour constater des regards autour de moi, mais ce n'est même pas la peine d'y penser. Dans mon malheur, je me dis que la plupart des élèves, logiquement à côté de la plaque, pensent qu'elle fait référence au devoir qu'elle s'apprête à rendre (alors que je ne l'ai même pas fait, ce devoir, faut suivre, bref). Mais ç'aurait été trop simple si ça s'était arrêté là. La prof remarque que je suis extrêmement gênée (en réalité, je suis également très en colère), alors elle en rajoute une couche : "Si si, parce que c'était quand même un concours très difficile". Merci. Mais bon. N'avez-vous jamais remarqué que si je me faisais discrète, c'était par choix, et pas par inadaptation sociale (ok, un peu des deux en fait) ?
Heureusement, j'ai ensuite droit au petit café réconfortant, avec Delphine et Cyrielle. Oui, je sais, pour certains, c'est la loose. Une élève telle que moi devrait disserter avec les étudiants plus agés, traîner avec les étudiants étrangers, aussi. Que voulez-vous, moi, je copine avec les deuxième année. Et mine de rien, ça fait du bien d'être un peu avec des gens de son âge. Toute la pression que je ressens habituellement (d'autant plus depuis les résultats) s'envole... un peu. Et j'avoue, c'est aussi par esprit de contradiction . Pour faire l'inverse de ce qu'ils attendent tous de moi. Parce que je ne supporte pas d'être devenue la number one. Mais cela rejoint le fait de chercher à fuir la pression, cela dit...
D'ailleurs, j'ai découvert que Cyrielle sortait du même lycée que moi. On était contentes de se rendre compte de ça, et d'en parler un peu. Souvenirs souvenirs...
Bref. Alors qu'on boit notre cappucino viennois (viennois = avec chantilly), voilà qu'arrivent Yumiko et Takashi (ma soudaine montée dans l'estime générale m'autorise à les appeler par leur prénoms). Ils nous disent bonjour à toutes les trois, je leur réponds avec un petit sourire, et "あっ、マリオンさん、おめでとう", puis, de Yumiko "すごいねぇ". C'est trop trop gentil. Je remercie, sourire puissance maximum. Cela rattrape largement la catastrophe de tout à l'heure.
Et finalement, mercredi, l'apothéose, avec Mme Suzuki qui me lance un petit "Félicitations" discret alors que je suis au téléphone (encore un méga sourire en guise de réponse, c'est mon mode de communication préféré ; comme j'expliquais ça à mes deux compagnons d'infortune, quand tu es une fille, c'est drôlement plus facile, tu souris, tu baisses la tête, et voilà, tu es mignonne), et, plus tard, qui vient discuter avec moi de mes choix. Vraiment très gentille, comme d'habitude.
Pour faire un panel des autres réactions, nous avons Mme Lévy qui me félicite par mail, qui me demande de replanifier ma vie (alors que maintenant c'est trop tard, elle est déjà programmée...), mais qui, quand je la recroise dans les couloirs, n'en a plus rien à faire de moi. ^^" Elle a d'abord donné ma place à Robin, mon coup de coeur de l'an dernier (ce choix m'aurait convenu, encore que je n'aie pas mon mot à dire ; et maintenant, il me devrait une reconnaissance éternelle), puis s'est ravisée, l'a donnée à Olivier (ça m'aurait été aussi, il est sympa Olivier), qui n'en a pas voulu, et je le comprends, je n'en voulais pas non plus =D, donc, ma place a finalement été dispatchée entre je-ne-sais-pas-comment-il-s'appelle-mais-il-est-en-deuxieme-année et Hélène. Je suis contente d'avoir eu le résultat assez tôt pour que ça puisse profiter à quelqu'un.
Quant à M. Rocher, euh, je ne suis pas sûre qu'il ait tout compris à l'histoire. J'ai l'impression, en fait, que c'était le seul qui n'était pas au courant, étrangement. Mais bon, je lui passerais n'importe quoi. Ca fait deux trois fois qu'il tente de communiquer avec moi ; en me lançant quelques mots au détour d'un couloir, après un partiel. C'est gentil tout plein.

Cette note commence à s'allonger dangereusement. Suite dans la prochaine (au dessus, donc. Comme c'est illogique).

18.03.2007

Les beaux jours et la période de reproduction

Bon, là, je raconterai juste ma vie palpitante.
Je sais, je sais, ça fait quelques semaines que je n'ai pas écrit, et quand finalement je m'y remets, c'est juste pour du blablatage. Le retour triomphal, ce sera pour un autre jour, si vous le permettez.
En ce moment je me sens complètement coincée, prise au piège. C'est dû au fait que des tas de décisions que j'ai laissées en suspens trop longtemps pour ne pas avoir à trop m'impliquer dans mon avenir ont finalement bel et bien dû être prises, toutes en même temps. Ca m'apprendra.
Déjà, j'ai reçu mes billets de train pour Paris. J'y vais, impossible de me défiler. (Soit dit en passant : quand j'ai réservé mes billets de train, le site de la sncf m'a proposé de souscrire l'assurance annulation. Ah, mais quelles en sont les clauses, me demandé-je en cliquant sur le petit point d'interrogation à droite. Eh bien, voilà, on me remboursera mes billets de train si j'ai un empêchement professionnel, ou une maladie grave, ou si je meurs. C'est bon à savoir.) Je pars à 4h du matin pour ne pas arriver en retard au concours de recrutement, ce qui, maintenant que j'y repense, aura surtout pour effet de me faire arriver la tête dans les choux, dans l'incapacité totale d'être efficace et de prouver que je vaux quelque chose.
C'est malin.
La veille de mon départ, je dois aller voir David. Quand je suis passée le voir, dernièrement, il s'était coupé les cheveux, et c'était.. étrange. Il semblerait qu'avec l'arrivée du printemps les garçons cherchent à se rafraîchir la nuque ; j'en compte au moins cinq dans mon entourage qui ont succombé à l'appel des beaux jours. Or, voilà, dans chacun des cas, il s'est avéré que ça a été une grave erreur. Je les regarde, et me dis que non, ça ne va pas. Je me demande s'ils se disent la même chose devant leur miroir le matin.
Tout à l'heure, alors que je me coiffais, je me disais que je devais recouper les miens également, que ça devenait du grand n'importe quoi. Est-ce que je suis à mettre dans le même lot que ces esclaves du printemps ?

Tout ça pour dire que
J'ai lu des statistiques dans un journal de confiance (celui qu'on distribue à l'arrêt du tram), selon lesquelles de manière générale, plus les résultats scolaires sont bons, plus la vie sexuelle est déserte.
Me sentant offensée, je souhaite répliquer.
Je tenterais des hypothèses explicatives, des analyses de cas on ne peut plus pragmatiques, des envolées lyriques, des théories vraisemblantes et des démonstrations épiques, si seulement je n'étais pas aussi fatiguée. Dans l'état où je suis, je pense que je serais plus efficace juste en disant : "mais euh c'est même pas vrai".

J'ai une semaine très chargée qui s'annonce.
Lundi : correction de mémoire. Pique-nique. Brisage de coeur. Discussion avec élite de la classe. Cours. Stress d'un coup de fil que j'espère et qui n'arrivera pas. Retour maison. Travail. Dodo.
Mardi : excursion en ville. Achat billets de train. Cours *ou* sitting dans l'herbe. Cours. Glandage. Conférence. Retour. Dodo.
Mercredi : sûrement correction de mémoire-suite *ou* culpabilité intense. Pique-nique *ou* culpabilité intense. Cours. Retour. Little Sue revient, joie. Puis dépression commune due à problèmes de coeurs parallèles insurmontables. Travail. Dodo avec Little Sue.
Jeudi : rien. Le jeudi est la journée où je glande, c'est une sorte de tradition. Ah, si, conférence, à la fin. Retour. Dodo.
Vendredi : Cours. Médisances. Conférence. Soulagement superficiel de fin de semaine. Préparation psychologique à un week-end de révisions. Coup de fil à Angélique pour souhaiter bonne chance. Nouvelles négatives du coup de fil que j'aurais attendu depuis lundi. Déception. Déprime relative (au bout d'une semaine, il ne reste plus grand chose, tout se fond). Dodo pénible.
Week-end : rien. Rien rien rien. Week-end déprimant, partagé entre le travail et la dépression. Ultra-palpitant.

Heureusement que j'ai passé une chouette soirée hier. Ca m'aide à supporter ce dimanche qui ne parvient qu'à me répéter à quel point ma semaine va être difficile à vivre. Ou au contraire, est-ce parce que ma soirée a été bonne que le reste m'apparaît pire ?

15.02.2007

De l'art de se prendre un rateau le lendemain de la Saint Valentin

D'accord, le titre de cette note ne correspond pas à ce qu'il m'est arrivé aujourd'hui. Cela dit, c'est ce qu'il aurait pu se passer aujourd'hui. En conséquence de quoi, ce n'est pas un mensonge, juste une alternative pour me donner un titre choc.
Explication : il y a un garçon que je trouve vraiment charmant, un de ces garçons de derrière le comptoir (je suis incapable de me rappeler si j'ai déjà exposé ma théorie sur les garçons de derrière le comptoir. Je ne crois pas. Pour résumer, cette catégorie regroupe tous les gens que tu ne vois que sur leur lieu de travail, et de qui tu es séparée d'un comptoir : vendeurs, caissiers, etc. Bref, le fait d'avoir été moi-même pendant longtemps une fille de derrière le comptoir m'a fait réaliser que dans le cas où une personne de derrière le comptoir et une personne de l'autre côté du comptoir se plaisent, c'est à la personne de derrière le comptoir de faire un signe, quelque chose, pour faire comprendre un feu vert au flirt. Parce que quand tu es derrière ton comptoir, et que tu plais un peu (pas besoin d'être une bombe), tu peux être sûre que les tentatives lourdes et pénibles pour attirer ton attention vont s'enchaîner. Et cela est flatteur, en un sens, naturellement, mais également tellement exaspérant à la longue que tu deviens totalement imperméable même aux tentatives d'approche de ceux qu'en temps normal, tu n'aurais pas rejetés. Cela dit, comme tu es derrière le comptoir, tu dois être mignonne et souriante et chaleureuse, parce que c'est ton job, donc il est difficile d'envoyer paître les inopportuns. Tu dois même te servir du fait que tu plais pour vendre ; eh oui, c'est cruel, mais c'est la vie. Cela m'a permis de réaliser concrètement que, si un vendeur te sourit, ou te regarde avec des yeux doux, ça ne veut pas forcément dire que tu lui plais. Ca veut peut-être simplement dire qu'il veut que tu reviennes, et pas sans ton porte-monnaie. Fin de l'explication.). Je le trouve simplement charmant, je veux dire par là que physiquement il me plaît, qu'il a des réactions et des phrases qui me font rire, et il est adorable avec moi. Ca ne sous-entend pas que j'ai des vues sur lui. C'est juste le genre de personne que j'aime bien voir, c'est tout. (en plus, cette boutique, c'est le genre qui me prend tous mes sous parce que je suis passablement dépourvue de toute velléité de résistance dès que je passe le pas de la porte. Cette boutique m'affaiblit.) Bref, c'est juste un petit coup de foudre sympathique, pas un gros coup de foudre amoureux. Il était important de préciser ce fait.
Aujourd'hui, je vais le voir, dans sa petite boutique. Il est très gentil, comme d'habitude. On discute, de tout, de rien. Et il me sort une ou deux petites phrases qui, si j'avais été intéressée par lui, auraient été assassines. Exemple : "j'ai l'âge d'être ton père" (alors que non, pas du tout en plus, je ne suis pas si jeune que ça, faut arrêter). Donc, si j'avais oublié ma théorie des garçons de derrière le comptoir et si, juste pour le fun, j'avais entrepris de flirter avec lui, je me serais ramassée.
Il n'y a aucune morale à cette histoire. J'avais l'impression de partir sur quelque chose, mais en fait non, alors autant laisser tomber.

Je suis une fille qui réagit à l'actualité et aux problèmes de la société, c'est pourquoi, en parfaite (ou presque) concordance avec le calendrier, je vais vous parler de la Saint Valentin en question.

medium_672065725.gifLa mienne, d'abord.
Eh bien... ça n'était pas une mauvaise journée. Cela dit, ce n'était pas une Saint Valentin non plus, puisque sans valentin, c'est difficile.
Je suis réveillée par la radio de ma soeur branchée sur Skyrock, qui rappelle bien fort que c'est la Saint Valentin et que si vous n'avez pas de valentin, vous êtes ringard (je suis ringarde). Je pense à une amie, Delphine, qui doit être démoralisée à cause de cette foutue date. Je lui envoie un petit sms (vive la technologie) lui souhaitant une bonne Saint Valentin quand même, parce qu'on s'en fiche, après tout. Quand je la retrouve, deux heures plus tard, en ville, elle me dit que ça lui a fait tellement plaisir qu'elle m'a fait un ptit truc. Un ptit truc ? demandé-je, impatiente et excitée comme une gamine à qui on promet un paquet de bonbons. Et c'est en fait un petit coeur en papier, avec un mot gentil dedans. Une toute petite chose bricolée en deux minutes, mais c'est tellement gentil. Et tout à coup, plus aucune perspective de dépression à l'horizon. C'est aussi ça, la Saint Valentin ; quitte à fixer un jour pour fêter l'amour, autant ne pas célébrer qu'une sorte d'amour.
Hier, j'ai aussi décidé, en collaboration avec un ami (je n'oserais m'en attribuer le seul mérite, c'est lui qui m'y a fait penser, une histoire de lapin, je présume), de créer la Non-Saint Valentin. Même principe que le Non-anniversaire, tu en un as 364 fois par an, mais c'est réservé aux célibataires. D'accord, c'est pas nouveau, et je suis sûre que dix mille personnes ont dû y penser avant moi, mais quand même, sur le coup, c'est une joyeuse invention.
*Je souhaite donc à tous les célibataires une chouette Non-Saint Valentin, youpla*

Il y a des chances pour que je réédite cette note. Je vole vraiment bas, ce soir. J'ai certainement fait pire, mais c'est la première fois que ça m'indiffère si peu.

13.02.2007

Les petits bonheurs de la vie étudiante

Quand on est étudiant et qu'on arrive au moment où on va avoir son diplôme, on en vient à se poser la question fatidique : quid de l'an prochain ? Je suis déjà soulagée du poids de ne pas avoir à me demander ce que je ferai, car j'ai décidé depuis longtemps de continuer dans ma lancée ; en revanche, la problématique du moment était : où vais-je ? Je peux rester en province, gentiment, et bénéficier d'un enseignement correct, ou viser plus haut. J'en ai la possibilité, maintenant que je suis majeure et en tête de classe ; ça reste compliqué, il y a des demandes à faire, mais c'est tout à fait jouable.
Donc, ma décision est prise, je tente la fac de xxx. Je ne suis pas la seule à essayer, à vrai dire, nous sommes cinq, à priori. Mais je suis en bonne place, me répète-t-on à longueur de journée. Soit. J'accepte de la croire. Je persuade Aurélie qu'elle sera des lauréats également - car je le pense vraiment. Et ensemble, on commence à envisager sérieusement notre vie future là-bas, parce que, mine de rien, dans une grande ville où on ne connaît personne, on est perdu. Première étape : le logement.
Il semblerait qu'il y ait à proximité de la fac deux bâtiments de logements universitaires (pas exactement des résidences). Les prix sont un peu plus hauts que ceux de Bordeaux (175 et 200, contre 130 environ ici, me semble-t-il). Première grimace. Ensuite, on regarde le détail. Ayant en tête les cages à lapins aux volets bariolés (au mieux) ou inexistants (au pire) de notre campus, dont l'équipement comprend en tout et pour tout un lit de camp, si tu as de la chance, un bureau/table d'un design qu'un esthète nihiliste aurait qualifié d'intéressant, deux prises sur lesquelles tu dois faire cohabiter ta lampe, ton ordinateur, ta chaîne ou ton mp3 (le mp3 est recommandé pour éviter de voir passer son pauvre voisin au travers de la cloison, alors qu'il voulait juste frapper contre le mur), ta plaque chauffante, ton chargeur de portable, ton épilateur, ton sèche-cheveux et ton réveil matin (je ne possède pas la moitié de ces objets, mais il m'a semblé que les étudiants qui arrivaient à convaincre leurs parents de les mettre en résidence universitaire se débrouillaient également pour acquérir, au dépens de leurs mêmes parents qui croient racheter leur culpabilité, toutes ces choses), une penderie (c'est un euphémisme ; il s'agit en réalité d'une porte coulissante dissimulant un petit placard traversé à mi-hauteur par une barre de fer agressive et trois cintres gris), et un petit coin commodités (c'est à dire un lavabo ; les WC et la douche, c'est sur le palier, et tant pis si tu voudrais de l'intimité), nous ne nous attendons pas vraiment à mieux, d'autant que dans cette ville à laquelle nous aspirons, les loyers sont chers, selon l'avis commun. Et là, c'est le choc. Premier cas : salle de bains et toilettes privées, penderie, lit, bureau et chaise, étagères, téléphone, frigo (oups, frigo est une marque, je ne devrais pas dire ça), balcon (incroyable), etc (?). Plus la cuisine et la buanderie communes. Nous sommes assez impressionnées. Deuxième cas : exactement la même chose, si ce n'est que tu as ta cuisine privée avec un micro-onde fourni, et une télévision. (Une télévision ? Est-ce que ça fait partie du programme scolaire ?)
Ensuite, je me dis que je ferais mieux d'arrêter de penser à ça avant de savoir si je vais effectivement à Paris ou non.

Je suis dans une classe assez intéressante ; en première année, nous étions une centaine d’étudiants, peut-être un peu plus. Alors, on considérait qu’on ne pouvait pas connaître tout le monde, de toute façon, donc chacun medium_fig1.JPGavait un petit panel de cinq à dix connaissances, et s’en tenait là. Il n’y avait pas de « groupes » d’étudiants, de logique clanique, simplement, l’ambiance était assez individualiste. Le fait d’arriver en fac nous faisait nous sentir adultes, pleins d’avenir et de responsabilités, et nous avions tous en tête ces séries américaines ou le campus est un endroit super sympa où on peut arriver dans une salle, s’asseoir et repartir à la fin sans avoir à dire quoi que ce soit à qui que ce soit. En deuxième année, l’étau se resserre : nous ne sommes plus qu’une quarantaine. Beaucoup d’éléments ayant été laissés en route, et de plus, la classe étant découpée en deux (nous, LCE, quarante, plus la deuxième moitié, LEA, qu’on ne voyait plus qu’à la moitié des cours, vingt), l’ambiance devient plus tendue. On a conscience de la menace permanente des examens, de la compétition élitiste, etc. Fatalement, les individus se regroupent en entités, souvent des dérivés des ensembles d' élèves qui s’étaient medium_fig2.JPGformés en première année, sans pour autant former des factions imperméables. Mais cette fois, c’est bel et bien une guerre sans merci qui s’installe, à coup de messes basses et de critiques acerbes des autres regroupements. Dans ce cas là, on a plusieurs options : former un clan, en espérant que ce soit le plus fort (en effet, un groupe d’élèves avait fini par compter de plus en plus d’adeptes, à force d’englober les petits groupes qui gravitaient autour), rester seul, dans l’indifférence générale, ou former un binôme, à la rigueur trinôme, capable de vivre en autarcie. Ce que j’avais fait – je remercie d’ailleurs mon alter ego de l’époque, Hélène, sans qui j’aurais indubitablement fait mon année seule. A la fin de l’année, tout le monde se détestait et il régnait un climat de mépris cordial. En troisième année, c’est l’hécatombe. Nous ne sommes plus que trente, quant aux LEA, ils sont à peine plus de dix. Dans le clan si fort et si omniprésent de l’année précédente, ça a été un carnage, très peu sont encore là, beaucoup des membres les plus forts ne sont plus présents, de sorte que le groupe est perdu et se divise… medium_fig3.JPGsi bien qu’au début de l’année, ne subsistent que des binômes ou des unités. La disparition de la moitié des personnes semble faire également disparaître une grande partie des tensions. De plus, nous sommes dispatchés en trois groupes de dix, correspondant à nos différentes options. Petit à petit, par nécessité, par sentiment d’obligation et de politesse élémentaire, on adresse la parole à d’autres. D’abord juste un mot, comme ça, pendant un cours, puis une conversation légère, puis des discussions plus complètes… Et quand quelqu’un que tu connais parle à quelqu’un que tu ne connais pas, tu t’immisces doucement et tout naturellement dans le débat. Et au fur et à mesure, tu connais tout le monde, tu parles à tout le monde. Pas forcément beaucoup à chaque fois, pas tous les jours, et bien sûr, tout le monde ne s’inscrit pas dans ce petit monde merveilleux, mais le principe reste. Et c’est vraiment agréable.
C’est dommage qu’il ait fallu deux ans, même si, au fond, c’est tout à fait logique. Et il est amusant de constater qu’université ou pas, le niveau reste toujours celui du collège. Ceux qui sont cool, ceux dont on se moque, ceux avec qui on est en rivalité, ceux qui sont solitaires, etc. Et dire que l’université est quelque chose que tout lycéen a tendance à idéaliser, en imaginant que tout va pouvoir changer pour lui, pour ceux qui n’ont pas une bonne situation, ou en imaginant que tout va être encore mieux, pour ceux qui sont déjà confortablement assis… Aucune amélioration dans le domaine de la maturité. Toujours des gosses, moi la première.
[Ca me rappelle ce que m'avait dit ma prof de français en terminale. Que je devais aller en prépa, que ça me correspondrait mieux, que les élèves y étaient beaucoup plus matures, qu'on y formait des adultes, alors que l'université était un repaire de dilettantes. Et alors...? Moi, j'avais envie de liberté... le fait d'être autant encadré par les professeurs, comme au lycée, me donne l'impression de ne pas me devoir les choses que je fais, de ne pas être assez impliquée dans ce que je fais. Ah oui, je ne lui ai pas non plus parlé de mon énervement général envers le système éducatif. Quoiqu'il en soit, j'ai choisi le camp des gamins, et je ne regrette rien. Pourquoi cette politique éxaspérante qui vise à diriger systématiquement les bons élèves vers la prépa ? Pour former une élite ?]

Un de mes professeurs a eu la gentillesse de me prêter un livre. J’ai l’intention de lui rendre le plus vite possible, évidemment (c'est à dire le 2 mars, entre les amuse-gueule et le riz), mais je l’ai à peine commencé je ne l’ai pas encore terminé. En guise d'excuse, j'avancerai le fait qu'il est beaucoup plus long que ce que j'aurai cru, et que je suis en train déjà de lire plusieurs livres passonnants. Je ne peux pas le garder dans mon sac (sac : nom donné affectivement à une vieille besace de 8 ans d'âge, repeinte et recousue de partout) pour le lire dans le bus, parce que j'ai peur de l'abîmer. Je ne peux pas le lire le soir, parce que j'ai besoin de mon dictionnaire à côté, et si je n'ai plus droit aux "Marion ta lumière steplaît..." plaintifs et endormis, ce sera assurément le "Marion tourne pas les pages si fort" (prétexte idiot, j'en conviens, mais que voulez-vous, elle est si mignonne cette petite).
Donc, ce n'est pas ma faute, n'est-ce pas ?

03.02.2007

Intermède

Je ne sais pas pourquoi j'ai craqué, j'étais pourtant de bonne humeur à ce moment là, mais bon dieu qu'est-ce que ça fait du bien.
J'arrive près du panneau d'affichage, pleine d'espoir étant donné que, selon les dires de M. Rocher, le bug informatique avait été corrigé et la publication de la liste des admis était imminente. Effectivement, je vois qu'elles y sont. Je m'approche pour lire mon nom, et j'entends "Marion c'est bon tu l'as !". Je ne me retourne même pas. Je rétorque, très méchamment "j'aurais préféré m'en rendre compte moi même, Carole". "Oh ça va je voulais te faire plaisir hein" - "oui je sais, mais déjà l'année dernière tu m'avais fait le coup, et je n'avais pas apprécié. On préfère constater son admission par soi même. Tu avais fait ça à Hélène aussi, tout le monde te dit que c'est pénible, alors faut pas t'étonner" - "oh ça va, faut se calmer, y en a plein qui aimeraient avoir ta chance. Tu fais partie de l'élite !" - "j'ai aucune envie de me calmer face à toi, et ça n'a rien à voir avec la chance alors lâche moi. Je me contrefous de faire partie de l'élite." - "non mais ça va hein, faut te calmer" - "J'étais très calme avant que tu viennes me harceler. Je ne t'ai rien demandé et je ne suis pas d'humeur alors laisse moi tranquille." Là, elle peste et s'éloigne un peu. Moi, j'appelle Hélène avec mon petit portable (qui est pourtant seulement un étage plus haut, Hélène, pas mon portable, mais je n'allais pas monter pour redescendre après, et puis, un groupe arrivait), je lui dis que les notes sont là, je lui dis qui en FLE est admis ou pas, je l'entends répéter, puis elle me dit "on arrive". Entretemps, le groupe en question (le reste des... disons des EJ, puisque les autres sont les FLE et les RI, je ne vois pas pourquoi, nous aussi, on n'aurait pas le droit à une initiale) s'approche, je leur fais comprendre que la liste est enfin là, ils s'agglutinent autour du panneau comme autant de petites mouches angoissées. Tout ce petit groupe discute, et tout à coup on entend "bon ben je m'en vais, puisque de toute façon personne ne m'apprécie!!". Silence d'une micro seconde, puis rires francs qui fusent de partout. Grégory me regarde pour comprendre (c'est formidable, ces gens que tu as dans ta classe depuis trois mois et à qui tu n'as jamais parlé. Ca m'est arrivé des tas de fois cette semaine). C'est normal, je viens de l'engueuler, expliqué-je. Il hoche la tête comme pour signaler qu'il saisit, et sourit. Tout le monde en fait autant. Finalement, peut-être que tout le monde doit péter les plombs un jour ou l'autre. Je voulais conserver mon statut d'idole mais faire partie de la meute de chiens est salvateur. [Je sais que tout cela peut sembler très méchant. Mais il faut voir qui est la fille incriminée.]
Hélène arrive, suivie de Pierre et de Sylvia. J'explique ce qu'il s'est passé avec Carole, ce qui fait rire tout le monde. Hélène me fait remarquer qu'elle ne m'aimera plus jamais, ce à quoi je réponds que ce n'est pas grave, et que de toute façon, ça n'était même pas certain. Les otakus ont des réactions si imprévisibles quand ils se sentent seuls... Certains font du cosplay (c'est ça, en fait, c'est peut-être un cosplay permanent, ça expliquerait), d'autres font des photocopies, d'autres s'immiscent dans les conversations. Elle trouvera. Je demande à Pierre s'il est au courant de ce que j'ai essayé de faire lundi pour lui. Il me répond que oui, on lui en a parlé. Qui ? Je ne sais pas, c'est un mystère. Sans doute Aurore, j'ai l'impression qu'elle n'est pas très discrète comme fille. Cela me fait penser qu'elle n'a pas son semestre (comme la plupart de ceux qui étaient là mercredi soir. A vrai dire, Aurélie et moi sommes les seules à l'avoir obtenu. J'en connais une qui va gueuler, via M. Kubota, bien sûr). Hélène non plus. Sylvia l'a eu, donc elle est un peu rassurée, quant à Pierre, il est dégoûté de ne pas avoir obtenu de mention autre que Passable. Tout le monde lui rétorque que c'est déjà super d'avoir eu le semestre, etc. Je ne dis rien, je comprends ce qu'il ressent, et les gens qui estiment que tu n'as pas à être déçu par un résultat meilleur que le leur m'énervent. Je l'écoute parler alors qu'il cherche les gens qui on eu des mentions. "Ah Eric et Gregory sont les deux seuls à avoir eu Bien. ... ah non, en bas y a quelqu'un aussi, sur l'autre feuille, je crois. C'est..." Moi, je me cache derrière. Je ne dis rien. J'en ai marre. Je prie pour qu'il ne dise rien.

C'est pas vraiment la forme depuis hier. Et je sais que je n'ai même pas le droit de dire ça. De la même façon que Pierre n'a pas eu le droit d'exprimer sa déception. Je souhaitais vraiment ne pas être dans son cas, me retrouver avec la mention dont je ne voulais pas. On m'aurait lapidée sur place.
Bref, ça m'énerve de ne pas rayonner avec toutes les choses géniales qui se sont passées mercredi et hier. Mercredi, je me suis rendue compte que Mme Lévy se souvenait très bien de moi, trop bien, et que je n'ai plus de souci à me faire. medium_akiyo914_13_1.jpgElle me surestime et veut que j'aille à Paris en mars (bien sûr, évidemment. Je pourrais aussi me promener avec un chapeau dans les mains, à votre bon coeur m'sieurs-dames, je crois que ça sera plus fructueux. Et Mme Suzuki, derrière, qui regardait l'air de dire "elle, elle est douée ? vous êtes sûre ?"), en grande partie parce que Takashi 1&2 lui ont dit que ça s'était vraiment très bien passé avec eux. Ce à quoi j'ai répondu que ce n'était pas vrai, que je n'étais pas d'accord avec ce point de vue. Elle a dû croire que je disais cela par pure modestie. Mais qu'est-ce que je pouvais dire d'autre pour la convaincre ? En fait il est gentil avec moi parce qu'il m'aime bien, à cause d'une bête histoire de crustacés ? Ce n'est pas très crédible. Et pourtant c'est ça, à la base. Bref... Et je vais avoir beaucoup d'argent, aussi. Yop. C'est déloyal. Encore plus tard, Aurore qui me dit qu'elle est contente qu'on soit toutes les trois. Et la plus grosse surprise : j'ai parlé avec quelqu'un de la classe que je trouve très sympathique. Un garçon que pas grand monde n'apprécie (je ne l'appréciais pas non plus jusqu'à très récemment), parce que l'image qu'il donne est très différente de son vrai caractère. Du moins, de la partie de son caractère que j'ai pu voir. Je me sens assez mal. Je me rends compte que les points sur lesquels je me suis permise d'avoir une opinion sur lui ne sont pas ceux en se basant sur lesquels on peut parvenir à un avis juste. Et le pire dans l'histoire, c'est que c'est moi qui ai fait ça. Moi. J'ai des voix qui résonnent dans ma tête. Celles qui ont deviné, qui j'étais, ce que je voulais (aucune allusion à Laurent =D *plaf*). Ca ne m'a même pas servi de leçon. Personne n'est Superman. Des fois, tu vois des gens autour de toi, et tu es imperméable à ce qu'ils peuvent être. Tu ne vois rien. Parfois tu vois les gens, tu les vois tels qu'ils sont. Quand tu as un déclic. Une sorte de coup de jus. Rien de très rationnel. C'est très soudain, les gens t'apparaissent tels qu'ils sont vraiment. Et tu ne penses même plus à toutes les idées que tu as pu te faire avant. Tu as juste le visage de l'autre en face de toi, et tu parles. C'est si simple. Le compteur se remet à zéro.
Il n'a pas eu son semestre, lui non plus. Personne n'a eu son semestre, de toute façon, c'est l'hécatombe cette année. Ca m'énerve.
Bref, ce n'était pas ce que je disais à l'origine. J'étais en train de me plaindre de ne pas pouvoir me plaindre. C'est extraordinairement injuste. Non pas que je sois incapable de relativiser et demedium_yu-ki_fouet.JPG me dire que je peux m'estimer heureuse au vu du sort d'autres, mais simplement qu'on ne peut me demander de me complaire dans une satisfaction absolue que je ne ressens pas. Je suis désolée si ça semble ingrat ou inconsidéré. Je n'ai ni le droit de montrer que je suis contente, parce que cela passerait pour un manque de délicatesse, ni celui de montrer que je ne le suis pas complètement, pour la même raison. J'ai juste le droit d'être là et de ne parler qu'à demi-mots, pour ne froisser personne. Cette vie sociale-là est épuisante. Certaines personnes me manquent. Je crois qu'au fond, il me tarde que cette année soit finie. Histoire de tout laisser tomber, et de voir qui sera là au retour. Sans doute pas grand monde. Les inscriptions sont ouvertes, et je prends les paris, aussi.
Au fond, je n'ai sans doute pas réalisé encore. Si j'avais réalisé, est-ce que je ne devrais pas être en ce moment débordante de joie, à crier la nouvelle sur tous les toits ?

Pour me calmer, j'emmène Little Sue au ciné. La semaine dernière on a fait Little Miss Sunshine. Je recommande ce film. Je l'y ai emmenée en m'attendant à une critique basique de la société du culte de la beauté et du gâchis des petites filles, etc, mais finalement, c'est beaucoup plus déjanté que ça. Cela aborde un grand nombre de thèmes intéressants, sans prétention aucune, sans aucune connotation moralisatrice. J'aime beaucoup les road-movies de manière générale, je trouve que cette construction offre beaucoup de possibilités et un découpage propice à un bon enchaînement, si c'est bien fait. Ici, ça l'est. Ce film est vraiment riche. Et puis, il est vraiment drôle. Un mélange de cocasse et de cynique qui rend très bien.
Cette fois, on va voir Das Leben der Anderen. Je ne suis pas sûre du titre en français, je crois que ça doit être une traduction littérale, La Vie des autres. Je sais qu'il me suffirait d'aller sur google pour le vérifier, mais j'aime bien imaginer et esayer de me souvenir sans avoir de certitudes. C'est triste, une certitude. C'est la fin de quelque chose.

06.01.2007

Retour discret

Je ne pensais pas forcément qu'un retour sur internet impliquait un retour sur ce blog ; mais après quelques jours, je découvre que tout cela est lié. J'ai réalisé que je pouvais très bien me passer d'internet, cela dit, si je peux y avoir accès, j'y cours. Droit dans le mur, comme on dit. Je me sens beaucoup plus épanouie dans la "vraie vie", alors qu'Internet me conditionne, me met une certaine pression, m'oblige à me définir une appartenance à telle ou telle catégorie de gens, me pousse à rester toujours la même pour ne pas me détacher de l'image que les gens peuvent avoir de moi. Je me sens restreinte, limitée. Dans le "vraie vie", je suis libre, je me sens différente, unique. Internet, du moins c'est l'impression que j'ai, retranche chaque personne dans une coquille précisément étiquetée. Je n'y ressens rien, les mots sont là mais je n'ai aucun moyen de me prouver leur authenticité. En vrai, je vois les yeux des gens avec qui je parle, j'entends leur voix, je sens leurs mains sur mon corps pour appuyer leurs paroles. Beaucoup de gens disent préférer, ou du moins aimer, Internet car cela leur offre plus de possibilités, plus de marge derrière leur anonymat relatif. Je comprends cela ; mais il se trouve que j'arrive à un moment ou je n'ai plus ni l'envie ni le besoin de me cacher comme je le faisais avant. Au contraire, j'ai besoin de reconnaissance. Depuis environ trois mois il me semble, je me rends compte que les choses ne peuvent se passer que si on fait des efforts dans ce sens et si on les laisse se passer. J'avais beaucoup trop tendance à avorter toutes les possibilités, et ce pour m'éviter des déceptions, des peurs, etc. La raison en elle-même n'est pas mauvaise, cela dit, j'avais le sentiment que je ne pourrais pas vivre pleinement de cette manière. Ce n'est pas pour cela que je changeais quelque chose à ma façon d'agir. Il a fallu une aide extérieure, un élément déclencheur. (Cela me fait penser à quelque chose que j'ai entendu dans un téléfilm stupide il y a quelques jours : "Le courage ne se traduit pas par l'absence de peur mais par la conviction qu'il existe quelque chose de plus important que cette peur". J'avoue, car je préfère avouer plutôt que d'être démasquée, le téléfilm en question c'est "Princesse malgré elle", que j'ai regardé avec ma soeur parce que je lui avais offert le livre il y a quelques années) J'avais déjà amorcé un retour vers la réalité il y a un an ou deux, mais je restais tout de même assez dépendante de la virtualité. C'était un outil indispensable pour moi, quelque chose qui me permettait d'achever ou de tenter de compléter ce que je ne pouvais pas faire, ce que je ne pouvais pas être dans la "vraie vie" ; aujourd'hui, c'est juste un accessoire. Quelque chose qui me permet d'être en contact avec certaines personnes, d'avoir accès à certaines choses. Point. Et je suis contente d'en être arrivée là.
Il est temps d'être humble et de remercier les quelques personnes qui m'ont aidée à prendre définitivement conscience que la vraie vie, c'était chouette. La plupart sont des personnes que j'ai croisées une fois, deux fois, et qui n'ont absolument pas conscience de ce que quelques simples mots échangés avec elles m'ont fait l'effet d'une gifle douce comme la brise du matin. J'en oublie certainement, mais il y a Nathalie [pour m'avoir bousculée sans le vouloir, pour m'avoir fait prendre conscience que j'étais normale, juste décalée, pour m'avoir forcée à cette intimité avec toi, pour me faire du bien sans t'en rendre compte, pour te comporter avec moi comme tu voudrais te comporter avec d'autres sans savoir comment, pour m'apprécier et me considérer malgré notre différence d'âge, pour t'inquiéter pour moi], deux des ambulanciers dont je ne connais même pas le nom [l'un pour une simple phrase que tu as prononcée, l'autre medium_degas-edgar-ballerina.jpgpour avoir fait face avec moi au camp adverse lors d'un débat insipide sur James Bond], Laurent [pour cette petite phrase qui m'a complètement assomée, car les filles ont le droit de rêver], et une autre personne relative au marché de Noël dont je préfère ne pas mentionner le nom, car c'est un peu trop récent pour que la nostalgie ne soit pas mêlée de tristesse [sans commentaire, d'ailleurs. Cela dit, celles qui ont eu le début de l'histoire auront la fin, ça évitera les gaffes]. Aucune de ces personnes ne lira jamais ces lignes, et c'est aussi bien. Une parmi elles aura droit à ces remerciements "en vrai", une autre a probablement conscience de l'impact qu'elle a eu sur moi. Pour le reste, c'est enfermé à jamais dans ma tête. Mais ça n'en est pas moins profondément sincère.
Alors, il est nécessaire maintenant de dire un mot pour tous ceux qui n'ont pas vu leur nom dans cette liste non exhaustive, et peut-être en sont désappointés. Ceux avec qui je parle souvent, ceux avec qui je suis relativement intime, ceux qui me connaissent plus ou moins. Certains lisent ces lignes en ce moment. Certains savent comment je vais, ce que j'ai dans la tête, certains ont essayé de m'aider, de me conforter, certains ont été là pour moi dans des moments où j'en avais besoin. Je ne veux pas que vous pensiez que je m'en fiche, que je l'oublie. Je vous remercie pour ça, vraiment. Ce que vous m'avez apporté a été très important pour moi. Ce n'est pas ce qui m'a aidée à m'en sortir, car les choses les plus utiles viennent de personnes qui n'ont pas conscience de votre mal-être et qui vous parlent sans compassion, sans précautions, d'égal à égal. Mais ça m'a aidée à ne pas aller plus mal, j'en suis persuadée. Quand on a quelqu'un en face de soi qui ne va pas bien, il n'y a rien à faire pour l'aider, il ne faut même pas tenter de le faire. Il faut juste être là, à côté, faire ressentir à l'autre que l'on n'est pas très loin en cas de besoin, que l'on s'inquiète pour lui sans lui mettre une pression quelconque. Ne pas chercher à le sortir d'une situation dans laquelle il se complaît, qu'il en ait conscience ou non. On ne peut pas décider d'aller mieux avant d'avoir vécu certaines choses, je pense. Et le fait de sentir autour de soi des personnes qui voudraient qu'on aille mieux, le fait d'éprouver cette attente, rend d'autant plus pénible la situation dans laquelle on est, rend plus lourd encore le poids dont on doit se débarasser. Si la personne en question veut vraiment aller mieux, elle ira mieux. Il faut juste lui laisser du temps. Même si c'est difficile à vivre pour les autres, sans doute autant que pour la personne en question. Il faut attendre que quelque chose se passe, autour d'elle, et dans sa tête. Ne rien demander, ne rien attendre. Juste rester.

"Et tu verras, plus tard, tu te rendras compte à quel point c'était stupide."
"Je le sais déjà."

J'avais vraiment tendance à négliger l'impact que pouvaient avoir les gens dans le développement. Déterminée depuis toujours à ne vouloir apprendre que par et pour moi-même, à ne rien avoir à devoir à personne pour ne pas nuire à mon intégrité, je me rends compte que c'était une erreur. Que personne ne peut être vraiment imperméable, que si l'on peut se construire seul, ca n'apporte pas ce sentiment de complétude duquel je m'approche de plus en plus. Qu'une fois que l'on a acquis ue certaine assurance, plus rien ne peut transparaître sur toi si tu ne le veux pas. J'ai toujours des problèmes dans mes relations avec les gens : j'évite toujours de m'attacher, j'ai toujours du mal à croire qu'on puisse m'aimer, j'ai toujours des difficultés à avoir confiance, j'ai toujours des problèmes avec les notions d'intégrité et d'individualité. Mais ça va mieux. D'une manière générale, ça va mieux. Tout n'est pas réglé, mais c'est sur la bonne voie. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis jetée dans le vide dernièrement,medium_punkcat_Ko.2.JPG à prendre des risques, dire des choses qui peuvent avoir des retombées importantes, faire des choses sans ambigüité quitte à ne pas pouvoir revenir en arrière... autant il arrive que cela arrive après mûre réflexion, comme un risque dont je suis consciente et que je veux tenter, autant d'autres fois cela sort tout seul de ma bouche. C'aurait été impossible avant ; je réfléchissais trop, et je bloquais. Et je m'en voulais d'avoir bloqué, sans vraiment comprendre comment cela pouvait fonctionner. Je sais que je m'étonne, aujourd'hui, quand je dis certaines choses.
J'ai réalisé qu'il pouvait y avoir un amalgame de fait entre ne pas vouloir se reposer sur les autres et ne pas vouloir que les autres se reposent sur soi. Mais ce n'est pas mon cas ; si je préfère être seule face à ce que j'ai dans la tête, je n'en suis pas moins là quand les autres ont besoin de moi. Ca m'a choquée quand quelqu'un m'a laissé entendre, hier, que pour elle les deux allaient de pair. C'est vraiment la dernière image de moi que je veux donner ; il était évident, pour moi, que j'étais là pour les gens qui comptaient pour moi. Je sais que cela peut paraître paradoxal, qu'en général ce genre de service est à double sens, mais je promets de faire des efforts en ce sens.
(Bisous~)

23.09.2006

Bouzillage J-31

Y aller à deux, c'est moins effrayant, même si l'on est une grande fille courageuse.
Rendez-vous à l'heure d'ouverture devant la boutique. Le store est déjà à demi levé, ce qui signifie que le moment est imminent. En attendant, nous papotons. Hélène nous rejoindra peut-être, mais plus tard, car elle a regardé L'Empire des Sens hier, et pense avoir du mal à se lever. D'accord. Alors, ta maman a donné son feu vert ? Oui, enfin, elle a approuvé la sélection du salon, en tout cas. Pourquoi ton choix s'est-il porté sur celui-là ? Parce qu'il a l'air propre, et qu'il a de nombreuses références. Et toi ? ...Je lui parle des estampes qui avaient été réalisées sur le dos d'un garçon, qui avaient été si bien reproduites qu'on en reconnaissait l'auteur, et de la petite fille des livres pour enfants, très bien exécutée également. -Zzzzoummm- Le store se lève, nous nous interrompons ; la vendeuse vient ouvrir la porte. Nous entrons - nous deux, et deux garçons de mon âge (ils avaient l'air plus jeunes que moi, mais c'est impossible), qui viennent pour le rendez-vous de l'un d'eux. On les fait passer le comptoir, l'un s'asseoit en attendant, et le deuxième doit prendre place sur le fauteuil. Peu de temps après, le vrombissement commence. Delphine et moi nous regardons, mi-nerveuses mi-amusées. Je suppose que c'est comme la roulette du dentiste, me dit-elle ; le bruit est impressionnant, mais ça ne fait pas mal. Je lui réponds que la douleur ne m'effraie pas du tout. La vendeuse se tourne vers nous, bonjour, qu'est-ce que vous voulez ? Aucune de nous ne semble décidée à prendre la parole, alors, je m'y colle. Nous aimerions nous faire tatouer - pas la même chose, cela dit - donc nous souhaiterions voir vos books, vous poser quelques questions, etc... Oui, bien sûr, vous savez ce que vous voulez ? Je fais signe à Delphine de parler de son cas en premier. Elle parle de son papillon en arabesques qu'elle a imprimé puis momentanément égaré, elle dit qu'elle voudrait bien voir ce qu'ils ont comme motifs, au cas où elle flasherait sur l'un d'entre eux. La vendeuse lui donne quelques books, ceux du royaume des fées et des insectes. Elle commence à regarder, moi avec, quelques instants, puis je me tourne vers la vjeune fille pour expliquer mon cas. J'ai une idée très précise - dis-je en lui montrant les dessins que j'ai apportés - je voudrais celle-ci, mais en modifiant certains points, par exemple je n'aime pas cette chaise, je voudrais la remplacer par une autre, et puis je voudrais qu'elle soit davantage de profil, et un peu plus grande... Elle m'interrompt, regarde avec moi mes dessins (enfin, quand je dis "mes"... tout le mérite en revient à Degas), note ce que je lui dis, et me demande s'il me serait possible de revenir dans le courant de la semaine prochaine pour discuter avec la dessinatrice. Oui, bien sûr (je ne suis pas difficile comme fille). Elle va voir le tatoueur derrière (je ne sais pas duquel il s'agit, je prie pour David, qui me plaît davantage), ils discutent, et elle revient pour m'annoncer le prix. Je m'attendais à cela, mais j'essaye de ne pas faire une tête bizarre et d'approuver sereinement. Puis, de derrière le paravent, David (David ! ^_^ ...une banane et un soda à la main, car il faut le plein de vitamines pour commencer la journée, n'est-ce pas) arrive à son tour ; il me repose quelques questions, sur l'emplacement, la taille, les couleurs, le niveau de détail... envisage un mix des dessins que j'ai apportés... réfléchit un peu, et confirme le prix. Il me dit une ou deux choses encore, et retourne à son client qui doit s'énerver derrière. Je sors pour aller chercher des arrhes, et je reviens, tout sourire, malgré le fait que je vienne de réaliser ce que cette somme totale représentait en francs.
Pendant ce temps, Delphine a sélectionné deux ou trois motifs qui lui plaisent particulièrement. Je lui donne mon avis pour les deux, elle approuve. Et tout à coup, arrive Hélène (finalement réveillée) ; je lui explique pour moi, et nous lui montrons le dilemne de Delphine. Elle donne également son avis ; il correspond au nôtre, Delphine est ravie et décidée. La vendeuse la questionne sur la taille du motif, Delphine tente une approximation. La jeune fille prend un mètre mesureur, et, tournant son visage vers moi : "Retourne-toi". Seconde d'hébétude, je ne comprends pas. "Pour lui montrer ce que ça donne", précise-t-elle. Ah (-_~"), ce que je fais donc. Delphine dit que c'est ça, ça correspond. (Note personnelle : Hélène et Delphine ont des mensurations plus proches que Delphine et moi, alors... pourquoi ?) La vendeuse retourne voir David (qui va bientôt en avoir marre), ils discutent encore tarification, discrètement. Nous nous attendons à un prix sensiblement identique au mien ; certes, le motif est plus large est plein, mais il ne comporte pas autant de détails, et est somme toute plus facile à exécuter. Quand elle revient et annonce quelque chose de bien supérieur, aucune de nous trois n'arrive à cacher sa stupéfaction. Elle nous explique que c'est avant tout dû au choix de l'emplacement, que le temps de travail est doublé parce qu'il faut que la peau soit bien tendue et qu'en conséquence il est nécessaire de le faire deux fois plus grand, sachant qu'en position standard, debout, il aura bien sa taille finale. Delphine déglutit, accepte, sort chercher ses arrhes. Pendant ce temps, je prends mon rendez-vous, et va pour un mardi matin (à la réflexion, je me demande si je suis sereine à l'idée d'être la première cliente post-week-end) . Hélène et moi nous extasions sur un cheval rose et violet qui sierrait fort bien à Carole, et je demande à la jeune fille le tarif de tous leurs piercings (soyons fous). Elle me répond gentiment, me demande ce que je fais dans la vie (d'une manière assez triviale : "c'est quoi ton taf ? t'es étudiante?"), pour estimer les risques. Au passage, elle s'extasie sur ma bague et me demande où je l'ai achetée - malheureusement, je ne sais plus ; c'est dommage, j'aurais bien aimé lui répondre, je sens qu'on s'aimerait bien si on nous en donnait l'occasion. Delphine revient, se déleste de nombreux billets, et prend son rendez-vous. La jeune fille semble bloquer quelques secondes sur son cahier, puis nous explique qu'à peu de choses près, elle aurait pu nous caser l'une après l'autre, ce fameux mardi matin. Nous lui répondons que ce n'est pas essentiel, et je suis tentée d'ajouter que nous étions ensemble ce matin-ci davantage pour des raisons de commodité que parce que nous sommes extrêmement liées, mais je ne voudrais pas vexer Delphine (encore qu'elle n'ait pas de véritables raisons de le prendre mal, mais... voilà). Mais la jeune fille retourne dans l'arrière salle voir David, et revient tout sourire en nous annonçant que cela ne lui pose aucun prolème de passer de l'une à l'autre sans pose, et elle inscrit le nom de Delphine juste sous le mien. Il est amusant, d'ailleurs, ce carnet de rendez-vous ; on n'y note que le prénom, le numéro de portable, et le motif. Enfin, cela me permet d'avoir la confirmation du fait que c'est bien David qui va me tatouer, et j'en suis soulagée. A l'avenir, je pourrai toujours demander à l'avoir lui, puisqu'il m'aura fait mon premier. Je n'aurais pas pu le faire en prétextant simplement que je me sentais plus en confiance, que c'était simplement une impression physique... Ou plutôt, j'aurais toujours pu le faire, et je suis certaine qu'ils auraient accédé à ma requête, mais je me serais sentie obligée de me justifier en racontant ma vision du tatouage, et un peu ma vie, et je n'y tenais pas vraiment, c'est trop personnel pour le faire devant quatre personnes (plus deux derrière un paravent, aux aguets l'air de rien) qui m'écouteraient attentivement. Il m'est même difficile de savoir quel a été l'élément déclencheur qui a fait que j'accepte maintenant que quelqu'un d'autre que moi touche à mon corps maintenant.
Je ne sais pas si je suis vraiment heureuse du fait que Delphine soit avec moi ce jour-là. Nous avons convenu du fait qu'elle viendrait avec moi dès l'ouverture, et que je resterai avec elle jusqu'à ce que le travail soit exécuté. Ce n'était pas un accord clair, mais je ne sais plus ce qu'elle m'a dit, et j'ai approuvé, et tacitement ça a été décidé. Je me sentais moins intimidée du fait qu'elle était là, mais d'un autre côté j'avais peur que nous soyions assimilée. J'ai bien senti le regard de la vendeuse sur elle quand elle lui a demandé à voir ses modèles de papillons, et l'a priori qu'elle a eu sur moi, quand elle m'a demandé ce que moi je désirais exactement. Cela m'a vraiment fait plaisir, et touchée, que son attitude change quand je lui ai dit ce que je voulais. Elle a compris que nous ne jouions pas dans la même cour. David l'a compris aussi, il me semble. J'aurais aimé accentuer cela en venant seule au rendez-vous, mais cela fait plaisir à Delphine, alors... et puis, en un sens, cela me va aussi. J'irai seule pour les prochains. Je sais que je pourrai m'exprimer même si Delphine est là. Ce n'est pas comme si elle risquait de porter un jugement négatif sur moi. C'est une fille simple qui a accepté l'idée que j'étais différente d'elle ; elle ne prétend pas me comprendre, mais elle est attentionnée et m'écoute quand je parle. Si je parle avec le pierceur de choses qu'elle ne saisira pas, elle écoutera simplement. Elle ne posera pas de questions idiotes. Quand nous étions à la fnac toutes les trois, à regarder les livres comportant beaucoup d'illustrations de tatouages, elles n'avaient pas la même vision que moi, c'était évident. Je l'accepte tout à fait.
Il y a quelques années encore, peut-être même quelques mois, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver un certain mépris pour les filles "simples", celles qui voulaient un tatouage parce que c'est joli (j'ai toujours, en revanche, une haine certaine pour celles qui en veulent un parce que c'est cool). En fait, j'ai appris que je ne pouvais pas en vouloir aux gens de n'avoir pas des cheminements aussi tortueux que les miens. J'envie leur simplicité, j'envie la facilité avec laquelle ils abordent toute chose. Je respecte Delphine, Hélène, Marion, etc, comme elles me respectent ; nous avons conscience que nous ne sommes pas du même monde, et pourtant nous arrivons à nous recouper sur certains points. J'apprécie vraiment ces quelques personnes que je connais de par ma scolarité, qui me permettent de voir des gens un peu différents de moi. Les personnes les plus proches de moi me ressemblent beaucoup - c'est normal, je suppose, je crois qu'une sensibilité commune (théorique ou empirique) est nécessaire pour parvenir à tisser un lien fort. Cela dit, le contact de gens à l'opposé de ce que l'on est est agréable, comme un bol d'air frais. Je ne suis pas sûre de pouvoir affirmer que j'en ressors enrichie, mais cela m'apporte de bonnes choses.
J'ai vraiment envie de parler avec David, comme j'ai aimé parlé avec la vendeuse (j'aimerais connaître son prénom), comme j'aimais parler avec Erick, car je ressens que nous ressentons la même chose. Je suppose qu'il s'agit de l'appartenance tacite à une catégorie commune dont parlent les sociologues. Elle est réelle, je n'en ai jamais douté, mais je me rends compte depuis peu à quel point c'est sympathique et chaleureux.

Ah oui, tant que je suis dans la catégorie des tatoos et piercings...
Je ne réagis absolument pas mal quand on me pose des questions relatives à mon piercing. Par exemple : "est-ce qu'on s'y fait ?" - "ça n'est pas gênant ?" - "ça ne fait pas mal ?", etc. En revanche, LA question stupide par définition, à savoir "et ce n'est pas gênant pour embrasser les garçons ?", m'horripile. Jusqu'à présent, il me semble que la seule personne qui me l'avait posée était Guillaume. J'avais répondu, amusée, et me disant qu'il était jeune (quinze ans), qu'il ne connaissait pas grand chose à ces histoires, et que de toute manière, le baiser restait quelque chose de très approximatif à cet âge. Mais hier, un ami d'Angélique (ma collègue), après les questions standard, a posé celle-ci. J'étais vraiment surprise ; est-ce qu'un type de vingt-cinq ans n'a pas un peu d'imagination ? Est-ce qu'il ne voit pas plus loin que le french kiss typique (j'entends par là, lèvres jointes et emmêlage de langues), est-ce qu'il ne se dit même pas que si les piercings à la lèvre étaient handicapants dans un domaine aussi important que celui-là, ils n'existeraient pas ? J'ai répondu de manière neutre et sympathique, mais la prochaine fois, je lui parle de Prince's Wands.

31.08.2006

"Tu pues", ou le post intéressant du jour

Voilà ce que je me prends dans la figure alors que je rentre tranquillement chez moi. Ma soeur m'appelle du haut des escaliers, j'arrive, de toute façon, je n'avais aucune autre intention que celle de m'affaler sur mon lit. Elle me tend les bras pour un bisou, le fait, et me dit "ah mais tu pues !".
Je tiens donc à éclaircir ce point. Je ne pue pas. Il émane de mes vêtements une odeur tenace de friture et de grillade. C'est tout.
...
On sent que les vacances sont finies au bout du troisième jour de travail.
medium_sb.gifLes deux premiers jours, c'est amusant, c'est quelque chose qui recommence, certes, mais comme c'est un nouvel emploi, pour moi, cela s'apparente plutôt à un jeu. Mais le deuxième jour, quand tu reprends tes affaires dans la remise, et que, les jambes un peu douloureuses, tu marches vers l'arrêt de bus, tu te rends compte que cela va être comme ça tous les jours dorénavant. Je n'avais jamais réalisé que concrètement, la fin des vacances, c'était la fin de la liberté, que cela signifiait une routine imposée. Et pourtant j'aime vraiment cet emploi, c'est peut-être le meilleur de ceux que j'ai éprouvés jusqu'à présent. ...Passons les en revue (mais si, ça vous intéresse, voyons). D'abord... j'ai fait des déménagements, quand j'étais en troisième. On m'appellait parfois, le week-end, et j'allais charger et décharger des camions. C'était chouette, car étant la seule entité féminine, j'étais chargée de discuter avec les propriétaires, où voulez-vous qu'on mette ça, c'est fragile ce carton là, et, étant la seule assez svelte pour me permettre cela, de courir un peu partout pour indiquer aux gars où mettre les choses, entre les moments où je cherchais à prouver ma valeur en soulevant des choses plus grosses que moi. Ensuite... J'ai fait des travaux de couture, des repassages et des ménages, pendant la période du lycée (et encore à la fac pour la couture) ; ça me plaisait bien (la couture, évidemment, ça passe tout seul, mais le reste aussi ; j'aime prendre soin des choses qui ne sont pas à moi). Avant la rentrée en première année de fac, j'ai travaillé à Mc Do (il n'y a pas de sot métier), pendant un mois, que j'ai essayé de faire passer vite en m'assignant toujours à la corvée de toilettes - je remercie des gentils collègues qui me cédaient toujours leur tour en ne comprenant jamais pourquoi j'y tenais tant - car au moins, je ne voyais personne. Pendant la deuxième année de fac, j'ai donné des cours, d'anglais, principalement. Il y a quelques mois, j'étais dans un palace en Grande Bretagne à servir le thé à des évèques, et maintenant, me voici, après deux mois de repos bien mérité, de retour sur le marché.
Cette fois, c'est un travail que j'aime vraiment beaucoup, je fais des kebabs dans une guinguette qui n'est qu'à dix minutes de bus de chez moi (ou un quart d'heure de vélo, mais... je prendrai mon vélo en photo, un jour, vous comprendrez). Je suis avec une patronne très gentille qui a une fille de mon âge (et pour cela, elle se prend pour moi d'une affection touchante) et une collègue agréable. Les deux y travaillent toute la journée ; moi, je suis la cavalerie qui arrive en renfort le midi, quand on ne sait plus où donner de la tête. Ce sont des horaires parfaits, à savoir quinze heures par semaine, cinq jours par semaine. medium_brandon.jpegJe n'ai pas de responsabilités harassantes, mais mon travail demande assez d'organisation, de rapidité et d'initiative pour que le fait de réussir me procure une satisfaction personnelle, et pas seulement le contentement du travail accompli. Je ressors de ces trois heures avec les mains brûlées au second degré (la gauche pour les moments où je tiens les kebabs qui sortent juste de la presse pour y rajouter les frites, et la droite pour les moments où je coupe la viande sur le plateau tournant), les jambes lourdes, une chaleur corporelle avoisinant les 45°C, et un haut couvert de sel et autres petites particules inidentifiables. Ah oui, et je dégage une odeur de kebab à plusieurs mètres à la ronde. Quand je rentre chez moi, je me débarrasse de mes vêtements pour m'ôter cette insupportable impression d'avoir été plongée dans une grosse friteuse, et je les mets dans un sac pour pouvoir les remettre le lendemain sans qu'ils chargent l'atmosphère de la pièce. Mais ça me plaît. Et je peux manger toutes les frites que je veux (je n'en veux pas, mais j'apprécie le principe).
Il y a un centre commercial à côté, pour les jours où j'arrive trop tôt et où je ne sais pas quoi faire en attendant (Patricia (ma patronne) refuse que je fasse des heures supplémentaires. Dès qu'il est deux heures, tu t'en vas, tu n'as pas à rester plus longtemps. OK. Si j'arrive trop tôt également, elle regarde sa montre l'air de dire "non mais oh".). Donc je vais flâner... ce qui n'est pas raisonnable... encore que, comme j'ai à nouveau des rentrées d'argent... si, c'est raisonnable.
Quand j'arrive, à onze heures, je remplis le présentoir à boissons, ce qui me prend un petit quart d'heure. Ensuite, je vois, j'ai le choix entre replacer la salle, donner un coup de chiffon, aller chercher du pain... bref à onze heures vingt, d'un commun accord, tout le monde s'assoit en attendant les clients. Patricia et Angélique mangent, moi je sirote quelque chose. Jusqu'à midi, c'est très tranquille, quelques clients enjoués, des habitués de la maison, qui me facilitent le travail. Mais l'heure et demie qui suit est infernale. Nous sommes deux, ou trois même, dans une cuisine qui ne dépasse pas les huit mètres carrés (surface occupée par l'électroménager comprise). Je n'ai qu'une plaque chauffante por faire un maximum de steaks et de merguez en un temps record, et j'ai calculé que j'étais en contact avec les frites au moins deux fois par minute. Par chance pour les clients, j'ai une hygiène irréprochable.
Voilà. J'avais bien prévenu que c'était intéressant.
Mmh mh mh mh mh mh mh...
medium_fee.gifTant que j'y pense... lorsque que je suis allée à la boutique la première fois, j'avais croisé le fils de la patronne (il l'avait appelée maman, aucun doute possible), et qu'est-ce qu'il était charmant *_^ typé adolescent rebelle, c'est à dire cheveux qui tombent dans les yeux, tee-shirt noir large avec logo d'un groupe métalleux quelconque, jean qui menace d'embrasser le sol au moindre soubresaut... et avec un joli visage, pour ne rien gâcher. Je n'avais pas de vues sur lui (je n'aime pas beaucoup cette expression, alors pourquoi faut-il que je la ressorte si souvent ?), j'avais juste pensé qu'il me plaisait. Eh bien, aujourd'hui, j'ai appris qu'il avait quinze ans. Je suis irrécupérable. J'assume parfaitement le fait que je sois davantage attirée par les garçons plus jeunes que moi (question d'effet de canonisation qui n'a jamais aucune incidence sur la réalité), mais si je ne sais même plus me rendre compte de leur âge, je vais finir en prison.

[Hors sujet : je repense au cas de Pluton. Je trouve qu'il est très méchant et très indélicat de dire à quelqu'un que c'est une planète, et finalement non, désolée, tu n'es plus une planète, juste un petit tas. Rien que pour éviter ce préjudice, on aurait dû la garder.]

28.08.2006

All about me

Je suis toute désolée et je tiens à m’excuser platement de cette inactivité momentanée. Je m’octroie quelques jours de vacances, et quand je reviens, surprise, je suis désolée Marion mais je crois que j’ai cassé ton ordi ; je l’ai remis d’aplomb depuis quelques jours, et je reviens sur ce monde virtuel (mais le monde dans lequel nous vivons n’est-il pas fallacieux lui aussi ? Si, mais ce n’est pas le moment, j’y reviendrai plus tard, attends). Bonjour !
Je vais me remettre à ce blog, maintenant. Il y a des tas des choses nouvelles ici-bas.
Le monde est toujours aussi étouffant, la nature humaine est toujours aussi pitoyable, mais moi ça va. Je suis dans une période haute, et depuis quelques mois je les vis bien. Je ne pense plus à l' "après", je reste juste dans cette euphorie passagère, car juste pour quelques semanes, quelques mois, tout est possible. Je suis consciente de ne pas être "guérie", et par conséquent que je ne devrais pas me satisfaire de cela, mais jusqu'à ce que j'aie trouvé un meilleur moyen, je préfère me mettre des oeillères. Il se peut qu'il se passe quelque chose de bien dans les prochains jours, quelque chose sur quoi je compte assez. Donc, d'ici-là, je suis dans une sorte d'expectation exaltée et tendue, assez agréable. J'attends, et comme je suis de bonne humeur et que j'ai lu tous mes livres, je vais écrire.
Bref, tout ça pour dire que je reviens, car c'est la grande forme =) Et je m'excuse encore de mon silence :]

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