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23.07.2006

PNCの国へようこそ!

Hier, je reçois le paquet tant attendu pour mon anniversaire de la part de Haruko. Notons au passage qu’il ne s’agissait pas d’un colis (emballage cartonné tel qu’ils sont réglementés ici par La Poste), mais de plusieurs poches plastiques les unes dans les autres (pour la protection), sur la première étant marqués au feutre presque effacé mon nom et mon adresse. Gloire aux services postaux japonais qui permettent une telle personnification des envois à un coût si modéré, et sans emmerder personne. Voici la liste des mille et une choses contenues dans le paquet. (On ne sait jamais ; je suis contente, peut-être serez-vous contents pour moi. Personnellement ça m’est souvent difficile – encore que cela dépende beaucoup du contexte - mais j’ose penser qu’il y a des gens plus sympathiques que moi ici-bas.)

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- Un tee-shirt rose acidulé (« rose » tout seul sonne trop doux) avec « music saved my life » en écriture gothique dessus ; j’ai déjà vu, je crois, sensiblement le même ici sur quelqu’un, en vert, mais, sans doute parce qu’il est en quelque sorte japonais, je ne peux me défaire d’une petite impression de putumayo (malgré le « made in Guatemala »).
- Des petits biscuits au thé vert et au chocolat (un joyeux mix des deux qui donne une impression de pistache, c’est très bon),
- Un… truc =s je ne sais pas quelle en est la fonction exactement, c’est un carré de tissu synthétique doublé, sans ouverture ni rien… il est couleur lie de vin, avec des lapins blancs qui courent dessus (deux lapins, mince, il en manque un).
- Dix chocolats – de ceux qui se vendent en bande, dans leurs petits sachets par mesure d’hygiène
- Des autocollants étranges qui veulent s’apparenter à des cœurs mais qui m’évoquent plutôt des fesses ; je suppose que ça dépend de comment on les regarde, mais maintenant que je les ai vus une fois à l’envers, l’impression va persister.
- Un petit sac jaune à visage de poussin,
- Un petit ange en bois ; il ne m’évoque pas vraiment le Japon, plutôt les gargotes côtières qui vendent des souvenirs.
- Des tas de cartes postales et prospectus en tout genre,
- Un sac rose, qui à première vue se présente comme un petit porte monnaie rond. On zippe la fermeture et alors, comme pour un K-way, on déballe le contenu en retournant la pochette, et hop, voilà un sac à tête de cochon. La partie circulaire de base est en fait le groin.
- Des jolies choses faites avec des fleurs séchées ou qui évoquent des choses séchées (si je devais décrire exactement chaque objet, je n’aurais jamais fini),
- Une petite pochette verte pour mettre… des choses dedans ; c’est davantage décoratif que pratique.
- Deux gâteaux que j’ai envie de goûter et de préserver en même temps. Ne dites rien, la dimension paradoxale de cet énoncé ne m’échappe absolument pas. Il y en a un au goût de salade, l'autre de sauce soja.
- Une petite figurine en forme de bélier joli,
- Une poche de bêtises, qui contient notamment un stylo de Ritsumeikan ("きみの入学を待っています" - mais oui mais ça ne dépend pas de moi, arrêtez de me harceler) et un porte clef (Lipton) en forme de théière.
Enumération terminée (je crois). Maintenant, je suis en grande difficulté. En effet, il se trouve que je vis dans un pays au PNC en lui-même non négligeable mais cependant dérisoire comparé à celui du Japon. Ce qui est tendance ou cool n’est pas typique et ce qui est typique n’est ni tendance ni cool. Je pense que dévaliser un des stands de souvenirs qu’on trouve devant la tour Eiffel ne me satisferait pas.
Autre insurmontable contradiction : je meurs d’envie de me balader avec mon sac à tête de poussin ou mon sac à tête de cochon, mais je sais que si certaines personnes de mon entourage avaient la même idée, je les toiserais avec un grand mépris (…ou je les toiserais tout court ; je ne sais pas pourquoi j’ai précisé « avec un grand mépris », tous les sentiments qui s’échappent de moi en société donnent assez cette impression). Est-ce parce que je suis incapable de comprendre (et d’apprécier, par conséquent) les sentiments positifs tant que je ne les ai pas moi-même ressentis ? Sans doute. (A l’inverse, je dispose d’une très grande faculté d’empathie pour tout ce qui est plutôt négatif.) Est-ce également parce que, de peur d'être ébranlée dans mes convictions, je préfère me dire que les gens sont stupides et que je vogue parmi eux à la recherche des perles rares ? Certainement. C'est aussi une des raisons qui fait que je ne m'intéresse pas aux gens de mon âge. Les perles ne peuvent être si proches de moi. C'est impossible, inconcevable. Sinon, je les aurais déjà trouvées...
Cette notion de perle est vague, décidément. Comme tous les concepts, elle est sans doute vouée à rester dans l'abstrait. Alors, pourquoi s'obstiner ? ..."c'est une très mauvaise question, je ne vous remercie pas de me l'avoir posée".
Je l'ai invitée pour Noël il y a quelque temps, elle vient d'accepter, sous réserve que je m'assure bien que ça ne pose de problème à personne. (Elle est mignonne *_*) Ce que je vais faire très vite. J'ai très peur - non pas de nos compétences linguistiques respectives, mais que son séjour soit terne. J'ai peur de ne pas être capable de faire ce que je devrai faire. Elle n'attend rien de moi, je le sais. Je la connais suffisamment pour être certaine de cela. Mais je ne me connais pas assez pour être sûre de ce que je crois pouvoir faire. Je voudrais faire mille choses pour que son séjour soit agréable - rien qui m'aliène, je ne veux pas forcer quoi que ce soit - je voudrais juste que tout se passe bien. Pouvoir contrôler ça aussi, contrôler le futur.

19.07.2006

Sweet dreams are made of this

Le sujet principal de cette note se trouve en deuxième partie. Mais j'éprouve le besoin de parler de choses plus concrètes, plus matérielles et insipides, car je suis assez triste, j'ai besoin de me distancer de cela pour ne pas passer ma journée à le ressasser et à me demander pourquoi, si, et quand.

Je viens de relire mon dossier d'art, le relire en détail cette fois, pour vérifier qu'il avait bien été lu et qu'on ne m'avait pas mis ma note juste parce que les images étaient jolies et le texte long. J'étais désespérément à la recherche d'une annotation, d'un coup de crayon, n'importe quoi, puisque je ne parvenais pas à m'expliquer pourquoi tous les autres ont eu droit à ce qu'on leur redonne un dossier agrémenté de post-it sur plusieurs pages, des conseils, des remarques, etc. (véridique ; j'ai mis mon nez dans tous les dossiers en allant chercher le mien =p), alors que moi je n'avais eu droit qu'à deux pauvres post-it - un avec ma note et le commentaire, l'autre pour me dire que faire un glossaire aurait été sympa. Deux hypothèses se présentaient alors à moi : soit mon dossier était parfait, soit il n'avait pas été lu vraiment. L'habitude de m'imaginer persécutée m'incitait à pencher pour la seconde solution, mais ne désespérons pas, camarades, peut-être suis-je quelque peu considérée.
Je relis mon avant-propos, d'abord (la lecture chronologique, y a que ça de vrai). Première remarque ; whaou, il est vraiment excellent. J'ai dû gagner tous mes points dessus, la prof n'a pas lu le reste, elle s'est dit que quelqu'un qui osait traiter avec autant de pédanterie sa préface avait forcément pondu un dossier glorieux. Mais la dernière phrase me crucifie : "(...) afin de souligner la caractère universel de leurs conceptions". LA caractère universel ? 1. j'aurais pu me relire mieux, bordel 2. si la prof l'a remarqué, elle n'a pas forcément à me le souligner, n'est-ce pas ? (...n'est-ce pas ? u_u) ... Retour de craintes (et en plein dans la figure).
Deuxième page, première phrase : "fut un époque de haute surveillance". 1. c'est vraiment du plus mauvais effet, mais c'est écrit tellement petit aussi, j'espère que je n'en ai pas trop raté 2. un E !! elle a rajouté un E à mon "un" !! Merveilleux, cette phrase aura au moins été lue.
C'est la seule trace de son passage que j'aie pu détecter. Peut-être n'a-t-elle lue que mon introduction. Peut-être que je ne devrais pas tant m'en faire, et ne jurer que par ma note. Peut-être que je devrais simplement me satisfaire d'avoir supplanté F., la prof ne jurant que par elle. Peut-être que le simple fait de savoir que mon travail est bon devrait me suffire. Ce qui me manque, ce n'est pas de ne pas avoir plus de reconnaissance, c'est le fait de ne pas être certaine qu'on m'ait accordé de la considération pour le travail que j'ai fourni. Ou plutôt, qu'on ait accordé de la considération à mon travail, et pas à moi. Je ne me sens pas mal-aimée (ou plutôt si, mais ce n'est pas un problème), mais dans ces moments-là où la logique voudrait que je m'assoie sur mes lauriers mais où dans mon esprit il subsiste une infime-minuscule-petite chance, je suis un peu perdue.

Surtout quand je me rends compte que j'ai besoin de ces preuves, plus particulièrement de preuves d'affection, et que c'est mon subconscient qui me le dit (qui me le hurle, devrais-je dire). Ce sont mes rêves qui me racontent ce dont j'ai besoin, n'est-ce pas dramatique ? Acceptant la théorie selon laquelle les rêves sont le reflet de l'inconscient, je suis bien forcée d'admettre qu'ils montrent alors ce qui est vrai, en tout cas ma vérité à moi. C'est difficile, encore une fois, mon moi profond me refuse la façon dont j'entends mener ma vie.
Il y a eu plusieurs bribes de rêves, je me rappelle vaguement avoir été au fond du jardin de la maison où j'ai vécu quand j'étais enfant. Je me revois creuser la terre, ou faire une cabane, ou je ne sais plus trop quoi. Mais c'est la partie que je vais raconter maintenant qui m'apparaît le plus clairement, et que j'écris ici car je ne veux pas l'oublier. Même s'il me fait de la peine, ou parce qu'il me fait de la peine. Il est vraiment beau à mes yeux.
Plusieurs personnes attendent à la porte d'un appartement, décoré avec un papier peint clair et une moquette du même ton. Moi, je suis (pourquoi ?) assise dans un placard dont la porte est ouverte (je crois que je suis entrée dans l'appartement juste avant, que j'étais avec les autres précedemment) ; cette porte forme un angle droit avec la porte d'entrée quand les deux sont fermées, si bien que quand la porte d'entrée s'ouvre, laissant entrer tout le monde, le placard se referme pour ne laisser qu'un interstice de cinq ou dix centimètres par lequel je vois tous les gens entrer petit à petit (environ dix personnes). Il y a "eux", et Sarah, et Audrey parmi ces gens ; cette dernière me voit, me dit de venir, je me lève, je suis un peu triste. Après le hall d'entrée, on arrive dans une salle décorée semblalement, avec un bar dans le coin (peut-être pas, après tout, peut-être est-ce juste une association d'idées à cause des tabourets), et un piano noir à queue, magnifique. Il y a donc cinq tabourets disposés autour du piano, derrière les cordes. Deux filles, mignonnes (= détestables, mais je suis dans une humeur assez mélancolique, je ne sors pas mon artillerie, je n'en ai pas la force) sont déjà assises sur les deux à gauche. Je me mets sur celui qui se situe complètement à droite. Juste à ma gauche vient s'asseoir B., et à sa gauche à lui T. (u_u près des filles XD), mais je ne fais pas trop attention. Je remarque B. à cause de son manteau noir, mais sans trop comprendre, je crois, que c'est lui. Victoria Abril (:o - et soit dit en passant, elle est vraiment jolie cette femme) vient se placer debout, de l'autre côté du piano, et commence à chanter une vieille chanson que j'aime ; je ne sais plus vient laquelle, je me demande si ce n'est pas True Colors. La chanson est douce, belle comme tout. Je me sens fatiguée, je suis appuyée sur le piano, les bras croisés et le menton qui repose sur mes avant-bras. A un moment je sens que B. tourne la tête et me regarde fixement, pendant longtemps. Quand finalement je tourne à mon tour la tête vers lui, il a déjà redirigé son regard vers la chanteuse, la chanson, les notes. Je reste un certain temps à le regarder aussi ; ses yeux sont doux, il sourit de manière imperceptible, il sait que je le regarde. Je cesse de le regarder, et immédiatement après, il me regarde à nouveau, sans trop sourire, mais avec un visage très tendre. Je le regarde, nos regards se croisent, et au bout de quelques secondes où aucun de nous deux ne souhaite baisser les yeux (quoique je crois l'avoir fait une fois, mais juste après j'ai relevé les yeux et cherché à soutenir son regard - pas facile =s) , il me fait un sourire, un grand et merveilleux sourire *_* avec ses sourcils qui remontent un peu ; il est vraiment beau. Alors je souris (je craque). Je souris encore quand j'y repense maintenant... Bref [sigh], nous nous sourions, moi, un petit sourire de remerciement pour tenter de me remonter le moral, pour me sourire, et à la fois un sourire sincère, et lui, un large sourire charmeur et tendre, tout aussi sincère que le mien (car c'est comme ça que se passent les choses dans les rêves ?). Puis nos regards s'en vont à nouveau vers la musique. Puis, il passe son bras autour de mes épaules. Je suis légèrement surprise, mais heureuse (pas ravie et mue de l'excitation type "oh ! il m'a touchée !", juste sereine, j'apprécie ce geste qui me donne du réconfort, j'apprécie la situation). J'appuie ma tête sur son épaule quelques secondes, je savoure ces doux instants. Puis je repose ma tête sur mes bras repliés, devant son torse, sur le piano, qui est et a toujours été refermé, précision non négligable, de sorte qu'en baissant les yeux il voie mon profil droit, donc (je crains que cette position soit difficile à se représenter). Il a toujours son bras qui enserre mon dos et se referme sur ma taille, ou mes épaules, je ne sais plus. Je remarque que de l'autre côté T. est penché sur lui, il semble dans le même état de sérénité et de bien-être que moi - le sentiment de tendresse en moins, car là, ce serait assez malsain. Je me rappelle avoir pensé dans mon rêve que c'était étrange. Je me rappelle que T. m'a regardée un instant, en souriant doucement. Finalement, je ferme les yeux. Et je suis heureuse.

11.07.2006

I love you ?

medium_12832.2.jpegMais qui aurait cru que cela serait si contraignant, et pourtant si agréable ? [ceci est un volet non culturel]
J'ai finalement reporté le dilemne crucial entre le choix raisonnable, le choix intéressant ainsi que le choix qui n'a rien à foutre là pour concentrer mes vacances sur une quatrième option. Ce ne sont plus des vacances de tout repos, mais je les préfère comme ça. (Je me replongerai dans l'affreux dilemne deux minutes avant d'aller m'inscrire à la fac, de cette façon, la spontanéité parlera toute seule, comme une grande.)
Je pense aussi de plus en plus à un nouveau dessin (me suis découvert un génie artistique passionné dans le domaine du dessin), une petite danseuse, mais cela va prendre du temps, ne serait-ce que pour le tutu, il va falloir revenir dessus au moins une fois, ce qui fait un minimum de deux semaines. Deux semaines pour une simple danseuse, mais je ne me soucie pas des questions de temps ni de moyens. (Je me soucie par contre de ma santé mentale : j'ai rêvé de Lukas dernièrement @_@)
Si ce n'est pas moi qui le fais, ce n'est plus mon art (ça semble éminament logique dit comme ça ; pourtant, dans la mise en application du principe, il n'y a plus grand monde pour me suivre). J'éprouve le besoin de m'investir vraiment dans cette pièce (me suis mise à appeler "pièce" tout ce qui est du domaine de l'art sans pouvoir être pour autant qualifié d' "oeuvre") pour cesser de penser à ce qui me torture en ce moment, à savoir l'appréciation de quelqu'un, certes critique, modérée et censée, mais qui s'apparente un peu, sur certains points, à du fanatisme. Hier, j'ai joué avec ma soeur, avant de nous endormir, à "à quoi je pense ?". Je ne souhaite pas revenir ici sur le caractère enrichissant de ce jeu - mais au moins, ça fait beaucoup rire. Au bout de quelques tours de plus en plus piquants, je lance "Alors... c'est... grand..." et je n'ai même pas le temps d'aller plus loin qu'elle me hurle son nom (elle s'est trompée, mais j'ai considéré que c'était correct). Je lui dis ce que je comptais dire après : "...ça a une brosse à WC sur la tête", elle hurle que je suis pas gentille, et enchaîne très vite : "A moi ! C'est grand, et ça s'est pas lavé depuis deux ans !". Qu'elle est cruelle u_u
Qu'est-ce que ça va être quand on va recevoir notre cd n_n je tente déjà de l'empêcher d'écouter les chansons en boucle chaque jour, mais que voulez-vous, elle a treize ans.
C'est amusant de partager ce genre de passion avec sa petite soeur - nous avions déjà en commun beaucoup de goûts, mais un même groupe musical, c'est nouveau. Ca m'a assez surprise de constater qu'elle aimait vraiment - remarque, elle était entrée dans ma chambre à l'époque où nous n'habitions pas encore ensemble, j'étais en train d'écouter Gardenia, elle ne m'a plus lâchée pour que je la repasse en boucle pendant une semaine. Elle avait aussi eu un coup de foudre pour une autre chanson... bref, le détail est sans intérêt. Mais j'en étais - expression triviale - sur le cul. Nous complexons un peu toutes les deux : elle se demande si elle n'est pas un peu jeune, moi si je ne suis pas un peu vieille. Ce qui est très appréciable, c'est que, en joyeuses groupies que nous sommes (nous sommes sages, je le répète, groupie n'est qu'un terme pour situer ; ma soeur n'est pas trop portée vers le fanatisme et l'idolatrie (heureuse petite u_u) et moi, j'ai déjà donné, si bien que je sais pertinemment les pourquoi et comment de mes formes de fanatisme, et qu'aujourd'hui, cela ne s'apparente pas à cela), nous prenons un grand plaisir à insulter nos chouchous respectifs (ce n'est même pas méchant réellement (cf. "à quoi je pense ?"), puisque je le sien me plaît également (*^-^*) et qu'elle aime beaucoup le mien : "il me fait tripper le tien", m'a-t-elle dit). Exemples : "haaa mais regarde son tee-shirt au tien, il a deux ans d'âge mental ! Il a peut-être un slip des Supernanas aussi " "mais non, il est cool, oh laisse le, t'es con. Le tien par contre, regarde, il finit sa chanson et il se casse !" "Il est modeste, le mien, au moins ! Le tien est un petit prétentieux !" "Le mien au moins sait s'habiller !" "Le tien rigole à toutes les blagues débiles qu'on lui lance !" "J'te signale que le tien rigole aussi ! En plus, le tien, c'est un obsédé !" "Tu dis ça parce que tu es jalouse que le tien soit trop petit pour jouer à ce genre de jeux, mwaha." ...Ah oui, et elle passe son temps sur google, et m'appelle chaque fois qu'elle tombe sur une photo ridicule du mien - ou du sien, car elle n'est pas trop partiale. Et on rigole ensemble des deux. Elle m'a aussi fait remarquer que j'avais tendance à apprécier ce genre de garçons (le mien), avec pour preuve le rappel d'un guitariste d'un autre groupe que j'avais trouvé vraiment charmant. Je n'avais pas fait le parallèle avant qu'elle me le dise (c'est sans doute la coiffure). Je n'avais pas remarqué que j'avais des types de garçons, en fait. Bien sûr, cela ne signifie pas que n'importe quel garçon habillé ainsi aura mes faveurs (manquerait plus que ça), mais quelques uns ont quelque chose qui me plaît vraiment.
medium_Blue_20Dancers.jpegPeut-être que ces "amours" pour les auteurs, les acteurs, les musiciens, n'est pas aussi stupide qu'il le semblerait, pas aussi futile que je voudrais me le faire croire. Ou plutôt si, ça l'est, mais ça ne serait pas forcément aussi néfaste et inutile que ce que j'imagine ; c'est peut-être, après tout, la seule chose qui reste, un sentiment à sens unique certes, mais productif. Les vrais gens ne restent pas, et par conséquent, les vrais sentiments ne restent pas. Les gens viennent et s'en vont selon leurs besoins - j'en suis, je ne suis pas en train de dire que le monde est cruel et que je suis pure et victime - il semble que toute construction soit impossible, étant donné qu'il n'y a rien qui ne soit pas personnel. Et comme le personnel est fluctuant, rien n'est stable. Moi qui avais toujours refusé tout contact humain un tant soit peu profond, et qui finalement me suis attachée à quelques personnes durant cette année, je me demande si, au moins pour une, ce n'était pas une grave erreur. Erreur, car je n'attends rien et pourtant je ne suis pas satisfaite de ce que j'ai, je voudrais quelque chose. Et reconnaître le manque occasionné par l'absence de ce quelque chose, c'est reconnaître mon besoin de cette chose. Or, c'est bien connu, je n'ai besoin de personne, je vis dans l'abnégation. On se sert de moi parce que je m'offre ; il n'y a donc rien de répréhensible. C'est ce que j'ai toujours fait, simplement, aujourd'hui, c'est sur le plan moral et non sur le plan physique. Et, en réalité, c'est mille fois plus douloureux.

09.07.2006

Vous avez dit "bizarre" ?

medium_2012095321.01._SS500_SCLZZZZZZZ_V1071108367_.jpegC'est le titre d'un petit recueil de nouvelles (120 pages écrites en gros, c'est un livre que j'ai trouvé classé dans les ouvrages pour ados u_u) de divers auteurs : Horacio Quiroga, Kôbô Abe (nooon ne partez pas y en a d'autres XD), Stawomir Mrozek, Daniel Zimmermann, Phan Huy Duong, Max Dorra, Yankel, Fred Chappell. Je plongeais un peu dans ce livre en novice, puisque je n'en connaissais que deux et demi (celui qu'on sait, Stawomir Mrozek, et Phan Huy Duong, de nom seulement, d'où le demi).
Tous les textes de ce livre ont été magnifiquement choisis, si bien qu'ils offrent un panel assez complet de tout ce que l'on peut regrouper dans le domaine de la littérature sous les termes de bizarre ou d'étrange. Et un des points positifs de cette lecture est que l'on peut en ressortir avec une vision plus nette de sa propre conception du bizarre, en fonction des textes que l'on a aimé ou non, et s'orienter plus facilement vers d'autres lectures du même type. La classification des livres est en général un problème ; soit elle est trop détaillée et trop stricte, si bien qu'on a intérêt à savoir exactement ce que l'on veut pour se diriger tout de suite vers le bon rayon sans ennuyer les vendeurs (et ce genre de répartition imperméable ne pousse pas vraiment à l'ouverture d'esprit ou à la curiosité) ; soit à force d'être souple elle est inutile car trop lâche, et là, c'est le bordel. Je n'ai pas de solution ; peut-être une boîte à tiroirs comme celle du père Emanuele, mais il a déjà été démontré le manque de sensibilité de ces machineries.
Je ne vais pas reprendre tous les textes un par un, juste essayer d'en donner un aperçu un peu plus poussé.
Toutes les nouvelles ne couvrent pas une surface égale dans le bouquin. Je ne vous raconterai pas les nerfs d'acier qui sont nécessaires pour suivre avec une apparente nonchalance les 20 pages de Kôbô Abe qui précèdent juste Stawomir Mrozek. Toutes ne sont pas non plus des nouvelles de type Maupassant, clairement définies et avec une péripétie finale. Disons alors qu'il s'agit de textes, plus simplement. Parmi les variations de l'étrange, on compte d'abord le fantastique, avec L'oreiller de plumes de Horacio Quiroga, mais si j'explique pourquoi, je gâche la chute. Ce récit très joliment écrit se lit facilement, et a une conclusion délicieuse, encore qu'on soit bien en peine de déceler une morale, si morale il y a. On touche aussi au merveilleux avec Linné oublie de Fred Chappell ; ce récit rappelle Les Voyages de Gulliver (il y fait référence d'ailleurs), sans les considérations sociologiques et antropologiques (non pas qu'elles en soient tout à fait absentes, mais là n'est pas ce qui est à retenir, il me semble). On a aussi dans ce recueil des réflexions post-épuration (pardon pour le terme barbare, je vais tenter de m'expliquer mieux) : je parle des réflexions que peuvent amorcer les auteurs une fois anihilées les considérations de bien et de mal, ou de logique, ou de réel, quand l'étrange est à lui seul le fil conducteur qui nous y a mené sans retenue. Un peu comme l'absurde, mais pas exactement, car utilisant plus de détours, peut-être. Bref, cela correspond au texte La vie d'un poète, de Kôbô Abe (beaucoup trop onirimétaphorique à mon goût, et trop long, par conséquent ; on s'ennuie un peu et on se demande si c'était bien utile de dire tout ça pour arriver à la conclusion). Dans l'absurde, ou l'illogique, il y a mon préféré, L'arbre, de Stawomir Mrozek. Il fait deux pages, et il est délicieux. L'auteur nous propose une altération de la perception humaine par une (fausse ?) naïveté, encore que là n'ait pas été la finalité du texte pour moi. Je suis davantage à la recherche de cette innocence convaincue et intouchable de l'être qui est différent. C'est tout simplement précieux. Enfin... j'ai également beaucoup apprécié Le sosie de Staline de Yankel, qui m'a rappelé un film que j'avais beaucoup apprécié, qui racontait l'enrôlement d'un homme pour devenir le sosie de Mussolini (mais c'est là que mon esprit me dit halte ; je pense bien que c'était Mussolini, ou peut-être Staline, et pourtant, il me semble que ce film était espagnol, et il me semble aussi que mon esprit a tout mélangé u_u si quelqu'un voit de quel film il s'agit, prière de clarifier ma mémoire) ; ainsi qu' Un squelette d'un milliard de dollars de Phan Huy Duong, un de ces récits où le personnage principal recherche quelque chose, et où on sait pertinamment que soit il ne va pas la trouver mais va repartir enrichi tout de même, soit il va la trouver et la laisser, fort d'autre chose.
Donc, si on résume (ayons l'esprit pratique) il n'y a que deux textes que j'ai peu et pas du tout aimés : respectivement La vie d'un poète de Kôbô Abe et La qualité du silence de Max Dorra (tiens, je n'en avais pas déjà parlé, de celui-là ; disons qu'il m'a déplut parce qu'il se situe dans un contexte très terre à terre : la société contemporaine et son administration (j'ai besoin d'un peu de distance en général pour pouvoir consacrer un récit), et qu'il reprend des blagues déjà reprises des centaines de fois, et déjà nulles à partir de leur dixième reprise). Mais je conseille cependant ce livre, il est plaisant et assez exhaustif. C'est aussi l'occasion de découvrir des auteurs, en espérant (comme ce ne sont pas non plus les plus connus qui ont été forcément sélectionnés) pouvoir trouver autre chose d'eux à la gentille bibliothèque de sa petite ville.

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