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16.05.2007
To blog or not to blog
Je déménage.
Un déménagement, ça n'est pas forcément agréable à vivre, surtout quand on laisse plus de choses derrière qu'on ne s'apprête à en trouver en aval.
Heureusement, il y a des petites choses qui motivent. Par exemple, le fait d'avoir une valise bleue à pois blancs. Ca aide vraiment, c'est tout à fait réjouissant de la remplir.
Je me dis que quand je pars deux semaines, je finis immanquablement, malgré mes efforts, avec une valise, si ce n'est deux, pleine à craquer. En partant plus d'un an (sans même la garantie de revenir), je me demande à combien de sacs je vais réussir à me limiter.
Va falloir que je déménage mon blog avec moi.
Je me demande s'il n'est pas approprié de commencer un nouveau blog. Starting over, nouveau blog pour nouveaux paysages, ou quelque chose comme ça.
Ce n'est pas vraiment une question de place, parce que ce ne sont pas mes blablatages qui vont saturer le serveur ; rappellons que, ne souhaitant pas partir avec un appareil photo [puisque je 1) n'en ai pas et refuse de passer une somme monstre là-dedans 2) préfère garder des images floues dans ma tête que des images nettes sur papier], j'aurai plus de choses à raconter qu'à montrer.
Ca me fait une année bien chargée, tout de même. Il me reste un mois et quatre jours à compter d'aujourd'hui (quelle angoisse) pour faire des dossiers divers que je rendrai l'an prochain à mes profs, ce afin d'avoir mon année par correspondance. Pendant ce laps de temps, je dois aussi retourner à Paris, pour aller au théâtre et au musée (il est quand même extrêmement handicapant d'habiter en province ; je ne compte pas le nombre d'expositions, de conférences, de spectacles auxquels j'ai dû renoncer simplement parce que j'habite trop loin. Certes, on ne peut pas tout faire et tout voir, et je m'estime heureuse de ce que j'ai là, mais quand je vois passer des programmes auxquels je sais que je ne peux matériellement pas participer, ça me désespère. J'ai réfléchi sérieusement au fait que quand je rentrerai (si je rentre), je resterai une année à Bordeaux, puis je migrerai sur Paris. Je devrais avoir les moyens, si je ne dépense pas toute ma bourse comme une petite touriste hystérique).
J'ai aussi prévu d'aller à La Rochelle (j'aime beaucoup cette ville, lors de mon premier séjour, j'étais trop occupée à m'émerveiller pour pouvoir tout découvrir) et à Rochefort, dans la foulée. Je ne connais pas bien Rochefort, je me rappelle qu'on m'avait plus ou moins forcée à y aller, quand j'étais en troisième, dans le cadre d'une excursion scolaire. Je n'avais pas aimé vraiment, il faut dire qu'on nous avait réservé les activités les plus rébarbatives, par pur vice. Et puis, ensuite, les petits riens : revoir les copains avant de s'en aller, se faire des promesses idiotes du type "je ne t'oublierai pas - je t'écrirai - on se revoit dans un an et rien n'aura changé entre nous", bref, profiter, en laissant de côté la nostalgie qui agrémente naturellement ces embrassades, pour ne pas avoir à regretter ou à remettre en question ses choix.
Puis, premier départ, trois mois. Puis, un retour à la maison de trois semaines. Ensuite, second départ, dix mois cette fois. Ca va me faire un choc.
Petit dialogue datant d'il y a quelques jours : "On n'a qu'à prendre rv, pour dans un mois ou deux" - "Un mois, oui, mais après je pars..." - "Ah oui, tu m'en avais parlé, tu vas ***** (quelque part ^^)" - "Non, c'est autre chose, je vais ***** (ailleurs^^')" - "Putain t'as trop de chance toi =)"
Mouais. J'ai eu envie de répondre que la chance, ça se cultive, et qu'elle s'accompagne de détermination et de moyens financiers (qui eux non plus, ne viennent pas tout seuls), sans quoi, elle n'a aucun effet. Mais j'ai eu peur de sembler rude.
(Pourquoi avoir flouté les destinations ? A vrai dire, je n'en sais trop rien. Disons que vous verrez bien au fur et à mesure. Les personnes de mon entourage sont au courant, pour les autres, ce sera au fil des lectures.)
Bref, après ça, en théorie, je reviens un an à Bordeaux. Ensuite... on verra bien. Si je continue mes études (probabilité de 50%), j'irai à Paris. Si j'arrête (les autres 50%)... j'ai deux autres projets, gros projets, on verra bien si les évènements me font pencher vers l'un ou vers l'autre. Il y a quelques mois encore, jamais je n'aurais imaginer pouvoir y réfléchir posément, pouvoir les considérer davantage qu'en me disant simplement "ce serait bien". J'ai pris énormément de confiance en moi, ou plutôt, je me suis rendue compte que je pouvais faire des choses. "T'es devenue une femme", comme dirait mon nouveau copain. En ce moment, j'ai même tendance à me croire capable de faire n'importe quoi ; comme je l'ai déjà dit précedemment, heureusement que je me prends encore une bonne claque dans la figure de temps en temps.
Sinon, il me reste trois ans pour attendre que ma soeur soit majeure et l'emmener partout avec moi, mais je pense que d'ici là, on sera trop différentes et ça ne marchera plus. Et puis, elle n'est pas aussi curieuse que je le suis, pas aussi insatisfaite que je le suis. En fait, ce sera tout l'un tout l'autre : soit la distance et la durée nous auront éloignées, soit au contraire, on se sera tellement manqué qu'on ne se décollera plus l'une de l'autre. Pauvre puce, elle est tellement triste, au fond.
Et moi aussi. C'est tout de même assez surprenant, à quel point les diverses raisons qui peuvent pousser quelqu'un à partir sont infimes en regard de ce qu'il va perdre, à mon sens. Ces raisons sont quantitativement moins importantes, mais étrangement assez conséquentes pour faire pencher la balance en leur faveur, dans certains cas.
Il y a la fameuse expression "qui m'aime me suive". La volonté de ne pas demander à ce qu'on suive dénote une détermination à ne pas te chercher à connaître l'amour effectif des gens. Par peur, non pas d'être simplement déçu, mais d'être refoulé, je dirais. Pour se convaincre que l'on n'a pas besoin de se raccrocher à ce genre de choses. Ou, plus tortueux encore : lancer l'invitation en sachant pertinemment que, ne serait-ce que pour des raisons purement pratiques, personne ne suivra. Là, il est question de savoir à quel point une auto-persuasion peu convaincue peut compenser le sentiment de rejet inévitablement ressenti.
12:57 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
