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21.05.2007

Flash momentané

En ce moment j'ai très envie...
1) De prendre le train.
2) D'aller à La Rochelle ; je sens que ça va tomber à l'eau, étrangement.
3) Que Pierre revienne plus tôt que prévu.
4) Que la journée de demain passe sans que je m'en rende compte.
5) De recevoir ma lettre d'attribution.
6) Que les résultats du concours soient enfin publiés sur le site.
7) Que mon encyclopédie ne soit pas en quinze volumes pour éviter des luxations et étirements à force de manipulations.
8) Que ça marche pour Sylvia.
9) D'aller faire un petit tour à Saint Etienne, l'air de rien *plaf*
10) Que mon chat dégage de devant l'écran, avachi qu'il est.
11) De savoir s'il faut mettre un tiret entre Saint et Etienne. (bonne question)
12) D'arriver à me relire quand je prends des notes.
13) De faire une découverte fantastique qui financerait tranquillement mes jours.
14) De faire ma deuxième sortie plage de la saison.
15) De comprendre comment les ados qui ne travaillent pas réussissent à se payer toutes ces choses sans, selon leurs dires, être subventionnés par papa-maman.
16) De faire gagner David.
17) De lancer une bombe atomique qui rayerait de la terre les jeunes susmentionnés.
18) De savoir quand on aura les résultats des partiels.
19) Que la salle de bain se soit nettoyée d'elle même quand je me lèverai demain matin.
20) Que le gentil chien qui a fait son footing avec moi la semaine dernière revienne.

16.05.2007

To blog or not to blog

Je déménage.
Un déménagement, ça n'est pas forcément agréable à vivre, surtout quand on laisse plus de choses derrière qu'on ne s'apprête à en trouver en aval.
Heureusement, il y a des petites choses qui motivent. Par exemple, le fait d'avoir une valise bleue à pois blancs. Ca aide vraiment, c'est tout à fait réjouissant de la remplir.
Je me dis que quand je pars deux semaines, je finis immanquablement, malgré mes efforts, avec une valise, si ce n'est deux, pleine à craquer. En partant plus d'un an (sans même la garantie de revenir), je me demande à combien de sacs je vais réussir à me limiter.

Va falloir que je déménage mon blog avec moi.
Je me demande s'il n'est pas approprié de commencer un nouveau blog. Starting over, nouveau blog pour nouveaux paysages, ou quelque chose comme ça.
medium_s22.jpgCe n'est pas vraiment une question de place, parce que ce ne sont pas mes blablatages qui vont saturer le serveur ; rappellons que, ne souhaitant pas partir avec un appareil photo [puisque je 1) n'en ai pas et refuse de passer une somme monstre là-dedans 2) préfère garder des images floues dans ma tête que des images nettes sur papier], j'aurai plus de choses à raconter qu'à montrer.
Ca me fait une année bien chargée, tout de même. Il me reste un mois et quatre jours à compter d'aujourd'hui (quelle angoisse) pour faire des dossiers divers que je rendrai l'an prochain à mes profs, ce afin d'avoir mon année par correspondance. Pendant ce laps de temps, je dois aussi retourner à Paris, pour aller au théâtre et au musée (il est quand même extrêmement handicapant d'habiter en province ; je ne compte pas le nombre d'expositions, de conférences, de spectacles auxquels j'ai dû renoncer simplement parce que j'habite trop loin. Certes, on ne peut pas tout faire et tout voir, et je m'estime heureuse de ce que j'ai là, mais quand je vois passer des programmes auxquels je sais que je ne peux matériellement pas participer, ça me désespère. J'ai réfléchi sérieusement au fait que quand je rentrerai (si je rentre), je resterai une année à Bordeaux, puis je migrerai sur Paris. Je devrais avoir les moyens, si je ne dépense pas toute ma bourse comme une petite touriste hystérique).
J'ai aussi prévu d'aller à La Rochelle (j'aime beaucoup cette ville, lors de mon premier séjour, j'étais trop occupée à m'émerveiller pour pouvoir tout découvrir) et à Rochefort, dans la foulée. Je ne connais pas bien Rochefort, je me rappelle qu'on m'avait plus ou moins forcée à y aller, quand j'étais en troisième, dans le cadre d'une excursion scolaire. Je n'avais pas aimé vraiment, il faut dire qu'on nous avait réservé les activités les plus rébarbatives, par pur vice. Et puis, ensuite, les petits riens : revoir les copains avant de s'en aller, se faire des promesses idiotes du type "je ne t'oublierai pas - je t'écrirai - on se revoit dans un an et rien n'aura changé entre nous", bref, profiter, en laissant de côté la nostalgie qui agrémente naturellement ces embrassades, pour ne pas avoir à regretter ou à remettre en question ses choix.
Puis, premier départ, trois mois. Puis, un retour à la maison de trois semaines. Ensuite, second départ, dix mois cette fois. Ca va me faire un choc.
Petit dialogue datant d'il y a quelques jours : "On n'a qu'à prendre rv, pour dans un mois ou deux" - "Un mois, oui, mais après je pars..." - "Ah oui, tu m'en avais parlé, tu vas ***** (quelque part ^^)" - "Non, c'est autre chose, je vais ***** (ailleurs^^')" - "Putain t'as trop de chance toi =)"
Mouais. J'ai eu envie de répondre que la chance, ça se cultive, et qu'elle s'accompagne de détermination et de moyens financiers (qui eux non plus, ne viennent pas tout seuls), sans quoi, elle n'a aucun effet. Mais j'ai eu peur de sembler rude.
(Pourquoi avoir flouté les destinations ? A vrai dire, je n'en sais trop rien. Disons que vous verrez bien au fur et à mesure. Les personnes de mon entourage sont au courant, pour les autres, ce sera au fil des lectures.)

Bref, après ça, en théorie, je reviens un an à Bordeaux. Ensuite... on verra bien. Si je continue mes études (probabilité de 50%), j'irai à Paris. Si j'arrête (les autres 50%)... j'ai deux autres projets, gros projets, on verra bien si les évènements me font pencher vers l'un ou vers l'autre. Il y a quelques mois encore, jamais je n'aurais imaginer pouvoir y réfléchir posément, pouvoir les considérer davantage qu'en me disant simplement "ce serait bien". J'ai pris énormément de confiance en moi, ou plutôt, je me suis rendue compte que je pouvais faire des choses. "T'es devenue une femme", comme dirait mon nouveau copain. En ce moment, j'ai même tendance à me croire capable de faire n'importe quoi ; comme je l'ai déjà dit précedemment, heureusement que je me prends encore une bonne claque dans la figure de temps en temps.
medium_atfa.jpgSinon, il me reste trois ans pour attendre que ma soeur soit majeure et l'emmener partout avec moi, mais je pense que d'ici là, on sera trop différentes et ça ne marchera plus. Et puis, elle n'est pas aussi curieuse que je le suis, pas aussi insatisfaite que je le suis. En fait, ce sera tout l'un tout l'autre : soit la distance et la durée nous auront éloignées, soit au contraire, on se sera tellement manqué qu'on ne se décollera plus l'une de l'autre. Pauvre puce, elle est tellement triste, au fond.
Et moi aussi. C'est tout de même assez surprenant, à quel point les diverses raisons qui peuvent pousser quelqu'un à partir sont infimes en regard de ce qu'il va perdre, à mon sens. Ces raisons sont quantitativement moins importantes, mais étrangement assez conséquentes pour faire pencher la balance en leur faveur, dans certains cas.
Il y a la fameuse expression "qui m'aime me suive". La volonté de ne pas demander à ce qu'on suive dénote une détermination à ne pas te chercher à connaître l'amour effectif des gens. Par peur, non pas d'être simplement déçu, mais d'être refoulé, je dirais. Pour se convaincre que l'on n'a pas besoin de se raccrocher à ce genre de choses. Ou, plus tortueux encore : lancer l'invitation en sachant pertinemment que, ne serait-ce que pour des raisons purement pratiques, personne ne suivra. Là, il est question de savoir à quel point une auto-persuasion peu convaincue peut compenser le sentiment de rejet inévitablement ressenti.

15.05.2007

Edit

Je réédite la note datant d'il y a... presque deux mois (si longtemps ? je suis désolée).

J'écrirai une note ce week-end, si je m'en sens la motivation (et si j'en ai le temps).
->donc au final, je n'en ai pas eu la motivation. Ce n'était pas une question de temps, je me suis vraiment ennuyée *la Bourgogne, quelle région palpitante, riche en activités champêtres diverses, telles que aller voir les chèvres, jouer avec les chats, aller voir les poneys (qu'est-ce que c'est sale un poney), faire des gâteaux au laurier, s'abrutir à écouter Rammstein avec mon cousin, treize ans, apprenti rebelle.* J'étais très fatiguée, et je ressentais un mélange de soulagement et de déception, c'était assez spécial.
En plus, moi et mes deux copains du jour (car j'ai trouvé le moyen de sympathiser avec deux garçons envoyés comme moi en tant qu'élite de leur université ; nous avons d'ailleurs convenu ensemble de l'absurdité de la situation), on est allés boire pour oublier, une fois le concours fini, eh ben l'alcool est mal passé, sachant que depuis le matin je n'avais mangé que des barres de céréales indigestes et un panini. Pas la forme, mais on ne se plaindra pas.


En attendant je répète que, demain, il est interdit de me téléphoner, ou même de m'envoyer un sms. Il est même interdit de penser à moi, gardez vos ondes positives débiles.
->Merci à Hélène et Delphine qui n'ont pas manqué de me téléphoner. Je vous hais ^_^
Je serai de retour lundi dans l'après-midi. Bisous à tous, révisez bien ce week-end.
->Je suis arrivée, avec Delphine qui est venue me chercher à la gare, et j'ai pu lui raconter ma vie. Ensuite j'ai retrouvé les filles, à qui j'ai encore raconté ma vie, séparément, histoire de me répéter.
Si je ne reviens pas vivante, dites à Takashi que je l'aime xD
->Ce n'est plus nécessaire. Il a dit qu'il me présenterait au père d'un de ses copains, j'espère que je vais passer pour une fille sympa et intelligente, sans quoi, c'est la loose totale.
Je ramènerai des petites Tour Eiffel miniatures pour tout le monde, tiens.
->Okay, j'ai fait l'impasse sur cette partie là. Mais je n'ai été à Paris que la journée du jeudi ; le peu de temps libre que j'ai eu, je l'ai occupé à visiter le Disney Store de l'avenue des Champs Elysées (qui n'a rien de spectaculaire, j'ai été déçue) et à prendre un café en racontant ma vie, ou l'inverse. Ah si, avant ça, j'ai marché un peu avec un de mes compères, et j'ai vu le Palais des congrès. C'est ça :

medium_palais-des-congres.png
Ca valait pas vraiment le coup, entre nous. On est passés devant, on s'est demandé : mais, c'est quoi ça ? (lui n'est pas de Paris non plus, je ne copine pas avec l'Inalco) Et c'était marqué : Palais des Congrès. Aah, d'accord. Bon. On a continué notre route.
Je ne suis pas du tout passée par la Tour Eiffel. D'ailleurs, c'est très surfait, vous savez :p Le lundi matin, j'avais une heure et demie de battement entre mes deux trains, je l'ai passée 1) à me perdre en essayant de trouver, au feeling, la place des Vosges 2) à finalement avoir trouvé la place des Vosges et à y rester un peu.


Donc, sinon, au final :
medium_239455430_f41b57813d_b.jpgLe concours, je l'ai eu, donc finalement je ne pars pas à Nagoya l'an prochain (j'avais eu ma place assurée par ma prof qui m'aime bien, finalement, je ne l'utiliserai même pas). Aurélie est déçue, tant pis. Priorité à mes projets. Mais si j'ai eu une réponse favorable, je ne sais pas pour autant ce que je fais l'an prochain au juste. J'attends plus de détails. La lettre que j'ai reçue disait quelque chose comme "...plaisir de vous annoncer que suite aux examens... retenue pour la bourse... réponse définitive d'ici fin juillet". Ca ne change rien au fait que c'est un oui définitif, ça laisse juste le point d'interrogation sur ce que je ferai exactement.

J'ai reçu la lettre une semaine après le concours. On se rappellera de mon arrrivée en trombe dans la salle de FLE, émotive, déstressée, légère.
Les réactions ont été variées :
Il y a eu les copains qui m'ont accueillies d'un "félicitations, je savais que tu pouvais l'avoir" sincère et content pour moi.
Il y a eu ceux qui m'ont accueillies avec la même phrase, mais qui étaient cela dit persuadées que je ne l'aurais jamais.
Il y a eu ceux qui depuis me prennent pour une déesse descendue sur terre pour faire rejaillir sur ma promotion mon éclat.
Et heureusement, il y a ceux qui s'en foutent comme de leur première chemise, et ceux qui me disent qu'ils connaissent aussi des gens qui l'ont eue, les années précédentes. Ca fait du bien de se faire remettre à sa place de temps en temps, je commençais à prendre la grosse tête.

Chez mes profs, même système ; j'ai eu des échos variés.
Mardi, première heure de cours. La prof fait un petit tour d'horizon pour voir qui est là, et, avant de rendre les copies, lance "Eh bien avant tout, je crois qu'on peut tous féliciter Marion..." Je me tapis sur ma chaise un maximum en essayant tant bien que mal de cacher mon visage avec une seule main. Je ne relève pas la tête, mais je sens une petite vingtaine de regards intrigués, voire agressifs, car ce n'est jamais bien vu de se faire remarquer de la sorte. Assise en fond de classe, comme d'habitude, il me suffirait de relever les yeux pour constater des regards autour de moi, mais ce n'est même pas la peine d'y penser. Dans mon malheur, je me dis que la plupart des élèves, logiquement à côté de la plaque, pensent qu'elle fait référence au devoir qu'elle s'apprête à rendre (alors que je ne l'ai même pas fait, ce devoir, faut suivre, bref). Mais ç'aurait été trop simple si ça s'était arrêté là. La prof remarque que je suis extrêmement gênée (en réalité, je suis également très en colère), alors elle en rajoute une couche : "Si si, parce que c'était quand même un concours très difficile". Merci. Mais bon. N'avez-vous jamais remarqué que si je me faisais discrète, c'était par choix, et pas par inadaptation sociale (ok, un peu des deux en fait) ?
Heureusement, j'ai ensuite droit au petit café réconfortant, avec Delphine et Cyrielle. Oui, je sais, pour certains, c'est la loose. Une élève telle que moi devrait disserter avec les étudiants plus agés, traîner avec les étudiants étrangers, aussi. Que voulez-vous, moi, je copine avec les deuxième année. Et mine de rien, ça fait du bien d'être un peu avec des gens de son âge. Toute la pression que je ressens habituellement (d'autant plus depuis les résultats) s'envole... un peu. Et j'avoue, c'est aussi par esprit de contradiction . Pour faire l'inverse de ce qu'ils attendent tous de moi. Parce que je ne supporte pas d'être devenue la number one. Mais cela rejoint le fait de chercher à fuir la pression, cela dit...
D'ailleurs, j'ai découvert que Cyrielle sortait du même lycée que moi. On était contentes de se rendre compte de ça, et d'en parler un peu. Souvenirs souvenirs...
Bref. Alors qu'on boit notre cappucino viennois (viennois = avec chantilly), voilà qu'arrivent Yumiko et Takashi (ma soudaine montée dans l'estime générale m'autorise à les appeler par leur prénoms). Ils nous disent bonjour à toutes les trois, je leur réponds avec un petit sourire, et "あっ、マリオンさん、おめでとう", puis, de Yumiko "すごいねぇ". C'est trop trop gentil. Je remercie, sourire puissance maximum. Cela rattrape largement la catastrophe de tout à l'heure.
Et finalement, mercredi, l'apothéose, avec Mme Suzuki qui me lance un petit "Félicitations" discret alors que je suis au téléphone (encore un méga sourire en guise de réponse, c'est mon mode de communication préféré ; comme j'expliquais ça à mes deux compagnons d'infortune, quand tu es une fille, c'est drôlement plus facile, tu souris, tu baisses la tête, et voilà, tu es mignonne), et, plus tard, qui vient discuter avec moi de mes choix. Vraiment très gentille, comme d'habitude.
Pour faire un panel des autres réactions, nous avons Mme Lévy qui me félicite par mail, qui me demande de replanifier ma vie (alors que maintenant c'est trop tard, elle est déjà programmée...), mais qui, quand je la recroise dans les couloirs, n'en a plus rien à faire de moi. ^^" Elle a d'abord donné ma place à Robin, mon coup de coeur de l'an dernier (ce choix m'aurait convenu, encore que je n'aie pas mon mot à dire ; et maintenant, il me devrait une reconnaissance éternelle), puis s'est ravisée, l'a donnée à Olivier (ça m'aurait été aussi, il est sympa Olivier), qui n'en a pas voulu, et je le comprends, je n'en voulais pas non plus =D, donc, ma place a finalement été dispatchée entre je-ne-sais-pas-comment-il-s'appelle-mais-il-est-en-deuxieme-année et Hélène. Je suis contente d'avoir eu le résultat assez tôt pour que ça puisse profiter à quelqu'un.
Quant à M. Rocher, euh, je ne suis pas sûre qu'il ait tout compris à l'histoire. J'ai l'impression, en fait, que c'était le seul qui n'était pas au courant, étrangement. Mais bon, je lui passerais n'importe quoi. Ca fait deux trois fois qu'il tente de communiquer avec moi ; en me lançant quelques mots au détour d'un couloir, après un partiel. C'est gentil tout plein.

Cette note commence à s'allonger dangereusement. Suite dans la prochaine (au dessus, donc. Comme c'est illogique).

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