16.05.2007
To blog or not to blog
Je déménage.
Un déménagement, ça n'est pas forcément agréable à vivre, surtout quand on laisse plus de choses derrière qu'on ne s'apprête à en trouver en aval.
Heureusement, il y a des petites choses qui motivent. Par exemple, le fait d'avoir une valise bleue à pois blancs. Ca aide vraiment, c'est tout à fait réjouissant de la remplir.
Je me dis que quand je pars deux semaines, je finis immanquablement, malgré mes efforts, avec une valise, si ce n'est deux, pleine à craquer. En partant plus d'un an (sans même la garantie de revenir), je me demande à combien de sacs je vais réussir à me limiter.
Va falloir que je déménage mon blog avec moi.
Je me demande s'il n'est pas approprié de commencer un nouveau blog. Starting over, nouveau blog pour nouveaux paysages, ou quelque chose comme ça.
Ce n'est pas vraiment une question de place, parce que ce ne sont pas mes blablatages qui vont saturer le serveur ; rappellons que, ne souhaitant pas partir avec un appareil photo [puisque je 1) n'en ai pas et refuse de passer une somme monstre là-dedans 2) préfère garder des images floues dans ma tête que des images nettes sur papier], j'aurai plus de choses à raconter qu'à montrer.
Ca me fait une année bien chargée, tout de même. Il me reste un mois et quatre jours à compter d'aujourd'hui (quelle angoisse) pour faire des dossiers divers que je rendrai l'an prochain à mes profs, ce afin d'avoir mon année par correspondance. Pendant ce laps de temps, je dois aussi retourner à Paris, pour aller au théâtre et au musée (il est quand même extrêmement handicapant d'habiter en province ; je ne compte pas le nombre d'expositions, de conférences, de spectacles auxquels j'ai dû renoncer simplement parce que j'habite trop loin. Certes, on ne peut pas tout faire et tout voir, et je m'estime heureuse de ce que j'ai là, mais quand je vois passer des programmes auxquels je sais que je ne peux matériellement pas participer, ça me désespère. J'ai réfléchi sérieusement au fait que quand je rentrerai (si je rentre), je resterai une année à Bordeaux, puis je migrerai sur Paris. Je devrais avoir les moyens, si je ne dépense pas toute ma bourse comme une petite touriste hystérique).
J'ai aussi prévu d'aller à La Rochelle (j'aime beaucoup cette ville, lors de mon premier séjour, j'étais trop occupée à m'émerveiller pour pouvoir tout découvrir) et à Rochefort, dans la foulée. Je ne connais pas bien Rochefort, je me rappelle qu'on m'avait plus ou moins forcée à y aller, quand j'étais en troisième, dans le cadre d'une excursion scolaire. Je n'avais pas aimé vraiment, il faut dire qu'on nous avait réservé les activités les plus rébarbatives, par pur vice. Et puis, ensuite, les petits riens : revoir les copains avant de s'en aller, se faire des promesses idiotes du type "je ne t'oublierai pas - je t'écrirai - on se revoit dans un an et rien n'aura changé entre nous", bref, profiter, en laissant de côté la nostalgie qui agrémente naturellement ces embrassades, pour ne pas avoir à regretter ou à remettre en question ses choix.
Puis, premier départ, trois mois. Puis, un retour à la maison de trois semaines. Ensuite, second départ, dix mois cette fois. Ca va me faire un choc.
Petit dialogue datant d'il y a quelques jours : "On n'a qu'à prendre rv, pour dans un mois ou deux" - "Un mois, oui, mais après je pars..." - "Ah oui, tu m'en avais parlé, tu vas ***** (quelque part ^^)" - "Non, c'est autre chose, je vais ***** (ailleurs^^')" - "Putain t'as trop de chance toi =)"
Mouais. J'ai eu envie de répondre que la chance, ça se cultive, et qu'elle s'accompagne de détermination et de moyens financiers (qui eux non plus, ne viennent pas tout seuls), sans quoi, elle n'a aucun effet. Mais j'ai eu peur de sembler rude.
(Pourquoi avoir flouté les destinations ? A vrai dire, je n'en sais trop rien. Disons que vous verrez bien au fur et à mesure. Les personnes de mon entourage sont au courant, pour les autres, ce sera au fil des lectures.)
Bref, après ça, en théorie, je reviens un an à Bordeaux. Ensuite... on verra bien. Si je continue mes études (probabilité de 50%), j'irai à Paris. Si j'arrête (les autres 50%)... j'ai deux autres projets, gros projets, on verra bien si les évènements me font pencher vers l'un ou vers l'autre. Il y a quelques mois encore, jamais je n'aurais imaginer pouvoir y réfléchir posément, pouvoir les considérer davantage qu'en me disant simplement "ce serait bien". J'ai pris énormément de confiance en moi, ou plutôt, je me suis rendue compte que je pouvais faire des choses. "T'es devenue une femme", comme dirait mon nouveau copain. En ce moment, j'ai même tendance à me croire capable de faire n'importe quoi ; comme je l'ai déjà dit précedemment, heureusement que je me prends encore une bonne claque dans la figure de temps en temps.
Sinon, il me reste trois ans pour attendre que ma soeur soit majeure et l'emmener partout avec moi, mais je pense que d'ici là, on sera trop différentes et ça ne marchera plus. Et puis, elle n'est pas aussi curieuse que je le suis, pas aussi insatisfaite que je le suis. En fait, ce sera tout l'un tout l'autre : soit la distance et la durée nous auront éloignées, soit au contraire, on se sera tellement manqué qu'on ne se décollera plus l'une de l'autre. Pauvre puce, elle est tellement triste, au fond.
Et moi aussi. C'est tout de même assez surprenant, à quel point les diverses raisons qui peuvent pousser quelqu'un à partir sont infimes en regard de ce qu'il va perdre, à mon sens. Ces raisons sont quantitativement moins importantes, mais étrangement assez conséquentes pour faire pencher la balance en leur faveur, dans certains cas.
Il y a la fameuse expression "qui m'aime me suive". La volonté de ne pas demander à ce qu'on suive dénote une détermination à ne pas te chercher à connaître l'amour effectif des gens. Par peur, non pas d'être simplement déçu, mais d'être refoulé, je dirais. Pour se convaincre que l'on n'a pas besoin de se raccrocher à ce genre de choses. Ou, plus tortueux encore : lancer l'invitation en sachant pertinemment que, ne serait-ce que pour des raisons purement pratiques, personne ne suivra. Là, il est question de savoir à quel point une auto-persuasion peu convaincue peut compenser le sentiment de rejet inévitablement ressenti.
12:57 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2007
*Pouf*
Une note que j'avais commencée il y a plusieurs semaines (je n'ai jamais le temps de rien finir, de toute façon ; il suffit de voir la pile de bouquins entassés près de mon lit), et qu'il est à propos de continuer aujourd'hui.
Peut-on mesurer l'amitié ? (Question horripilante de banalité, certes, mais il fallait bien lancer le sujet) Le terme mesurer sous-entend la nécessité d'une unité de mesure arbitraire et universelle. Dans ce cas, une des mesures les plus simples reviendrait à comptabiliser le nombre de "oui" aux questions suivantes : connaît-il votre couleur préférée, le nom de votre premier amour, votre plus grand secret, vos pensées les plus honteuses, etc. On pourrait aussi lui demander des services de plus en plus importants et noter à partit duquel il refuse ; tu veux bien me prêter ton livre, tu veux bien rompre avec machin à ma place, tu veux bien venir me chercher il est quatre heures du matin et j'ai froid, tu veux bien mentir pour moi, tu veux bien n'avoir pas d'autres amis que moi. Ou encore, on peut essayer d'inventorier le nombre de situations auquel il répond de la manière que vous attendez, où il se comporte juste comme il doit se comporter. Le problème c'est qu'il s'agit là de mesures quantitatives, et l'amitié étant un concept abstrait, il semble plus approprié de l'évaluer qualitativement, et par conséquent, il ne peut y avoir de définition universelle puisque la qualité est subjective.
Revoyons les schémas précédents. Si le meilleur ami est celui qui vous connaît le mieux, auquel il est inutile de chercher à cacher quoi que ce soit et que vous-même vous ne connaissez que trop bien, alors, j'ai perdu mon premier meilleur ami il y a deux, trois ans, et dans le cas du second, le terme d'amitié n'est pas approprié. Si le meilleur ami est celui qui est prêt à faire le plus de choses pour vous, alors, n'ayant personne comme ça dans mon entourage (il y a certes des gentilles personnes, mais jamais les circonstances n'ayant pu me prouver leur abilité à répondre à ces critères dans les situations données), je n'ai pas de meilleur ami.
En revanche, si le meilleur ami est celui qui s'asseoit et ne dit rien, qui vous écoute si vous voulez parler et parle si vous voulez écouter, qui sait des choses honteuses sur vous et fait comme si de rien n'était, qui se rend compte de votre état et le traite juste avec la légèreté que vous n'osez pas demander, qui veut vous voir même si elle n'a rien à vous dire, à qui je peux parler de ce que j'aime sans avoir peur qu'elle se l'approprie, alors, j'ai une meilleure amie, évanescente certes, mais au moins elle existe. Il s'agit de la personne qui me connaît depuis le plus longtemps, celle que je qualifiais effectivement de "meilleure amie" quand j'avais douze ans. Mais ce n'est pas elle, ce n'est pas elle, parce qu'au fond elle n'est pas mon amie idéale, celle avec qui j'aimerais faire toutes ces choses que j'ai en tête, celle qui saurait, quand je souris, à quoi je pense. Mais est-ce-là le rôle d'une meilleure amie ? Ou est-ce le rôle du petit ami / de la petite amie ? Est-ce le rôle de quelqu'un ou n'est-ce qu'un idéal fantasmagorique ?
Car on peut définir la meilleure amie selon un idéal ou selon une conception plus pragmatique. La conception pragmatique, il me semble, passe forcément par la comparaison : laquelle des personnes de mon entourage est mon ami "le plus mieux". La conception idéaliste, elle, est pré-formée, et ne résiste pas à la réalité, d'où les déceptions permanentes. Donc, selon cette évaluation terre à terre, de qui pourrait-il s'agir ? [Je préfère prévenir tout de suite, pour les personnes qui me lisent en ce moment qui sont de mes connaissances, que je ne citerai aucun nom, cela prête trop aux vexations.] Il y a quelques personnes de qui je me sens plus proche que d'autres, parce qu'au fil des intérêts communs que nous nous découvrions, est né quelque chose de plus fort, une intimité, un lien indépendant de ces premières passions communes, qui fait que même parler pour dire des stupidités est agréable, qui fait que tu sais presque à l'avance ce que l'autre peut te répondre, etc. Bien, je peux donc qualifier cela de peloton de tête. Cela dit, ces personnes dont je parle sont très différentes les unes des autres, et je ne les vois jamais ensemble, mais à chaque fois dans des contextes différents. N'ayant pas les mêmes discussions avec chacun, les mêmes points communs, en un mot, la même relation, n'est-il pas à la fois stupide et désespérément vain de vouloir tenter une comparaison ? (Question rhétorique)
Alors, allons-y pour une dernière question affligeante : si je devais passer le reste de mes jours sur une île déserte, sans possibilité de retour et sans contact aucun avec le monde extérieur, et que j'avais la possibilité de prendre quelqu'un avec moi, qui est-ce que j'emmènerais ? Réponse : je ne sais pas, pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais passé un laps de temps même restreint dans un lieu totalement isolé avec une seule personne, et qu'en conséquence, je n'ai aucune idée de la personne idoine pour cette situation. Les relations que l'on nourrit avec les gens sont par trop liées à la culture, ou d'une manière plus générale, à ce qu'on a autour de nous, pour oser s'imaginer que l'amitié survivrait à son absence. Dans le cas d'une île vierge, il est à mon sens inévitable qu'une fois épuisés les sujets flottants de la vie civilisée, et une fois rendue évidente la preuve de la futilité de leur évocation dans un tel contexte, notre attention se porte tout naturellement sur les cocotiers environnants, histoire de se trouver quelque chose en commun, quelque chose qui corresponde à ce que l'on vit pour se pas laisser de vide. Je suppose que l'on fait ce que l'on peut pour garder un lien entre soi, le monde et les autres. Même parler des cocotiers, s'il le faut.
L'amitié n'est qu'une attitude de circonstance, ni plus ni moins. Quelque chose qui remplit un vide dans les interactions sociales, quelque chose que l'homme aura trouvé pour se définir par rapport au monde, par rapport aux autres, pour se représenter dans un espace, se trouver une place. Un simple contexte personnel que l'on voudrait impermanent, par sécurité, par désir de stabilité. Et le désir d'avoir un "meilleur ami" n'est que ce même ressentiment poussé à son paroxysme.
Je pense que la façon dont on peut apprécier les gens est liée à trop de facteurs pour pouvoir déterminer objectivement (c'est-à-dire, en faisant abstraction de ces facteurs) si ces gens correspondent à un idéal ou non, s'ils se placent au dessus du lot ou non. Cela ne m'empêche pas d'apprécier réellement les personnes autour de moi, d'avoir des amis sur qui je sais que je peux compter. Je ne crois simplement pas en ce concept de "meilleur ami", de la même façon que l'homme idéal n'existe pas (cela dit, si de charmants garçons veulent venir me prouver le contraire, je suis d'accord). C'est peut-être trop terre à terre de penser cela. Je suis peut-être complètement désenchantée, ce que je suis prête à concevoir. Mais peut-être aussi que je suis simplement réaliste, et que je ne suis pas prête à me laisser aller à des considérations qui me dérangent sans que je m'explique avant le pourquoi du comment.
J'aime quand même les gens. Certains, plus que d'autres, certains, beaucoup plus que d'autres. J'en ai simplement assez que mon amour ne suffise pas, et qu'il faille gagner ce titre de meilleur ami pour enfin se sentir en confiance. Les personnes qui se situent en haut de ma liste (pas toutes dans le même sac, car même au sein de l'élite il y a un classement) devraient se reconnaître d'elles mêmes. Elles le savent, je leur ai déjà dit. C'est compliqué, ces relations à autrui. La peur de tout voir s'écrouler du jour au lendemain serait-elle plus forte que la simple appréciation d'un sentiment réel ? C'est vraiment dommage, que ces considérations, tellement humaines mais tellement déplorables, soient si omnubilantes.
...Pourquoi avoir publié cette note aujourd'hui, alors que ça faisait un moment qu'elle traînait dans mes archives et qu'elle semblait s'y être confortablement installée ? Parce que ces temps-ci, j'ai des difficultés dans mes relations avec les autres. Plusieurs évènements récents ont fait basculer la façon dont je me voyais (Noël, notamment, et tout ce qui a tourné autour) et la façon dont les autres me voient (la publication de ces affreuses feuilles roses, surtout. J'ai l'impression d'être beaucoup plus considérée depuis, et pas à juste titre). J'ai du mal à situer où je suis réellement, si véritablement j'ai un peu changé ou si c'est simplement une divergence de perception. Probablement les deux, certes. Mais je ne voulais pas de ça. Et je n'arrive pas bien, pour l'instant, à savoir où est ma place, entre la nouvelle et l'ancienne. J'ai tendance à osciller entre les deux, dans l'immédiat. Je n'arrive pas à gérer toute cette nouveauté qui est arrivée d'un seul coup, sans me demander mon avis. Et les gens autour de moi en souffrent (encore que le mot souffrir soit relatif), sont déstabilisés, ne comprennent pas forcément pourquoi je me permets des choses que je ne me serais pas permises avant. Si quelques personnes ne m'avaient pas dit que j'avais l'air d'aller mieux comme ça, je me serais complètement remise en quetion. Mais elles m'ont prouvé que je n'avais pas tort, que j'étais juste bel et bien dans une phase transitoire difficile. J'aimerais que davantage de gens le comprennent, et cessent de s'inquiéter pour leur petite personne. (précision ultra-importante : Kao', je ne dis pas ça pour toi, après l'engueulade qu'on a eue récemment, tu n'es pas visée spécifiquement, personne n'est visé spécifiquement d'ailleurs (je-suis-entourée-de-paranoïaques.com). C'est une réflexion généralisée, ok ? ^^) Il faut juste me laisser un peu de temps. Il serait contradictoire, après le super développement (euh, super se rapporte à sa longueur, pas à sa pertinence) que je viens de faire sur la variabilité de l'amitié, de dire que ce n'est pas parce que je me pose des questions sur moi que je me pose des questions sur mes relations avec les autres. Mais je sais ce que je ressens, et je sais pourquoi comptent les personnes autour de moi. Ca ne disparaît pas comme ça. Faites-moi confiance, c'est tout ce que je demande. J'ai du mal à avoir confiance en moi (d'ailleurs, sur la lettre de recommendation que je dois faire remplir, il y a une colonne "indiquez si vous estimez que le candidat a confiance en lui". On va rigoler), ça me ferait plaisir d'avoir la vôtre pour m'appuyer un peu.
[Post scriptum hors sujet, mais c'est important : je veux que quelqu'un m'explique VITE pourquoi mes résultats ont disparu du site de la fac. C'est angoissant, surtout après ce qui est arrivé à Hannah.]
15:00 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
08.09.2006
En ce moment j'écoute de la merde
Pour une raison que j'ignore, je comprends vraiment maintenant la place que prend la musique dans la vie des adolescents. Bon, d'accord, j'ai 19 ans, donc c'est un peu lent comme réflexion, one may wonder, mais mieux vaut tard que jamais.
Lors de mon entrée dans le monde des tennagers (plus précisément, quand j'ai changé de collège, à douze-treize ans, et quand je suis allée dans un lycée loin de chez moi, et qu'il a fallu "se faire des amis"), j'ai été marquée par le fait que la première chose que les adolescents qui souhaitaient faire connaissance se demandaient, c'était : "et t'écoutes quoi comme musique ?". Ma seule réaction à cette révélation qui me tombait dessus a été de ne pas chercher à écouter de musique. Bien sûr, une partie de moi refusait ce monde parce que je ne me sentais pas de taille à y concourir ; n'ayant jamais eu de modèle plus âgé que moi pour m'illustrer le fait qua quand on est jeune, on écoute de la musique et ayant grandi dans un foyer sans internet, sans chaîne hifi à moi et sans accès personnalisé à la télévision, je n'avais même aucun goût personnel dans ce domaine, outre les quelques choses que j'avais eu l'occasion d'entendre (j'adorais alors Queen, Mötley Crue, Motorhead, Metallica... je ne sais pas exactement où et comment j'avais découvert ces musiques, mais voilà ce que j'aimais ; j'étais également passionnée par les BO, en amateur), mais qui n'entraient en aucun cas dans les catégories mentionnées par les jeunes. Et je refusais de n'être définie que par la musique que je pouvais écouter. Par conséquent, hop, pas de musique ; je me suis reportée sur les livres et le cinéma. J'ai toujours été consciente d'avoir un train d'avance au point de vue culturel (je parle de culture pompeuse : littérature à laquelle on n'est pas censé s'intéresser à 12 ans, films intelligents, discussions philosophiques...), par contre, je ne me suis jamais sentie "jeune" parce que je n'avais pas toutes ces futilités (ainsi préférais-je les considérer), je ne me sentais jamais partie intégrante de cette jeunesse qui m'échappait. Certes, la musique n'est certainement pas la seule responsable, il faut y ajouter mes troubles existentiels divers, mais je pense que cela a beaucoup joué.
A 14 ans, j'ai entendu une chanson qui m'a vraiment plue, d'une manière différente. Jusqu'alors, quand j'aimais un morceau, je le savais intellectuellement parlant : j'étais capable de dire pourquoi je le trouvais génial, pourquoi je le plaçais sur un pied d'estale par rapport aux autres. Cette fois là, ça a été un bouleversement émotionnel, je ressentais que cette musique me touchait. Mon coeur battait plus fort, j'avais les larmes aux yeux ; j'avais la sensation d'être confrontée pour la première fois à quelque chose d'une beauté aussi personnelle. Je ressentais que cela trouvait un écho en moi. Alors,
j'ai eu besoin de me laisser me perdre dans ces musiques baroques, magnifiées ; j'avais besoin de textes abstraits, de mélodies belles et lancinantes, de quelque chose qui me transporte dans un monde splendide et différent. Plus tard, j'ai été attirée, en plus de cela, par les musiques plus dures, plus sombres, que l'on trouve communément dans les rayons "métal & co." de Virgin. J'éprouvais réellement le besoin d'écouter des choses qu'on n'entendait pas à la radio et que le commun des adolescents n'écoutait pas. Sans pour autant me mettre à m'identifier à des groupes sociaux atypiques (les gothiques, les métalleux, les visualeux, etc.) en grande partie parce que cela représentait trop de contraintes dans le domaine des affections ; il me semblait que cela sous-entendait adhérer à une certaine culture au sein de laquelle je me sentirais forcément limitée, puisque mes passions me poussaient à aller dans tous les coins. Cependant, je ne voulais pas non plus être assimilée à ceux que je méprisais (et je m'en excuse aujourd'hui, encore qu'il reste des sous-classes que j'ai toujours en horreur), ceux qui se satisfaisaient des programmes de NRJ ou autres chaînes de grande écoute. Je savais où je ne voulais pas aller, mais je ne savais pas où je voulais aller. Je ne le réalisais pas encore, mais je devenais moi, alors que tout ce que je croyais être en train de faire, c'était chercher une place pour me poser.
Ce n'est que récemment (à vue de nez, je dirais un an, un peu plus peut-être) que j'ai commencé à accepter que le fait de m'enfermer dans tout ce qui à mes yeux était à part ne me rendait pas différente pour autant ; que nous étions des centaines, des milliers de clichés de genre à fonctionner par abnégation. Je me suis sentie piquée, et en même temps, soulagée de cette révélation. Je me suis sentie libérée. Comme le dit la chanson (n'est-il pas diablement approprié de citer des textes ?), tu es belle de ce que tu feras ; j'ai commencé à faire, à être, à exister à cette époque (pas suite à ces paroles, je veux dire, elles ne sont là que parce que je les aime bien). Je ne me suis plus cherchée, je me suis seulement laissée aller. Qui aurait pensé que c'était par le chemin le moins tortueux que cela marchait ? Aujourd'hui j'arrive à fonctionner sans réfléchir à ce que cela pourrait donner ; je ne suis que mon coeur et ses mouvements (oh c'est beau c'que j'dis). J'écoute et j'apprécie des choses que j'aurais refusées en bloc il n'y a pas si longtemps, parce qu'elles ne sont pas assez hors normes (comme quoi ? euuh... en ce moment, A million ways de Ok go m'éclate assez =D ça, je l'aurais refoulé parce que ça n'a rien de merveilleux, de sublime, etc. et je trouve que Pourquoi tu pleures est vraiment jolie ; celle-là aurait été expédiée à la poubelle directement parce qu'elle ne reflète rien qui ne soit pas commun, et qu'elle le fait de manière relativement commune également (considérant que le rock est plus commun que le métal... bref, je me comprends, zut)). Je fonctionne maintenant selon ces deux systèmes d'appréciation : l'appréciation sensitive, quand je ressens qu'une musique me parle, et l'appréciation rationnelle, quand j'approuve une chanson. Ces deux modes de fonctionnement étaient distincts dans le passé, maintenant ils ont tendance à se mélanger. C'est très appréciable.
..Youps, j'ai raconté ma vie, alors que je cherchais seulement à illustrer un point, mais ce n'était absolument pas ce dont je voulais parler à l'origine. Je reprends, sans m'égarer en route. (Dites-moi, hein, si je vous ennuie - tu m'ennuies - alors va-t-en, non mais oh, tu te crois où ?!)
Là où je voulais en venir, donc, c'est que ce n'est que depuis ces révélations que je comprends le sens que peut avoir les musiques et leurs textes pour les teenagers. Il y a tellement de choses qui valent la peine d'être entendues, de choses qui font écho à ce que tu as dans la tête, de choses qui t'ouvrent des portes et te confortent. Quand je réalise l'erreur dans laquelle j'estime avoir été, je m'en veux assez, car j'ai réellement l'impression d'avoir raté quelque chose. J'ai voulu (car en partie du moins, cela a été un choix) grandir trop vite, et j'ai raté tout un tas de petits riens. Peut-être aurais-je voulu connaître, alors que j'avais quinze ans, toutes ces chansons qui "parlent" aux adolescents (pas les trop niaises non plus, y a des limites). J'aurais voulu pouvoir m'associer à la masse quelques instants, le temps d'un partage (tiens, même cette notion de partage m'était complètement étrangère ; je ne voyais ceux qui écoutaient les mêmes choses que moi que comme des ennemis, forcément stupides de surcroît). Je comprends que la musique est un élément stable dans une vie chaotique qui cherche à grandir. Je comprends que la musique est l'illustration de ce qui est à l'intérieur. ...Alors que j'écris ces phrases, j'ai comme la sensation de les découvrir au fur et à mesure, et paradoxalement, il me semble l'avoir pourtant pensé tant de fois... mais en ne les considérant que par rapport à moi... Je comprends pourquoi il est nécessaire de se forger une identité musicale quand on est adolescent. Bien entendu, la musique seule n'est rien, les autres arts comptent aussi ; j'aurais mieux fait de parler d' "identité artistique", mais je reste dans le domaine de la musique, car c'est sans doute le plus accessible (...parce qu'on peut la télécharger ? peut-être, oui. Il reste indubitable que la France est un des pays où la culture coûte le plus cher).
Maintenant que je découvre tout cet univers, naturellement, je n'ai pas les réactions que j'aurais pu avoir en les découvrant plus tôt. Je les savoure avec un regard plus doux, toujours ému, mais avec du recul et une forme d'approbation mélancolique, de regret mêlé de reconnaissance, peut-être (pourquoi ai-je besoin de tant de mots pour parler d'un seul sentiment ? Soit celui-ci est trop complexe pour que je parvienne à l'identifier, soit il existe, et je ne connais pas le terme pour le désigner... comme quoi, l'idée a du mal à exister sans le mot). Moi qui avais toujours eu l'impression d'être en avance sur les autres, j'ai conscience d'avoir un grand retard sur ce point-là (j'en suis toute chose), retard que je rattrape avec délice. Ah, c'est bon d'être jeune, quand même.
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28.08.2006
Aux gens un peu bizarres comme moi
Alors que je reviens, je ne peux m’empêcher de voir le nombre de visites mensuelles, que blogspirit m’affiche en première page, d’un air triomphant, ai-je envie de dire. Ces chiffres m’ont toujours étonnée, mais encore plus alors que je n’avais pas écrit depuis longtemps (et donc, que mon adresse n’avait pas eu l’occasion d’apparaître [vous savez quoi ? mon ongle de l’index droit est trop long, si bien que c’est avec lui que je tape et pas avec le doigt à proprement parler. C’est agaçant] sur la page d’accueil de blogspirit). Ce ne sont pas les quelques personnes, qui se comptent sur les doigts d’une main, de mes connaissances à qui j’ai moi même donné l’adresse qui remplissent ces statistiques (ou alors, vos journées sont bien tristes). Ensuite il y a mimy, seule visiteuse à avoir laissé des traces de sa présence, mais cela reste le même principe ; sauf désœuvrement total, elle ne peut (ou tu ne peux ? j’ai du mal à choisir mes mots quand je ne sais pas à qui je m’adresse, ce qui est compréhensible, mais quand je le sais, ça n’en devient pas plus facile pour autant) passer ses journées à cliquer frénétiquement sur le lien vers mon blog. …Qui, dans ce cas ? De gentils inconnus ?
A vous, donc, gentils inconnus.
Vous qui, tapis derrière vos écrans, ne se lassent pas de satisfaire votre curiosité perverse (quelque part, c’est indéniable) à lire mes lignes, je vous salue. Je ne sais pas combien vous êtes, qui vous êtes, et si jusqu’ici vous n’avez rien laissé paraître de vos lectures, de deux choses l’une : soit vous n’osez pas, ne pensez pas que cela soit approprié, ou préférez rester discrets ; soit ce que je dis vous afflige tellement à chaque fois que vous n’avez pris l’habitude de venir que pour tromper un ennui mortel et rire du pathétique de mon être. J’avoue avoir une préférence pour la première hypothèse, encore que, si jamais il s’avérait que vous fassiez partie de la deuxième espèce, je vous encourage à rester et à continuer vos agissements ; il est nécessaire de trouver pire que soi pour surmonter la vie. Moi, en général, je regarde certaines émissions, et au vu de la sapience supra universelle qui émane des participants, j’ai toujours l’impression que je peux vivre tranquillement, car il me reste une grande marge avant de tomber aussi bas. Mais bon, chacun trouve les moyens qu’il peut pour se convaincre qu’il n’est pas insignifiant.
Bref, je ne sais pas si vous vous vouez au silence éternel ou non, mais je tenais à vous faire un petit coucou personnalisé (ne sentez-vous pas, en ce moment précis, comme un petit quelque chose qui vous gratouille le dessus de la main gauche ? voilà, c’est moi). Il est très étrange de me savoir lue, quand il s’agit de choses qui ne font qu’illustrer mes petites pérégrinations, autrement dit, dont l’intérêt est assurément très relatif. Je comprends ce fait, car il m’arrive également de me perdre dans certains blogs, sans pour autant avoir la volonté de m’y immiscer. Disons que j’aime cela, car, dans un premier temps, cela peut être instructif, et dans un second temps, c’est un contact humain à sens unique, sans implication, sans peur, sans déception. Ce que tout le monde recherche un peu, me semble-t-il. Quand bien même, au détour d’un blog, je me sentirais attirée par une personne, je ne lui dirais pas. Ou alors, sans rien laisser de moi. Parce que j’aime les choses inachevées, avortées même, celles qui laissent l’espoir de ce qui auraient pu être [je devais juste vous passer un bonjour, et je parle de moi, finalement].
Parce que quand les choses sont, elles sont, un point c’est tout ; impossible de revenir en arrière, impossible d’effacer et de refaire en mieux, impossible d’imaginer sans être déçu de ce qui sera vraiment. Je préfère croiser un garçon / une fille dans la rue, échanger un regard, et repenser à lui / elle par la suite, dans un moment vide. Juste penser à ce qu’il aurait pu se passer, à ce que peut être cette personne, à ce que nous aurions pu avoir en commun. Et créer des petits rien, des petits rien parfaits, sans concession, sans aléa intempestif, mes petits rien à moi toute seule. Comme tomber amoureuse de personnes inaccessibles, ou d’images, de textes ; il n’y a pas de retour possible, pas de tristesse possible.
Mais il me semble que je m’égare. Revenons à vous, donc. Je ne crois pas que le mot « remercier » corresponde à ce que je voudrais dire, alors plutôt… disons que je vous considère (bon d'accord, j'aurais pu trouver un meilleur mot). Je me rends bien compte que de temps en temps, vous êtes là, et c’est déstabilisant, c’est gênant, mais tout de même, ou peut-être pour cela, j’aime le sentiment que m’évoque votre « présence ». Cela rejoint ce que je disais plus haut, vous êtes comme des petites possibilités qui gravitent sans se poser, cela me plaît. Néanmoins, si jamais un d’entre vous venait à atterrir, il serait le bienvenu. Il s’agit juste de savoir si on a suffisamment confiance en la réalité ou non. Personnellement, je ne crois pas en la réalité ; si vous y croyez assez pour deux, et dans ce cas seulement…
21:10 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.07.2006
I love you ?
Mais qui aurait cru que cela serait si contraignant, et pourtant si agréable ? [ceci est un volet non culturel]
J'ai finalement reporté le dilemne crucial entre le choix raisonnable, le choix intéressant ainsi que le choix qui n'a rien à foutre là pour concentrer mes vacances sur une quatrième option. Ce ne sont plus des vacances de tout repos, mais je les préfère comme ça. (Je me replongerai dans l'affreux dilemne deux minutes avant d'aller m'inscrire à la fac, de cette façon, la spontanéité parlera toute seule, comme une grande.)
Je pense aussi de plus en plus à un nouveau dessin (me suis découvert un génie artistique passionné dans le domaine du dessin), une petite danseuse, mais cela va prendre du temps, ne serait-ce que pour le tutu, il va falloir revenir dessus au moins une fois, ce qui fait un minimum de deux semaines. Deux semaines pour une simple danseuse, mais je ne me soucie pas des questions de temps ni de moyens. (Je me soucie par contre de ma santé mentale : j'ai rêvé de Lukas dernièrement @_@)
Si ce n'est pas moi qui le fais, ce n'est plus mon art (ça semble éminament logique dit comme ça ; pourtant, dans la mise en application du principe, il n'y a plus grand monde pour me suivre). J'éprouve le besoin de m'investir vraiment dans cette pièce (me suis mise à appeler "pièce" tout ce qui est du domaine de l'art sans pouvoir être pour autant qualifié d' "oeuvre") pour cesser de penser à ce qui me torture en ce moment, à savoir l'appréciation de quelqu'un, certes critique, modérée et censée, mais qui s'apparente un peu, sur certains points, à du fanatisme. Hier, j'ai joué avec ma soeur, avant de nous endormir, à "à quoi je pense ?". Je ne souhaite pas revenir ici sur le caractère enrichissant de ce jeu - mais au moins, ça fait beaucoup rire. Au bout de quelques tours de plus en plus piquants, je lance "Alors... c'est... grand..." et je n'ai même pas le temps d'aller plus loin qu'elle me hurle son nom (elle s'est trompée, mais j'ai considéré que c'était correct). Je lui dis ce que je comptais dire après : "...ça a une brosse à WC sur la tête", elle hurle que je suis pas gentille, et enchaîne très vite : "A moi ! C'est grand, et ça s'est pas lavé depuis deux ans !". Qu'elle est cruelle u_u
Qu'est-ce que ça va être quand on va recevoir notre cd n_n je tente déjà de l'empêcher d'écouter les chansons en boucle chaque jour, mais que voulez-vous, elle a treize ans.
C'est amusant de partager ce genre de passion avec sa petite soeur - nous avions déjà en commun beaucoup de goûts, mais un même groupe musical, c'est nouveau. Ca m'a assez surprise de constater qu'elle aimait vraiment - remarque, elle était entrée dans ma chambre à l'époque où nous n'habitions pas encore ensemble, j'étais en train d'écouter Gardenia, elle ne m'a plus lâchée pour que je la repasse en boucle pendant une semaine. Elle avait aussi eu un coup de foudre pour une autre chanson... bref, le détail est sans intérêt. Mais j'en étais - expression triviale - sur le cul. Nous complexons un peu toutes les deux : elle se demande si elle n'est pas un peu jeune, moi si je ne suis pas un peu vieille. Ce qui est très appréciable, c'est que, en joyeuses groupies que nous sommes (nous sommes sages, je le répète, groupie n'est qu'un terme pour situer ; ma soeur n'est pas trop portée vers le fanatisme et l'idolatrie (heureuse petite u_u) et moi, j'ai déjà donné, si bien que je sais pertinemment les pourquoi et comment de mes formes de fanatisme, et qu'aujourd'hui, cela ne s'apparente pas à cela), nous prenons un grand plaisir à insulter nos chouchous respectifs (ce n'est même pas méchant réellement (cf. "à quoi je pense ?"), puisque je le sien me plaît également (*^-^*) et qu'elle aime beaucoup le mien : "il me fait tripper le tien", m'a-t-elle dit). Exemples : "haaa mais regarde son tee-shirt au tien, il a deux ans d'âge mental ! Il a peut-être un slip des Supernanas aussi " "mais non, il est cool, oh laisse le, t'es con. Le tien par contre, regarde, il finit sa chanson et il se casse !" "Il est modeste, le mien, au moins ! Le tien est un petit prétentieux !" "Le mien au moins sait s'habiller !" "Le tien rigole à toutes les blagues débiles qu'on lui lance !" "J'te signale que le tien rigole aussi ! En plus, le tien, c'est un obsédé !" "Tu dis ça parce que tu es jalouse que le tien soit trop petit pour jouer à ce genre de jeux, mwaha." ...Ah oui, et elle passe son temps sur google, et m'appelle chaque fois qu'elle tombe sur une photo ridicule du mien - ou du sien, car elle n'est pas trop partiale. Et on rigole ensemble des deux. Elle m'a aussi fait remarquer que j'avais tendance à apprécier ce genre de garçons (le mien), avec pour preuve le rappel d'un guitariste d'un autre groupe que j'avais trouvé vraiment charmant. Je n'avais pas fait le parallèle avant qu'elle me le dise (c'est sans doute la coiffure). Je n'avais pas remarqué que j'avais des types de garçons, en fait. Bien sûr, cela ne signifie pas que n'importe quel garçon habillé ainsi aura mes faveurs (manquerait plus que ça), mais quelques uns ont quelque chose qui me plaît vraiment.
Peut-être que ces "amours" pour les auteurs, les acteurs, les musiciens, n'est pas aussi stupide qu'il le semblerait, pas aussi futile que je voudrais me le faire croire. Ou plutôt si, ça l'est, mais ça ne serait pas forcément aussi néfaste et inutile que ce que j'imagine ; c'est peut-être, après tout, la seule chose qui reste, un sentiment à sens unique certes, mais productif. Les vrais gens ne restent pas, et par conséquent, les vrais sentiments ne restent pas. Les gens viennent et s'en vont selon leurs besoins - j'en suis, je ne suis pas en train de dire que le monde est cruel et que je suis pure et victime - il semble que toute construction soit impossible, étant donné qu'il n'y a rien qui ne soit pas personnel. Et comme le personnel est fluctuant, rien n'est stable. Moi qui avais toujours refusé tout contact humain un tant soit peu profond, et qui finalement me suis attachée à quelques personnes durant cette année, je me demande si, au moins pour une, ce n'était pas une grave erreur. Erreur, car je n'attends rien et pourtant je ne suis pas satisfaite de ce que j'ai, je voudrais quelque chose. Et reconnaître le manque occasionné par l'absence de ce quelque chose, c'est reconnaître mon besoin de cette chose. Or, c'est bien connu, je n'ai besoin de personne, je vis dans l'abnégation. On se sert de moi parce que je m'offre ; il n'y a donc rien de répréhensible. C'est ce que j'ai toujours fait, simplement, aujourd'hui, c'est sur le plan moral et non sur le plan physique. Et, en réalité, c'est mille fois plus douloureux.
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19.06.2006
Sélection naturelle
Récemment, je me balladais à Mollat. Le but officiel en était de trouver pour ma soeur un livre de Verlaine (une édition bien spécifique, naturellement) dont elle avait besoin pour le collège. Je savais pertinemment que je ressortirais avec quelque chose pour moi - mais c'est le genre de pensées que l'on préfère refouler.
Je m'empresse de trouver son livre, puis me dirige vers les lettres classiques, mais, comble de l'ironie, ils n'avaient pas cette magnifique édition que j'ai vu chez moi, des oeuvres complètes d'Euripide, Sophocle et Eschyle, à un prix défiant toute concurrence. Ce n'est pas grave, je ne suis pas loin du rayon théâtre. Je vais aller me chercher L'espace vide, s'ils l'avaient à Saint Médard, ils l'ont forcément dans la seconde plus grande librairie de France. Eh bien non, tu peux aller te brosser, semblait me dire l'étagère de ses grands boulons brillants. La mort dans l'âme, j'erre dans les rayonnages, quand mon regard est soudainement happé par un immense "Averroès" qui prend toute la couverture du bouquin. Forcément, ça attire, comme un petit chat dans une vitrine, mais en moins mignon. Je me décide finalement pour La Nouvelle Atlantide, je ne sais pas si je l'ai déjà lu en entier ou non. Contente, et soucieuse d'épargner mes sous, je me précipite vers la caisse, mais c'est sans compter sur le rayon musique classique qui exerce sur moi une attirance diabolique.
Je regarde vaguement, et, dans le but de me dégoûter, je vais voir du côté de Prokofiev, parce que depuis un certain temps déjà je suis à la recherche de ses cinq concertos pour piano - ce qui peut se trouver relativement facilement - dirigés par Kazushi Ono, qui me plaît énormément depuis que je l'ai vu diriger, c'était magique - et c'est là que le bât blesse, car il en existe deux éditions, et c'est toujours l'autre que l'on trouve en rayons. L'autre chef d'orchestre est au moins aussi bon (ne jugeons pas les gens sur leur couleur de peau, camarades), mais mon affection particulière pour Kazushi me poussait à lui préférer la version introuvable. Etant certaine de ne pas le voir ici, et que cette frustration allait suffire à me désespérer, me poussant à sortir passer mes nerfs sur les gens dehors que j'aurais pris grand soin à insulter mentalement. Quatre cds se trouvent dans le boxe Prokofiev, je les prends tous, et les passe sommairement en revue. Les trois premiers sont les mêmes, et le dernier est justement un cd des cinq concertos... je le toise avec le dédain et l'amerture de celle qui s'apprête à subir une cruelle déception et qui l'anticipe sagement. Et là, ô miracle, c'est lui, le seul, l'unique. Je prends, je cours, vite vite, madame la caissière, avant que je change d'avis. Je rentre, je l'écoute, les deux cds obéissent à un découpage bizarre (1-3-4 et 2-5 il me semble), mais ce n'est pas grave, je suis contente.
Plus tard, à la médiathèque. Un petit malin a emprunté le livre que j'avais pourtant dissimulé derrière les autres pour le prévenir de toute menace ennemie. Ce n'est pas grave. Je cherche des livres d'Andrzej Szczyspiorski sur le réseau de la médiathèque, et là, l'ordinateur m'indique en bas de page une liste des "oeuvres qui pourraient vous intéresser". Il me donne une liste de films, livres et cds dont les réalisateurs, écrivains et compositeurs ont tous pour prénom Andrzej (car naturellement, ils s'appellent tous pareil, ils font tous la même chose et ça ne peut que me plaire). Et je remarque un livre lu, sur la carrière poétique et théâtrale de Karol Wojtyła (dont l'oeuvre est novatrice, me dit l'ordinateur - c'est la première fois que je rencontre un ordinateur relativement récent et cependant catholique conservateur convaincu), mais attention car le plus beau est à venir, car ce récit est lu par Andrzej Seweryn. Je rigole doucement, mais en fait, j'ai plutôt envie de me taper la tête contre quelque chose. Il ne faut pas mourir idiote, et le sujet m'intéresse (l'ordinateur ss avait raison), donc j'emprunterai ce cd, et j'essaierai de me concentrer uniquement sur les mots qui seront dits.

qu'on dit. - Comment cela? - Eh bien! en perdant la raison."
Bonsoir à ceux qui viennent d'arriver, ici, tout va bien, merci.
Il fut un temps où on écrivait pour soi, du moins il me semble. (pensée momentanée à la lecture du blog de quelqu'un de ma connaissance ; vit-on pour soi ou pour les autres ?) Un temps où solitude n'était pas synonyme d'esseulement, où la parole ne recherchait pas tant l'approbation que l'échange. Il est assez difficile à concevoir pour moi que de nos jours, la peur sociale entraîne immanquablement la réclusion, ou l'élévation. Je comprends le désir de se grandir, et je l'approuve, mais tant que ce désir se manifestera en logique monarchique (j'ai quand même besoin de deux ou trois têtes censées autour de moi, mais je reste le meilleur et c'est à mes paroles qu'on obéit et qu'on applaudit), cela ne sera qu'une apparence. Il m'est apparu, en voyant les groupes de jeunes divers, que ça pouvait être suffisant, pour le monarque comme pour sa cour, et dans ces cas, très bien. Mais personnellement, je prône l'ermitage. D'accord, ne soyons pas radicaux, et parlons plutôt de retrait considéré. Chacun fait son petit bonhomme de chemin, on fait des réunions d'ermites - de retirés emplis de considération - de temps en temps, on discute, on échange, et cela amène de nouvelles pistes, et on repart chez soi. Il me semble que l'on doit chercher soi-même ses propres pistes, d'après ce que l'on voit, ce à quoi l'on assiste, ce que l'on cherche en réaction à cela, ce que l'on ressent. Ensuite, transmettre ce que l'on a acquis est une possibilité, mais ce n'est pas un devoir. On peut propager sa vision ou sa pensée, si l'on estime qu'elle peut être bénéfique à d'autres. Quand on passe tout son temps en groupe, on n'a pas le temps - me semble-t-il - de sentir le monde ; on peut en retirer des choses intéressantes et intelligentes, mais au fond, n'est-ce pas seulement se créer une culture commune, autrement dit, un lien qui renforce la notion de groupe contre les autres, mais qui ne profite pas à l'épanouissement personnel. On peut bien sûr réfléchir en groupe, cela peut être très profitable, mais cela doit obéir aux mêmes efforts de structure qu'une réflexion personnelle. Mais je pense que l'épanouissement complet s'obtient obligatoirement par une grande part de liberté, pour pouvoir se construire soi-même - je ne parle pas de liberté au sens légal du terme, mais de liberté relationelle, sociale, de distanciation volontaire.
*J'ai écrit ces lignes hier, et j'ai laissé ce post ouvert afin d'y revenir par la suite, ce que je fais maintenant. Je voudrais citer un extrait de "Messe pour la ville d'Arras", que j'ai lu ce matin ; j'ai été on ne peut plus étonnée d'y trouver cette réflexion que j'étais en train de mener (mais exprimée de manière beaucoup plus claire). Je reprends donc ces mots, bien meilleurs que les miens. J'ai même supprimé deux phrases du paragraphe précédent, parce qu'elles étaient vraiment semblables à des phrases ci-dessous, mais elles semblaient adorablement confuses et ridicules à côté.*
"Nous étions des orphelins condamnés mais libres de toute dépendance, soumis uniquement à nous-mêmes. Nous étions accablés par une épouvantable solitude qui avait pourtant quelque chose de sublime. Jusqu'à ce jour, notre vie et notre mort avaient été marquées par un état de dépendance. Je ne doute pas du bonheur de cet état qui entretient le sentiment de la sécurité. Vivant dans la dépendance, nous nous efforçons de plaire à ceux qui sont au-dessus et au-dessous de nous. La dépendance fait tout le charme de notre existence. On nous assure en contrepartie la protection et la paix, bref, nous pouvons jouir de la vie. Sans la dépendance, chacun finit par succomber, victime de soi-même."
Il faut mettre cela en parallèle avec le contexte dans le roman : l'auteur se sert d'une ville dans laquelle toutes les obligations hiérarchiques et sociales sont soudain réduites à néant pour lancer cette réflexion. Mais il m'est avis que cela correspond tout à fait avec cette logique de groupements sociaux chez les jeunes - et les moins jeunes, par extension, puisque de nos jours tout le monde veut être jeune. (*Je déconseille d'ailleurs en passant aux vieilles de continuer à s'habiller moulant ou selon les modes Pimkie, c'est dégoûtant.*)
Je reste persuadée (suis-je donc si désuète ?) qu'il n'existe qu'une seule forme d'apprendre, qu'une seule véritable culture dominante : c'est celle qu'on nous apprend à l'école, celle qui passe par les livres, romans ou documents - accessoirement les films et toutes les autres formes d'art qui complètent l'éducation sensible. L'art n'est pas perpétué uniquement pour des raisons de commodité, les cours ne sont pas là uniquement pour nous prendre du temps. Cela me fait assez bizarre, ayant toujours eu et ayant encore un gros problème avec l'autorité scolaire, de dire cela, mais j'en suis convaincue après tout ce temps. Je sais bien que tenir de tels propos peuvent sembler extrémistes, mais je préfère clarifier les choses : je ne suis pas en train de dire que les gens qui n'ont pas bénéficié d'une éducation correcte sont inférieurs à ceux qui ont eu cette chance, ni que les enfants qui n'aiment pas lire seront forcément plus cons que ceux que leurs parents obligent à lire un Zola par week-end (ce n'est pas drôle ; j'en ai connu). Mais la réussite ou l'échec de l'insertion dans la catégorie "personnes cultivées" dépend de facultés personnelles telles que l'ouverture d'esprit, la curiosité, la soif de connaissances. Ces facultés ne sont pas innées, elles s'acquièrent ou ne s'acquièrent pas selon l'environnement et les opportunités offertes à l'enfant ; les éventuelles lacunes découlent des défauts dans l'éducation ou de problèmes externes (maladies, famille, etc.). Les enfants et adolescents en échec scolaire ne deviennent des jeunes à problèmes ni parce qu'ils ont toujours voulu le devenir, ni par prédestination, ni par pure coïncidence, ni pour le simple plaisir d'ennuyer ceux qui les dépassent scolairement. Le fait de se tourner vers ces activités est une manière de se regrouper en clans, de la même façon que le système scolaire est un clan, et ces clans dont les lois et les principes sont instaurés par et pour ses bénéficiaires ont donc des structures parallèles. On n'est pas idiot, on choisi des voies dans lesquelles on sait qu'on peut réussir. La marginalisation découle de l'impossibilité de la normalité. C'est une phrase bête et évidente, mais on ne pense pas à l'appliquer partout.
Le sommeil me guette, et il est tard. Je reviendrai peut-être là-dessus plus tard. (Il me semble que je suis passée du coq à l'âne si rapidement que beaucoup de choses ont été traitées de manière par trop superflues. Mais c'est un problème récurent chez moi, avec l'inconstance et la passion.)
Dobranoc ~
23:20 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.03.2006
PNCの子供たち
Je n'aime pas les jeunes.
Je peux encore supporter les jeunes pouffes modelées chez Pimkie, même les gotho-pouffes, mais par contre j'ai de plus en plus de mal avec cette vague manga. Sans doute parce que cela me touche plus. Je ne saurais dire si c'est davantage l'égoïste perspective qu'ils puissent un jour entrer sur le carré du marché du travail que je vise, ou plus la stupidité même qui se dégage d'eux.
Définissons ceux que je fustige ici, parce que connais quelques personnes autour de moi qui ont connu cette passion pour les manga, et que je ne méprise pas pour autant (alors que d'autres, si XD). J'entends par vague manga ces jeunes (la tranche d'âge s'étend, une observation dans le rayon manga des librairies me prouve qu'on est concerné dès onze ans) qui, attirés par ces graphismes originaux et ces noms à consonnance différente, s'engouffrent tête baissée dans un forcing inconscient (ou non) pour déclencher une passion qui leur manquait pour se sentir originaux. (mon dieu, je ne pourrai jamais devenir sociologue, j'ai bien de trop de haine refoulée en mépris en moi pour être objective) Ils commencent à lire de plus en plus de mangas, c'est la course à qui en comptera le plus sur ses étagères et retiendra le mieux les patronymes des personnages. Ensuite joue Internet, ce fléau. Sur des forums consacrés aux mangas, un viendra se montrer et afficher une connaissance abrutie par le fanatisme sur la musique japonaise, musique contemporaine naturellement. Là, est-ce possible, une nouvelle porte s'ouvre, une possibilité d'aller plus loin encore dans l'amour du Japon. Deux vagues de musique existent, la pop, pour ceux qui se complaisent davantage dans le côté kawaii, et la rock, pour les rebelles en herbe. La deuxième est la plus dangeureuse à mes yeux, mais passons. Que vont faire ces nouveaux initiés ? Béotiens jusqu'au bout, ils vont chercher à, pour prouver leur profond attachement, copier les looks, ce qui au final donne quelque chose de plus qu'approximatif, et d'un mauvais goût flagrant.
Attention, ici, une pause s'impose (j'aime bien dire ça). Je n'ai rien contre les jeunes tokyoïtes qui suivent ces looks sus-évoqués. Tout simplement parce qu'eux ne se trompent pas de partie du globe. Leur comportement suit une logique socio-culturelle que je respecte profondément, c'est à mettre en parallèle (oui, je ne l'avais pas bien écrit du premier coup) avec le port de l'uniforme et l'encadrement permanent. Ceux qui, dans nos beaux pays, se croient de la même veine et appliquent cela, font preuve d'un manque de réflexion, voire de l'irrespect le plus total. Voilà ce qui me chagrine. Mais on ne peut faire entendre raison aux jeunes. Je suppose que la bêtise est proportionnelle à la suffisance.
Pourquoi ce post soudain, alors que tout le monde sait que cela m'anime depuis longtemps ?
J'étais gentiment à l'espace culturel avec Cléo (Cléo la ratte :D) et je tombe sur Sylvie. Bon, déjà, je ne vais pas en courses pour tomber sur des gens que je vois déjà toute la semaine, et surtout des pro-piscidés, merci bien. Mais passons, je me sens magnanime et j'ai avec moi un rat (ne cherchez pas le rapport il n'y en a pas). Elle est en train de se faire conseiller par un jeune vendeur prétentieux - je ne sais pas ce qu'il lui a dit, je n'ai assisté qu'à la fin, mais apparemment il avait tout lu et connaissait tout, même mieux que les japonais ; quand il repart, je m'avance pour lui dire bonjour, quand même, parce qu'on s'était vues et qu'on se doit de maintenir un climat cordial, parce qu'elle a toute une bande avec elle et que moi je suis seule, ou deux si Hélène me suit, et que si on se met à se taper dessus, sans vouloir être défaitiste je crois que mon binôme n'aura pas l'avantage. Bref, après une petite salutation et une présentation au rat, on parle littérature, et je ne sais plus ce que j'ai dit exactement, mais elle a fini par reposer son livre et en prendre un autre (déjà, voilà une bonne sensation, j'ai assassiné la crédibilité d'un vendeur). Apparemment elle n'y connaît pas grand chose (ce n'est pas une critique, une simple constatation), et je serais contente si j'ai pu l'aider.
Ensuite, on se met à parler de la mode GL à cause de ses chaussures que je trouvais chouettes (véridique : ce n'était pas un compliment par politesse, mais un échange de bons procédés, comme qui dirait, mon rat la ravit alors je fais un geste aussi. Et puis, ça me faisait une jolie perche pour aborder ce sujet avec elle, car cela m'énervait d'avoir un a priori sur elle dont je ne pouvais me defaire autrement qu'en essayant de converser un peu avec elle. Arrive le moment où je lui donne mon avis sur la question, à savoir qu'une occidentale s'habillant comme cela, notamment quotidiennement, était parfaitement irréfléchie (ce n'est pas le mot que j'ai employé mais j'ai été polie), alors qu'elle venait juste de me dire que c'était son rêve. Je ne sais pas si j'ai parlé sans me rendre compte de ce que je disais ou si je m'en fichais et que je voulais juste étaler mon opinion, encore que je pense honnêtement que la première hypothèse est la bonne. Alors elle insiste en me répétant qu'elle trouve ça joli, etc, et qu'elle aimerait s'habiller comme ça tous les jours. Je ne sais pas si elle m'avait écoutée ou non, mais j'avais juste envie de disparaître avant qu'elle se rende compte que je venais presque de l'insulter.
Donc, voilà quelqu'un qui me semble représenter cette vague fashion dont je parlais plus haut, encore que Sylvie soit relativement innoffensive et difficile à blâmer car, d'après la conversation générale, qui était un peu plus diversifiée qu'on pourrait le croire, elle semble être une fille posée et très gentille. L'a priori s'est un peu dissipé, et je suis heureuse d'avoir parlé avec elle un petit peu, mais je ne pense pas que ce soit quelqu'un, à première vue bien entendu, qui puisse être susceptible de m'apporter quelque chose.
Aah, j'oubliais, elle a choisi de faire son exposé sur les GL. >_< super, après Céline, il ne manquait plus que ça. J'aurais dû faire un exposé sur Fruits Basket, la tableau aurait été complet.
... Il est très possible que j'édite ce post prochainement, car vraiment les jeunes m'énervent :D alors si j'ai à rajouter, je le ferai.
[nyaaa je suis en train de faire un beau wallpaper dont je mettrai l'image ici dès qu'il sera fi-ni =D]
17:23 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
