04.06.2007

Quand on n'a pas de moyens xD

Kagerô - Zetsubô ni Sayonara
Passer trois jours à Paris, ça sert, finalement. On reconnaît des trucs après.

medium_vlcsnap-18965.png

medium_vlcsnap-18185.png

medium_vlcsnap-19588.png

medium_vlcsnap-20257.png

medium_vlcsnap-21086.png

07.08.2006

Dead man's chest

Je suis une créature faible qui ne résiste pas - ne tente même pas de le faire - à l'appel du Johnny Depp sauvage.
|[Je me suis donc rendue, hier, dans mon petit cinéma d'art et d'essai habituel, horriblement laid depuis qu'il l'ont tranformé en énorme complexe du type Mégarama. où est-il passé, le charme de nos soirées d'antan ? Bref, m'y voilà, accompagnée de ma petite soeur, je paye, nous montons les escaliers, je me ridiculise vaguement en n'arrivant pas à ouvrir la porte et nous entrons dans la salle. Nous descendons un peu dans les escaliers pour avoir une vue panoramique sur la salle et pouvoir ainsi choisir nos places. Au bout de quelques secondes pendant lesquelles je jauge la répartition humaine dans cet espace clos, ma soeur me tire par la manche (elle a l'air minuscule, si je formule ma phrase comme cela ; en réalité, elle fait un ou deux centimètres de plus que moi, encore que je ne sois pas bien grande moi-même) pour me dire qu'il y a deux filles, un peu plus bas, qui nous font des coucous, qu'elle ne sait pas à laquelle de nous deux cela s'adresse mais qu'il ne lui semble pas les connaître. Je regarde, mais deux filles châtain et en débardeur, dans une salle obscure, sont difficilement identifiables. Je réponds à ma soeur que je n'ai aucune idée quant à leur identité, mais que cela dit, elles ont davantage l'air d'avoir mon âge que le sien. Nous allons nous asseoir plus bas qu'elles, et continuons à débattre, pour finalement conclure qu'il doit s'agir de Fanny, une fille avec qui je m'entendais bien mais au ras des pâquerettes que j'ai connue dans mon premier collège, et à laquelle j'évitais de parler autant que possible depuis la révélation de son homophobie. Je ne vais pas lui parler, pour les raisons susdites.]|

medium_full_185x300.jpegAprès ce magnifique hors sujet, revenons en au film en lui-même. Les critiques en disaient, de manière générale, qu'il était moins réussi que le premier, un peu ennuyeux, moins efficace au niveau du rythme et de l'humour en général. Moins réussi, je ne sais pas, je n'arrive toujours pas à déterminer lequel des deux j'ai préféré, mais en tout cas il est différent. C'est toujours un Walt Disney modernes avec péripéties classiques agrémentées d'anachronismes linguistiques, méchants à tête de poulpe et touches d'humour irrésistibles, mais Dead man's chest est indubitablement plus sérieux que The Curse of the Black Pearl. Le contexte socio-historique y tient une place bien plus importante que dans le premier opus, où il n'était qu'un élément du décor, et par conséquent, les enjeux sont bien plus lourds ; en quelque sorte, la fatalité sociale a pris le pas sur la fatalité filiale, seule présente dans le premier volet, ce qui lui donnait un côté niais (il manque encore une fatalité, certes, et ce serait bien trop beau que ce soit elle qui dirige le troisième film, car je doute qu'un réalisateur comme Gore Verbinski (qui a fait Le Cercle) ait de telles références littéraires. Mais on peut toujours espérer). La reconstitution historique est très bonne, autant que je puisse en juger, au point de vue des décors, des costumes, des références... (visuellement parlant, mais également dans les dialogues, car il y a beaucoup d'explications contextuelles fournies par un improbable informateur). Le film n'est pas trop propre, juste assez pour que les enfants ne soient pas dégoûtés. Car, évidemment, si on est tatillon on remarque qu'ils sont moins méchants que dans la réalité historique, mais c'est un film pour enfants, et ce sont des flibustiers, que diable, et pas de bêtes boucaniers de Tortuga. Hum... associons cela avec la légende du Hollandais Volant, qui, si elle a commencé à apparaître vers 1666, est assez vivante dans le film pour la faire dater de plusieurs années, et avec le fait que Port-Royal commence à être dominé par les Britanniques... je suppose que la scène se passe à la toute fin du XVIIe siècle, pas avant 1680, et pas après 1692 (y a-t-il une date précise spécifiée dans les films ?). Il y a donc un très bel effort de concordance et de recherches, si bien que le tout semble très riche sans avoir ce petit côté "fourre-tout" souvent présent dans les oeuvres qui visent le triangle des Bermudes, l'endroit où tout se recoupe. Il est dommage que l'équipage du Hollandais Volant soit un groupe d'hommes-poissons, mais il aurait été lourd de recréer une autre communauté squelette, étant donné que tels étaient déjà les gentils moussaillons du Black Pearl.
Les personnages sont infiniment plus intéressants que dans le premier volet. Elizabeth, de demoiselle en détresse pleine de rêves d'aventures, assume davantage son caractère libre ; elle a grandi, et prend véritablement une place dans l'histoire. Jack nous apparaît davantage comme un être torturé - toujours aussi voyou (et séduisant *_*), mais plus complexe. Seul Will n'a pas beaucoup changé, mais suite à ce qu'il voit dans les dernières minutes, on peut espérer un troisième film où il basculera vers le côté obscur de la force. Changement radical du côté de Norrington (qu'est-ce que j'aime Jack Davenport moi) : il devient pileux et blasé, ce qui le rend tout à fait séduisant à mes yeux, car, rappelons-le, j'aime les hommes cyniques, perdus et violents. Tiens, ça explique aussi pourquoi j'aime Jack Sparrow. (Non non, contrairement aux apparences, je ne suis pas allée dans cette salle de cinéma que pour les acteurs ; mais je crois utile de préciser que ce film a de quoi extasier les meutes féminines. Keira Knighley, elle, ne porte plus de coiffures hautes mais des chapeaux, ce qui lui fait une machoire très carrée, et du coup, elle est moins jolie que dans The Curse of the Back Pearl) Tous les personnages tournoient dans ce scénario où chacun cherche son intérêt personnel, quand il sait où il se trouve ; chacun est destabilisé par les nouvelles configurations qui se succèdent et s'égare un peu plus. medium_normal_02.jpeg Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est là un film passionnant par son indéniable et bouleversante structure psychologique, cela dit, les personnages sont vraiment prenants ; selon son propre sens de la morale, de la justice et de la vie, on a forcément ses préférés, et nous voilà comme des enfants : "oh non, ne fais pas ça" - "allez, bats-le, plus vite, vas-y !". Ajoutons à cela que les scènes d'action sont très bonnes ; les combats sont magnifiquement réglés, et il y a des choses délicieusement puériles et stupides (la roue de hamster ou la course en cage), peut-être un peu longues, mais ô combien appréciables pour le public qui est juste là pour virevolter au bruit des capes et des épées qui sifflent dans le vent. Les traits d'humour, que nous attribueront à 80% à Johnny Depp, font en général immanquablement sourire. Il a des phrases fantastiques (je ne citerai que celle de la bande annonce, quand il voit Elizabeth arriver sur son bâtiment alors qu'elle est travestie en jeune mousse "Ces vêtements ne vous vont pas du tout. Portez une robe, ou rien. ...Et il se trouve que je n'ai pas de robe." =D), des situations grotesques à souhait, de plus, je le considère définitivement comme un des acteurs les plus doués que je connaisse pour les scènes décalées.
Quand au déroulement de l'histoire en lui-même, il y a toujours beaucoup de rebondissements... trop de rebondissements. C'était déjà un défaut du premier film ; étant donné qu'il y a plusieurs enjeux à chaque fois, et que chaque nouvelle péripétie est à tiroirs, il arrive un moment où on se surprend à espérer que le film se termine dans l'instant, parce que cela commence à faire beaucoup, et puis, on est mal assis sur ces sièges. Deux heures et demi, cela passe sans souci si les personnages traversent des épreuves successives pour arriver à un but final et définitif ; si les épreuves s'emboitent les unes dans les autres et si les objectifs diffèrent pour chaque personnage, le film en devient certes plus passionnant mais également moins accrocheur. Que voulez-vous, nous sommes des êtres humains dotés de cerveaux aux fonctions limitées, aptes à s'extasier devant des histoires simples, et enclins à l'ennui quand les schémas auxquels nous sommes habitués depuis notre plus tendre enfance font défaut. La façon dont s'articulent les évènements n'est pas mauvaise en elle-même, elle est simplement difficile à suivre.
Un dernier paragraphe - comment aurais-je pu faire autrement - sur la musique. Dans le premier opus, elle avait été composée par Klaus Badelt, assisté par plusieurs autres, notamment Hans Zimmer. Elle était vraiment excellente, avec des thèmes récurents percutants ; ce n'était ni une musique de fond, ni une musique d'ambiance, ni une musique de bruitage : elle était la vibration sonore des scènes qu'elle accompagnait, elle transportait le public au moins autant que les images. Cette fois, étant donné que c'était Hans Zimmer tout seul qui a composé la bande sonore, j'avoue que j'attendais avec impatience d'entendre ce qu'il allait faire, et à quel point on allait ressentir cette variation dans le choix des compositeurs. Je l'avais déjà écoutée avant même la sortie du film, et j'en étais vraiment très contente ; outre le fait d'avoir pu me glorifier de savoir reconnaître sa part d'idées dans le premier film, en fonction de ce qui revenait ou non dans celui-ci, j'ai été joyeusement surprise par les sympathiques accords, les gigues entrainantes et les fanfares à grand renfort de cors et de violons. Les mêmes thèmes musicaux ont été repris, chaque morceau est riche est différent des autres, tout en ne s'écartant pas des Caraïbes et des pirates. Mis à part le fait qu'une vélléité saugrenue l'ait poussé à intégrer dans le cd de la bande originale un remis techno de "He's a pirate", au final tout à fait raté (il avait également rajouté une piste techno sur le deuxième cd de Gladiator, et bien que légèrement innaproprié, c'était là un fort chouette remix), j'étais très enthousiaste quant aux compositions de ce deuxième film. Seulement voilà, il se trouve que transposé sur la toile cela ne donne pas du tout la même chose. Toutes ces jolies notes adhèrent bien à l'image, mais tout cela n'a l'air d'être qu'un copier/coller. On ne ressent pas la même fantastique fusion entre le son et l'action ; cette fois, la musique accompagne, illustre, et c'est tout. Elle est toujours aussi juste, mais je déplore qu'on glisse dessus sans la remarquer pendant le film. Dans le premier opus, c'était tellement puissant qu'on était tenté, tout en s'efforçant de suivre les cascades, de marmonner les notes, et de jouer avec ses mains aux vibrations des trompettes, alors que cette fois, on remarque à peine la musique, et pourtant, dans la salle où je me trouvais, le son était réglé à un volume particulièrement élevé. ...Ou peut-être de fait me suis-je inconsciemment bouché les oreilles pendant toute la durée du film. Non, définitivement, la musique est moins bonne cette fois.

medium_concept_dutchman3.jpeg Je pense que j'ai préféré Dead man's chest au premier film. Il est plus complexe, plus intéressant, peut-être parce que destiné à un public plus adulte, ou simplement plus curieux. C'est un film de qualité, indéniablement ; ensuite, il faut aimer les légendes de pirates, et ne pas avoir peur de s'amuser comme un enfant, car cela reste un film d'aventures. Mais je le place légèrement au dessus de ses congénères.

PS. je tiens à m'insurger contre l'horreur du sort du chien laissé sur l'île. C'est drôle, mais c'est cruel. Pauvre bête. Ce n'est vraiment pas moral.
PPS. je ne me relis pas, je poste ceci comme ça, hop là, merci de ne pas faire attention aux fautes de frappe probables ou aux incohérences argumentatives.

09.07.2006

Vous avez dit "bizarre" ?

medium_2012095321.01._SS500_SCLZZZZZZZ_V1071108367_.jpegC'est le titre d'un petit recueil de nouvelles (120 pages écrites en gros, c'est un livre que j'ai trouvé classé dans les ouvrages pour ados u_u) de divers auteurs : Horacio Quiroga, Kôbô Abe (nooon ne partez pas y en a d'autres XD), Stawomir Mrozek, Daniel Zimmermann, Phan Huy Duong, Max Dorra, Yankel, Fred Chappell. Je plongeais un peu dans ce livre en novice, puisque je n'en connaissais que deux et demi (celui qu'on sait, Stawomir Mrozek, et Phan Huy Duong, de nom seulement, d'où le demi).
Tous les textes de ce livre ont été magnifiquement choisis, si bien qu'ils offrent un panel assez complet de tout ce que l'on peut regrouper dans le domaine de la littérature sous les termes de bizarre ou d'étrange. Et un des points positifs de cette lecture est que l'on peut en ressortir avec une vision plus nette de sa propre conception du bizarre, en fonction des textes que l'on a aimé ou non, et s'orienter plus facilement vers d'autres lectures du même type. La classification des livres est en général un problème ; soit elle est trop détaillée et trop stricte, si bien qu'on a intérêt à savoir exactement ce que l'on veut pour se diriger tout de suite vers le bon rayon sans ennuyer les vendeurs (et ce genre de répartition imperméable ne pousse pas vraiment à l'ouverture d'esprit ou à la curiosité) ; soit à force d'être souple elle est inutile car trop lâche, et là, c'est le bordel. Je n'ai pas de solution ; peut-être une boîte à tiroirs comme celle du père Emanuele, mais il a déjà été démontré le manque de sensibilité de ces machineries.
Je ne vais pas reprendre tous les textes un par un, juste essayer d'en donner un aperçu un peu plus poussé.
Toutes les nouvelles ne couvrent pas une surface égale dans le bouquin. Je ne vous raconterai pas les nerfs d'acier qui sont nécessaires pour suivre avec une apparente nonchalance les 20 pages de Kôbô Abe qui précèdent juste Stawomir Mrozek. Toutes ne sont pas non plus des nouvelles de type Maupassant, clairement définies et avec une péripétie finale. Disons alors qu'il s'agit de textes, plus simplement. Parmi les variations de l'étrange, on compte d'abord le fantastique, avec L'oreiller de plumes de Horacio Quiroga, mais si j'explique pourquoi, je gâche la chute. Ce récit très joliment écrit se lit facilement, et a une conclusion délicieuse, encore qu'on soit bien en peine de déceler une morale, si morale il y a. On touche aussi au merveilleux avec Linné oublie de Fred Chappell ; ce récit rappelle Les Voyages de Gulliver (il y fait référence d'ailleurs), sans les considérations sociologiques et antropologiques (non pas qu'elles en soient tout à fait absentes, mais là n'est pas ce qui est à retenir, il me semble). On a aussi dans ce recueil des réflexions post-épuration (pardon pour le terme barbare, je vais tenter de m'expliquer mieux) : je parle des réflexions que peuvent amorcer les auteurs une fois anihilées les considérations de bien et de mal, ou de logique, ou de réel, quand l'étrange est à lui seul le fil conducteur qui nous y a mené sans retenue. Un peu comme l'absurde, mais pas exactement, car utilisant plus de détours, peut-être. Bref, cela correspond au texte La vie d'un poète, de Kôbô Abe (beaucoup trop onirimétaphorique à mon goût, et trop long, par conséquent ; on s'ennuie un peu et on se demande si c'était bien utile de dire tout ça pour arriver à la conclusion). Dans l'absurde, ou l'illogique, il y a mon préféré, L'arbre, de Stawomir Mrozek. Il fait deux pages, et il est délicieux. L'auteur nous propose une altération de la perception humaine par une (fausse ?) naïveté, encore que là n'ait pas été la finalité du texte pour moi. Je suis davantage à la recherche de cette innocence convaincue et intouchable de l'être qui est différent. C'est tout simplement précieux. Enfin... j'ai également beaucoup apprécié Le sosie de Staline de Yankel, qui m'a rappelé un film que j'avais beaucoup apprécié, qui racontait l'enrôlement d'un homme pour devenir le sosie de Mussolini (mais c'est là que mon esprit me dit halte ; je pense bien que c'était Mussolini, ou peut-être Staline, et pourtant, il me semble que ce film était espagnol, et il me semble aussi que mon esprit a tout mélangé u_u si quelqu'un voit de quel film il s'agit, prière de clarifier ma mémoire) ; ainsi qu' Un squelette d'un milliard de dollars de Phan Huy Duong, un de ces récits où le personnage principal recherche quelque chose, et où on sait pertinamment que soit il ne va pas la trouver mais va repartir enrichi tout de même, soit il va la trouver et la laisser, fort d'autre chose.
Donc, si on résume (ayons l'esprit pratique) il n'y a que deux textes que j'ai peu et pas du tout aimés : respectivement La vie d'un poète de Kôbô Abe et La qualité du silence de Max Dorra (tiens, je n'en avais pas déjà parlé, de celui-là ; disons qu'il m'a déplut parce qu'il se situe dans un contexte très terre à terre : la société contemporaine et son administration (j'ai besoin d'un peu de distance en général pour pouvoir consacrer un récit), et qu'il reprend des blagues déjà reprises des centaines de fois, et déjà nulles à partir de leur dixième reprise). Mais je conseille cependant ce livre, il est plaisant et assez exhaustif. C'est aussi l'occasion de découvrir des auteurs, en espérant (comme ce ne sont pas non plus les plus connus qui ont été forcément sélectionnés) pouvoir trouver autre chose d'eux à la gentille bibliothèque de sa petite ville.

17.03.2006

Rhapsody

J'oublais, cliquez sur la tomate =D

medium_ttomato.jpg

Non, je n'ai pas honte. Et oui, ça me fait rire. J'aime la pauvre petite tomate et le gentil champignon.
J'aime moins les tomates filles et la chute. Mais le reste, quand même, c'est mignon =)
(Et puis c'est Bohemian Rhapsody)

01.03.2006

Le nouveau monde

medium_newworld.jpeg

On m'en avait parlé comme quelque chose de beau mais chiant. Pour ce qui est du chiant, je démens. Le film est ainsi construit qu'il n'y a pas vraiment une seule histoire mais plutôt une succession d'évènements qui forment le déroulement général. Il est donc inévitable qu'il y ait des temps morts ou des longueurs, mais dans ces moments, le jeu des acteurs est à mon sens tellement bon (mention spéciale pour Q'orianka Kilcher et Christian Bale, mais je reviendrai sur eux plus tard) qu'il suffit de s'attarder sur un regard, sur une attitude pour se sentir emporté par le film. De même, on notera la reconstitution historique qui est extrèmement fidèle, du peu que je puisse en juger, mi-naturaliste mi-expressionniste, accordant une grande importance à de petits détails qui donnent toute leur vérité à l'action, tout en ne focalisant pas sur la réalité mais sur l'image et le sentiment. Les paysages sont en effet magnifiques, et sont livrés sans effets de style mais dans toute leur simplicité. C'est très agréable de voir un film qui traite de ce sujet là sans voir de cascades oniriquement filmées ou de cerfs courant dans les bois, genre paradis terrestre remasterisé. L'histoire originale est respectée, jusqu'à l'âge de la jeune indienne, j'avais très peur que la décence oblige à la vieillir, et on sent que ce n'est pas le cas,, même si cela n'est jamais clairement défini.
Bon, évidemment, c'est un film d'amour en grande partie, alors bien sûr que John Smith est plus beau que les autres, bien sûr qu'il est un peu plus propre sur lui (parfois, je me demande si la crasse le fuit), mais avec le recul je pense que cela était nécessaire pour pouvoir croire ne serait-ce qu'un peu à cette romance à la fin inévitable. La pureté de la jeune indienne ne peut pas se mélanger, dans un film, avec l'homme blanc pileux et poussiéreux, sinon ce dernier à des allures de pédophile pervers, ce qui a là encore été assez bien évité dans ce film. Juste quelques images qui rappellent qu'il y en a un deux fois plus vieux que l'autre et que peut-être au fond de lui il cherche juste à courir la sauvageonne, mais le tout sur un si joli fond, panoramique et musical, que l'on a seulement envie d'oublier et de se laisser porter et de croire en la beauté des choses.
Je ne dirai pas que je ne regrette pas cette accentuation sur le couple John Smith-Pocahontas (apprécions au passage le fait que son nom ne soit pas prononcé une seule fois, ce qui tend à mettre Walt Disney entre parenthèses et qui est très bien vu), le tout est limite niais parfois, non pas pendant leur relation même où l'on a surtout envie de les voir se caliner dans l'herbe (je veux dire de s'affectionner, je ne suis pas en manque de scènes érotiques), mais après, quand elle ne parvient pas à l'oublier. ...En écrivant ces lignes, je me rends compte de l'erreur que je commets ; que peut-on espérer d'autre de la part d'une jeune capricieuse qui rencontre à l'aube de sa vie un homme différent qui va lui prendre sa virgnité et tout ce qui va avec ? Sans doute mon rejet de cette partie de l'histoire provient d'un relan de haine envers l'homme en général XD et aussi d'un favoritisme très marqué pour John Rolfe, le gentil planteur de choux, face à John Smith, le méchant courseur de pucelles. J'apprécie d'ailleurs qu'à la fin John Smith reconnaisse que tout cela pour lui n'était pas la même chose que pour elle - évidemment c'est un film, alors il dit "pour moi, tout cela n'était qu'un rêve" et pas "tu m'énerves, si tu savais le nombre de bonnes femmes que j'ai tronchées de retour à Londres". Mais bon, tout de même, trop de focalisation sur John Smith / Colin Farrell (d'ailleurs son nom apparaît avant même le titre du film au générique, ça m'énerve grandement). Bon, d'accord, c'est lui qui amène le monde en salles, mais c'est dommage d'avoir autant forcé sur lui, le voir un peu moins ne m'aurait pas dérangée outre mesure.
L'acteur m'énerve un peu lui-même, je dois le reconnaître. J'ai eu cette permanente impression qu'on lui a dit qu'il allait jouer dans un film dramatique, alors il a sorti son expression dramatique de sa boîte d'acteur et ne l'a pas quitté durant tout le film. Ce garçon est monoexpressif, je l'avais déjà remarqué dans, Phone Game je crois. Pas de surprises, d'une fluidité presque navrante du début jusqu'à la fin. Pas mauvais, cela dit, mais plat.
medium_thenewworld02.jpgQ'orianka, elle, a cet atout majeur (en plus d'être très jolie *_*) d'être très jeune. Il se dégage d'elle une candeur attirante même quand son personnage est triste. Son visage semble figé et animé à chacune de ses expressions, c'est difficile à décrire ; figé dans une sorte de sculpturalité de beauté inaltérable, et animé par sa fraîcheur. Elle a vraiment un jeu très agréable.
Christian Bale, ah mon dieu, des années que j'attendais de te revoir =) et tu t'avères être un excellent acteur adulte XD Mon honnêteté envers moi même me pousse à admettre que de toute façon ton rôle ne pouvait que te faire aimer de moi : tu es faible et gentil =D et tu es malmené par les sentiments glacés de ton amour. Heureusement, tout est bien qui finit bien pour toi, je n'aurais pas supporté l'inverse. Mais pour revenir à l'acteur (car je crois que je m'égare), c'est son corps qui m'a impressionnée. J'ai rarement vu des poses aussi pertinentes, aussi subtilement justes. Par la courbure du dos on devine (presque ?) l'expression du visage. Jusqu'à la façon de jouer avec les brins d'herbe est très pointilleuse, tout en dégageant une grande désinvolture, oui je sais bien, cela n'a aucun sens, mais nominaliser le talent dans son essence me semble impossible.
Je m'arrête là pour le casting, je n'ai pas remarqué de fautes de jeu chez les autres. Ah si, un mot pour James Horner, qui vraiment a fait un travail remarquable. La musique est en parfaite adéquation avec le film ; discrète, douce, plus forte quand il le faut (pour la scène d'introduction à la Cour par exemple - oh! c'est Jonathan Pryce qui joue le Roi XD j'étais toute ravie) et même difficilement soumissible à reproches pendant les scènes de combats. J'avoue avoir eu un peu peur au début, les deux premières notes du générique, j'ai pensé "oh non, on dirait du Morricone réutilisé", mais tout de suite des variantes, un style propre devrais-je dire plutôt, bref, j'aime beaucoup M. Horner.
Repassons maintenant au film. Je parlais de coupures dans le récit, en réalité, même cinématiquement parlant, les péripéties sont marquées par des coupures noires d'une ou deux secondes, les actions et descriptions sont coupées par des variations dans le dosage du son et des monologues intérieurs (de John, John ou Rebecca), tout cela est somme toute assez déstabilisant. D'un côté il est impossible de se laisser aller dans le courant de l'histoire si rien n'est retranscrit "comme si on y était" mais bien "comme si on nous racontait l'histoire", et d'un autre tout est fait por que ce ne soit ni trop romancé, ni trop barbarement livré, pour que l'on puisse se sentir à l'aise avec notre conscience (je suis désolée si je focalise mais je vois trop cette jeune fille innocente abusée par le cro-magnon de base). Le tout est juste, mais j'avoue que quelque chose m'échappe. Pourquoi intercepter le récit de petits monologues intérieurs qui ne sont pas du même narrateur ? C'est très joli, mais... à mes yeux quelque chose ne colle pas là dedans.
Et puis même, la fluctuation du fim est un peu pénible. Dans les quarante premières minutes, le ton est franchement anti-colonialiste, et on s'apprête à une séance dans ce thème. Puis cela vire (à partir du moment où ça commence vraiment à fricoter dans les hautes herbes) à un hymne et un plaidoyer pour l'amour, pour finir (à partir du moment où elle est seule) en une ode à la vie et la beauté. Comment prendre ce film si ce film ne se fixe pas ? Du coup, le personnage principal, Johnny 1e du nom, n'a aucune constance. D'accord, je ne suis pas encore stupide et j'ai compris que John Smith est un volage par nature, mais si aucun des deux personnages principaux n'a de but qui dure tout le film, si aucun n'est animé par un souffle quelconque, alors on ne retiendra rien d'eux. Le passage anti-colonialiste devient accessoire, à ce moment-là il faut se fixer sur les choses. Sur les paysages, les yeux, les sensations. Le nouveau monde, ce n'est pas un récit agrémenté par de beaux décors, c'est une beauté de fond servie par une histoire. Et du poème que l'on a sous les yeux, on retirera ce que l'on voudra. Sur place, calé dans son fauteuil, on savourera, tout simplement. Cependant, bémol pour ce manque de parti pris, même si au final il joue en faveur du film. Parce que l'histoire d'amour en elle-même est trop présente pour que l'on puisse oublier que ce n'est pas un film d'amour. L'histoire commence vraiment à décoller à partir du moment où les deux sont séparés, chacun dans son camp. Là, la poésie s'installe, avant, le reste est par trop omnubilant, ce qui est dommage.
Mais bref, pour conclure, je dirai que c'était un très bon film. J'apprécie énormément et je reconnais les efforts et le travail qui ont été fait dessus, pour un résultat grandiose. Je loue le réalisateur qui s'est attaché aux détails des faits communs de l'époque et des costumes, qui est resté lié et fidèle à l'histoire originale de Pocahontas. J'applaudis (enfin non, je n'applaudis jamais, sauf en extase devant Andrzej XD) les acteurs qui ont fait un beau travail d'interprétation. J'en garde de très bonnes sensations.