06.01.2007

Retour discret

Je ne pensais pas forcément qu'un retour sur internet impliquait un retour sur ce blog ; mais après quelques jours, je découvre que tout cela est lié. J'ai réalisé que je pouvais très bien me passer d'internet, cela dit, si je peux y avoir accès, j'y cours. Droit dans le mur, comme on dit. Je me sens beaucoup plus épanouie dans la "vraie vie", alors qu'Internet me conditionne, me met une certaine pression, m'oblige à me définir une appartenance à telle ou telle catégorie de gens, me pousse à rester toujours la même pour ne pas me détacher de l'image que les gens peuvent avoir de moi. Je me sens restreinte, limitée. Dans le "vraie vie", je suis libre, je me sens différente, unique. Internet, du moins c'est l'impression que j'ai, retranche chaque personne dans une coquille précisément étiquetée. Je n'y ressens rien, les mots sont là mais je n'ai aucun moyen de me prouver leur authenticité. En vrai, je vois les yeux des gens avec qui je parle, j'entends leur voix, je sens leurs mains sur mon corps pour appuyer leurs paroles. Beaucoup de gens disent préférer, ou du moins aimer, Internet car cela leur offre plus de possibilités, plus de marge derrière leur anonymat relatif. Je comprends cela ; mais il se trouve que j'arrive à un moment ou je n'ai plus ni l'envie ni le besoin de me cacher comme je le faisais avant. Au contraire, j'ai besoin de reconnaissance. Depuis environ trois mois il me semble, je me rends compte que les choses ne peuvent se passer que si on fait des efforts dans ce sens et si on les laisse se passer. J'avais beaucoup trop tendance à avorter toutes les possibilités, et ce pour m'éviter des déceptions, des peurs, etc. La raison en elle-même n'est pas mauvaise, cela dit, j'avais le sentiment que je ne pourrais pas vivre pleinement de cette manière. Ce n'est pas pour cela que je changeais quelque chose à ma façon d'agir. Il a fallu une aide extérieure, un élément déclencheur. (Cela me fait penser à quelque chose que j'ai entendu dans un téléfilm stupide il y a quelques jours : "Le courage ne se traduit pas par l'absence de peur mais par la conviction qu'il existe quelque chose de plus important que cette peur". J'avoue, car je préfère avouer plutôt que d'être démasquée, le téléfilm en question c'est "Princesse malgré elle", que j'ai regardé avec ma soeur parce que je lui avais offert le livre il y a quelques années) J'avais déjà amorcé un retour vers la réalité il y a un an ou deux, mais je restais tout de même assez dépendante de la virtualité. C'était un outil indispensable pour moi, quelque chose qui me permettait d'achever ou de tenter de compléter ce que je ne pouvais pas faire, ce que je ne pouvais pas être dans la "vraie vie" ; aujourd'hui, c'est juste un accessoire. Quelque chose qui me permet d'être en contact avec certaines personnes, d'avoir accès à certaines choses. Point. Et je suis contente d'en être arrivée là.
Il est temps d'être humble et de remercier les quelques personnes qui m'ont aidée à prendre définitivement conscience que la vraie vie, c'était chouette. La plupart sont des personnes que j'ai croisées une fois, deux fois, et qui n'ont absolument pas conscience de ce que quelques simples mots échangés avec elles m'ont fait l'effet d'une gifle douce comme la brise du matin. J'en oublie certainement, mais il y a Nathalie [pour m'avoir bousculée sans le vouloir, pour m'avoir fait prendre conscience que j'étais normale, juste décalée, pour m'avoir forcée à cette intimité avec toi, pour me faire du bien sans t'en rendre compte, pour te comporter avec moi comme tu voudrais te comporter avec d'autres sans savoir comment, pour m'apprécier et me considérer malgré notre différence d'âge, pour t'inquiéter pour moi], deux des ambulanciers dont je ne connais même pas le nom [l'un pour une simple phrase que tu as prononcée, l'autre medium_degas-edgar-ballerina.jpgpour avoir fait face avec moi au camp adverse lors d'un débat insipide sur James Bond], Laurent [pour cette petite phrase qui m'a complètement assomée, car les filles ont le droit de rêver], et une autre personne relative au marché de Noël dont je préfère ne pas mentionner le nom, car c'est un peu trop récent pour que la nostalgie ne soit pas mêlée de tristesse [sans commentaire, d'ailleurs. Cela dit, celles qui ont eu le début de l'histoire auront la fin, ça évitera les gaffes]. Aucune de ces personnes ne lira jamais ces lignes, et c'est aussi bien. Une parmi elles aura droit à ces remerciements "en vrai", une autre a probablement conscience de l'impact qu'elle a eu sur moi. Pour le reste, c'est enfermé à jamais dans ma tête. Mais ça n'en est pas moins profondément sincère.
Alors, il est nécessaire maintenant de dire un mot pour tous ceux qui n'ont pas vu leur nom dans cette liste non exhaustive, et peut-être en sont désappointés. Ceux avec qui je parle souvent, ceux avec qui je suis relativement intime, ceux qui me connaissent plus ou moins. Certains lisent ces lignes en ce moment. Certains savent comment je vais, ce que j'ai dans la tête, certains ont essayé de m'aider, de me conforter, certains ont été là pour moi dans des moments où j'en avais besoin. Je ne veux pas que vous pensiez que je m'en fiche, que je l'oublie. Je vous remercie pour ça, vraiment. Ce que vous m'avez apporté a été très important pour moi. Ce n'est pas ce qui m'a aidée à m'en sortir, car les choses les plus utiles viennent de personnes qui n'ont pas conscience de votre mal-être et qui vous parlent sans compassion, sans précautions, d'égal à égal. Mais ça m'a aidée à ne pas aller plus mal, j'en suis persuadée. Quand on a quelqu'un en face de soi qui ne va pas bien, il n'y a rien à faire pour l'aider, il ne faut même pas tenter de le faire. Il faut juste être là, à côté, faire ressentir à l'autre que l'on n'est pas très loin en cas de besoin, que l'on s'inquiète pour lui sans lui mettre une pression quelconque. Ne pas chercher à le sortir d'une situation dans laquelle il se complaît, qu'il en ait conscience ou non. On ne peut pas décider d'aller mieux avant d'avoir vécu certaines choses, je pense. Et le fait de sentir autour de soi des personnes qui voudraient qu'on aille mieux, le fait d'éprouver cette attente, rend d'autant plus pénible la situation dans laquelle on est, rend plus lourd encore le poids dont on doit se débarasser. Si la personne en question veut vraiment aller mieux, elle ira mieux. Il faut juste lui laisser du temps. Même si c'est difficile à vivre pour les autres, sans doute autant que pour la personne en question. Il faut attendre que quelque chose se passe, autour d'elle, et dans sa tête. Ne rien demander, ne rien attendre. Juste rester.

"Et tu verras, plus tard, tu te rendras compte à quel point c'était stupide."
"Je le sais déjà."

J'avais vraiment tendance à négliger l'impact que pouvaient avoir les gens dans le développement. Déterminée depuis toujours à ne vouloir apprendre que par et pour moi-même, à ne rien avoir à devoir à personne pour ne pas nuire à mon intégrité, je me rends compte que c'était une erreur. Que personne ne peut être vraiment imperméable, que si l'on peut se construire seul, ca n'apporte pas ce sentiment de complétude duquel je m'approche de plus en plus. Qu'une fois que l'on a acquis ue certaine assurance, plus rien ne peut transparaître sur toi si tu ne le veux pas. J'ai toujours des problèmes dans mes relations avec les gens : j'évite toujours de m'attacher, j'ai toujours du mal à croire qu'on puisse m'aimer, j'ai toujours des difficultés à avoir confiance, j'ai toujours des problèmes avec les notions d'intégrité et d'individualité. Mais ça va mieux. D'une manière générale, ça va mieux. Tout n'est pas réglé, mais c'est sur la bonne voie. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis jetée dans le vide dernièrement,medium_punkcat_Ko.2.JPG à prendre des risques, dire des choses qui peuvent avoir des retombées importantes, faire des choses sans ambigüité quitte à ne pas pouvoir revenir en arrière... autant il arrive que cela arrive après mûre réflexion, comme un risque dont je suis consciente et que je veux tenter, autant d'autres fois cela sort tout seul de ma bouche. C'aurait été impossible avant ; je réfléchissais trop, et je bloquais. Et je m'en voulais d'avoir bloqué, sans vraiment comprendre comment cela pouvait fonctionner. Je sais que je m'étonne, aujourd'hui, quand je dis certaines choses.
J'ai réalisé qu'il pouvait y avoir un amalgame de fait entre ne pas vouloir se reposer sur les autres et ne pas vouloir que les autres se reposent sur soi. Mais ce n'est pas mon cas ; si je préfère être seule face à ce que j'ai dans la tête, je n'en suis pas moins là quand les autres ont besoin de moi. Ca m'a choquée quand quelqu'un m'a laissé entendre, hier, que pour elle les deux allaient de pair. C'est vraiment la dernière image de moi que je veux donner ; il était évident, pour moi, que j'étais là pour les gens qui comptaient pour moi. Je sais que cela peut paraître paradoxal, qu'en général ce genre de service est à double sens, mais je promets de faire des efforts en ce sens.
(Bisous~)

23.09.2006

Bouzillage J-31

Y aller à deux, c'est moins effrayant, même si l'on est une grande fille courageuse.
Rendez-vous à l'heure d'ouverture devant la boutique. Le store est déjà à demi levé, ce qui signifie que le moment est imminent. En attendant, nous papotons. Hélène nous rejoindra peut-être, mais plus tard, car elle a regardé L'Empire des Sens hier, et pense avoir du mal à se lever. D'accord. Alors, ta maman a donné son feu vert ? Oui, enfin, elle a approuvé la sélection du salon, en tout cas. Pourquoi ton choix s'est-il porté sur celui-là ? Parce qu'il a l'air propre, et qu'il a de nombreuses références. Et toi ? ...Je lui parle des estampes qui avaient été réalisées sur le dos d'un garçon, qui avaient été si bien reproduites qu'on en reconnaissait l'auteur, et de la petite fille des livres pour enfants, très bien exécutée également. -Zzzzoummm- Le store se lève, nous nous interrompons ; la vendeuse vient ouvrir la porte. Nous entrons - nous deux, et deux garçons de mon âge (ils avaient l'air plus jeunes que moi, mais c'est impossible), qui viennent pour le rendez-vous de l'un d'eux. On les fait passer le comptoir, l'un s'asseoit en attendant, et le deuxième doit prendre place sur le fauteuil. Peu de temps après, le vrombissement commence. Delphine et moi nous regardons, mi-nerveuses mi-amusées. Je suppose que c'est comme la roulette du dentiste, me dit-elle ; le bruit est impressionnant, mais ça ne fait pas mal. Je lui réponds que la douleur ne m'effraie pas du tout. La vendeuse se tourne vers nous, bonjour, qu'est-ce que vous voulez ? Aucune de nous ne semble décidée à prendre la parole, alors, je m'y colle. Nous aimerions nous faire tatouer - pas la même chose, cela dit - donc nous souhaiterions voir vos books, vous poser quelques questions, etc... Oui, bien sûr, vous savez ce que vous voulez ? Je fais signe à Delphine de parler de son cas en premier. Elle parle de son papillon en arabesques qu'elle a imprimé puis momentanément égaré, elle dit qu'elle voudrait bien voir ce qu'ils ont comme motifs, au cas où elle flasherait sur l'un d'entre eux. La vendeuse lui donne quelques books, ceux du royaume des fées et des insectes. Elle commence à regarder, moi avec, quelques instants, puis je me tourne vers la vjeune fille pour expliquer mon cas. J'ai une idée très précise - dis-je en lui montrant les dessins que j'ai apportés - je voudrais celle-ci, mais en modifiant certains points, par exemple je n'aime pas cette chaise, je voudrais la remplacer par une autre, et puis je voudrais qu'elle soit davantage de profil, et un peu plus grande... Elle m'interrompt, regarde avec moi mes dessins (enfin, quand je dis "mes"... tout le mérite en revient à Degas), note ce que je lui dis, et me demande s'il me serait possible de revenir dans le courant de la semaine prochaine pour discuter avec la dessinatrice. Oui, bien sûr (je ne suis pas difficile comme fille). Elle va voir le tatoueur derrière (je ne sais pas duquel il s'agit, je prie pour David, qui me plaît davantage), ils discutent, et elle revient pour m'annoncer le prix. Je m'attendais à cela, mais j'essaye de ne pas faire une tête bizarre et d'approuver sereinement. Puis, de derrière le paravent, David (David ! ^_^ ...une banane et un soda à la main, car il faut le plein de vitamines pour commencer la journée, n'est-ce pas) arrive à son tour ; il me repose quelques questions, sur l'emplacement, la taille, les couleurs, le niveau de détail... envisage un mix des dessins que j'ai apportés... réfléchit un peu, et confirme le prix. Il me dit une ou deux choses encore, et retourne à son client qui doit s'énerver derrière. Je sors pour aller chercher des arrhes, et je reviens, tout sourire, malgré le fait que je vienne de réaliser ce que cette somme totale représentait en francs.
Pendant ce temps, Delphine a sélectionné deux ou trois motifs qui lui plaisent particulièrement. Je lui donne mon avis pour les deux, elle approuve. Et tout à coup, arrive Hélène (finalement réveillée) ; je lui explique pour moi, et nous lui montrons le dilemne de Delphine. Elle donne également son avis ; il correspond au nôtre, Delphine est ravie et décidée. La vendeuse la questionne sur la taille du motif, Delphine tente une approximation. La jeune fille prend un mètre mesureur, et, tournant son visage vers moi : "Retourne-toi". Seconde d'hébétude, je ne comprends pas. "Pour lui montrer ce que ça donne", précise-t-elle. Ah (-_~"), ce que je fais donc. Delphine dit que c'est ça, ça correspond. (Note personnelle : Hélène et Delphine ont des mensurations plus proches que Delphine et moi, alors... pourquoi ?) La vendeuse retourne voir David (qui va bientôt en avoir marre), ils discutent encore tarification, discrètement. Nous nous attendons à un prix sensiblement identique au mien ; certes, le motif est plus large est plein, mais il ne comporte pas autant de détails, et est somme toute plus facile à exécuter. Quand elle revient et annonce quelque chose de bien supérieur, aucune de nous trois n'arrive à cacher sa stupéfaction. Elle nous explique que c'est avant tout dû au choix de l'emplacement, que le temps de travail est doublé parce qu'il faut que la peau soit bien tendue et qu'en conséquence il est nécessaire de le faire deux fois plus grand, sachant qu'en position standard, debout, il aura bien sa taille finale. Delphine déglutit, accepte, sort chercher ses arrhes. Pendant ce temps, je prends mon rendez-vous, et va pour un mardi matin (à la réflexion, je me demande si je suis sereine à l'idée d'être la première cliente post-week-end) . Hélène et moi nous extasions sur un cheval rose et violet qui sierrait fort bien à Carole, et je demande à la jeune fille le tarif de tous leurs piercings (soyons fous). Elle me répond gentiment, me demande ce que je fais dans la vie (d'une manière assez triviale : "c'est quoi ton taf ? t'es étudiante?"), pour estimer les risques. Au passage, elle s'extasie sur ma bague et me demande où je l'ai achetée - malheureusement, je ne sais plus ; c'est dommage, j'aurais bien aimé lui répondre, je sens qu'on s'aimerait bien si on nous en donnait l'occasion. Delphine revient, se déleste de nombreux billets, et prend son rendez-vous. La jeune fille semble bloquer quelques secondes sur son cahier, puis nous explique qu'à peu de choses près, elle aurait pu nous caser l'une après l'autre, ce fameux mardi matin. Nous lui répondons que ce n'est pas essentiel, et je suis tentée d'ajouter que nous étions ensemble ce matin-ci davantage pour des raisons de commodité que parce que nous sommes extrêmement liées, mais je ne voudrais pas vexer Delphine (encore qu'elle n'ait pas de véritables raisons de le prendre mal, mais... voilà). Mais la jeune fille retourne dans l'arrière salle voir David, et revient tout sourire en nous annonçant que cela ne lui pose aucun prolème de passer de l'une à l'autre sans pose, et elle inscrit le nom de Delphine juste sous le mien. Il est amusant, d'ailleurs, ce carnet de rendez-vous ; on n'y note que le prénom, le numéro de portable, et le motif. Enfin, cela me permet d'avoir la confirmation du fait que c'est bien David qui va me tatouer, et j'en suis soulagée. A l'avenir, je pourrai toujours demander à l'avoir lui, puisqu'il m'aura fait mon premier. Je n'aurais pas pu le faire en prétextant simplement que je me sentais plus en confiance, que c'était simplement une impression physique... Ou plutôt, j'aurais toujours pu le faire, et je suis certaine qu'ils auraient accédé à ma requête, mais je me serais sentie obligée de me justifier en racontant ma vision du tatouage, et un peu ma vie, et je n'y tenais pas vraiment, c'est trop personnel pour le faire devant quatre personnes (plus deux derrière un paravent, aux aguets l'air de rien) qui m'écouteraient attentivement. Il m'est même difficile de savoir quel a été l'élément déclencheur qui a fait que j'accepte maintenant que quelqu'un d'autre que moi touche à mon corps maintenant.
Je ne sais pas si je suis vraiment heureuse du fait que Delphine soit avec moi ce jour-là. Nous avons convenu du fait qu'elle viendrait avec moi dès l'ouverture, et que je resterai avec elle jusqu'à ce que le travail soit exécuté. Ce n'était pas un accord clair, mais je ne sais plus ce qu'elle m'a dit, et j'ai approuvé, et tacitement ça a été décidé. Je me sentais moins intimidée du fait qu'elle était là, mais d'un autre côté j'avais peur que nous soyions assimilée. J'ai bien senti le regard de la vendeuse sur elle quand elle lui a demandé à voir ses modèles de papillons, et l'a priori qu'elle a eu sur moi, quand elle m'a demandé ce que moi je désirais exactement. Cela m'a vraiment fait plaisir, et touchée, que son attitude change quand je lui ai dit ce que je voulais. Elle a compris que nous ne jouions pas dans la même cour. David l'a compris aussi, il me semble. J'aurais aimé accentuer cela en venant seule au rendez-vous, mais cela fait plaisir à Delphine, alors... et puis, en un sens, cela me va aussi. J'irai seule pour les prochains. Je sais que je pourrai m'exprimer même si Delphine est là. Ce n'est pas comme si elle risquait de porter un jugement négatif sur moi. C'est une fille simple qui a accepté l'idée que j'étais différente d'elle ; elle ne prétend pas me comprendre, mais elle est attentionnée et m'écoute quand je parle. Si je parle avec le pierceur de choses qu'elle ne saisira pas, elle écoutera simplement. Elle ne posera pas de questions idiotes. Quand nous étions à la fnac toutes les trois, à regarder les livres comportant beaucoup d'illustrations de tatouages, elles n'avaient pas la même vision que moi, c'était évident. Je l'accepte tout à fait.
Il y a quelques années encore, peut-être même quelques mois, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver un certain mépris pour les filles "simples", celles qui voulaient un tatouage parce que c'est joli (j'ai toujours, en revanche, une haine certaine pour celles qui en veulent un parce que c'est cool). En fait, j'ai appris que je ne pouvais pas en vouloir aux gens de n'avoir pas des cheminements aussi tortueux que les miens. J'envie leur simplicité, j'envie la facilité avec laquelle ils abordent toute chose. Je respecte Delphine, Hélène, Marion, etc, comme elles me respectent ; nous avons conscience que nous ne sommes pas du même monde, et pourtant nous arrivons à nous recouper sur certains points. J'apprécie vraiment ces quelques personnes que je connais de par ma scolarité, qui me permettent de voir des gens un peu différents de moi. Les personnes les plus proches de moi me ressemblent beaucoup - c'est normal, je suppose, je crois qu'une sensibilité commune (théorique ou empirique) est nécessaire pour parvenir à tisser un lien fort. Cela dit, le contact de gens à l'opposé de ce que l'on est est agréable, comme un bol d'air frais. Je ne suis pas sûre de pouvoir affirmer que j'en ressors enrichie, mais cela m'apporte de bonnes choses.
J'ai vraiment envie de parler avec David, comme j'ai aimé parlé avec la vendeuse (j'aimerais connaître son prénom), comme j'aimais parler avec Erick, car je ressens que nous ressentons la même chose. Je suppose qu'il s'agit de l'appartenance tacite à une catégorie commune dont parlent les sociologues. Elle est réelle, je n'en ai jamais douté, mais je me rends compte depuis peu à quel point c'est sympathique et chaleureux.

Ah oui, tant que je suis dans la catégorie des tatoos et piercings...
Je ne réagis absolument pas mal quand on me pose des questions relatives à mon piercing. Par exemple : "est-ce qu'on s'y fait ?" - "ça n'est pas gênant ?" - "ça ne fait pas mal ?", etc. En revanche, LA question stupide par définition, à savoir "et ce n'est pas gênant pour embrasser les garçons ?", m'horripile. Jusqu'à présent, il me semble que la seule personne qui me l'avait posée était Guillaume. J'avais répondu, amusée, et me disant qu'il était jeune (quinze ans), qu'il ne connaissait pas grand chose à ces histoires, et que de toute manière, le baiser restait quelque chose de très approximatif à cet âge. Mais hier, un ami d'Angélique (ma collègue), après les questions standard, a posé celle-ci. J'étais vraiment surprise ; est-ce qu'un type de vingt-cinq ans n'a pas un peu d'imagination ? Est-ce qu'il ne voit pas plus loin que le french kiss typique (j'entends par là, lèvres jointes et emmêlage de langues), est-ce qu'il ne se dit même pas que si les piercings à la lèvre étaient handicapants dans un domaine aussi important que celui-là, ils n'existeraient pas ? J'ai répondu de manière neutre et sympathique, mais la prochaine fois, je lui parle de Prince's Wands.

2.0

Je réorganise ce blog, ça devient du n'importe quoi. En plus des trois catégories déjà existantes, j'en rajoute une, où je range tout ce qui n'a aucun intérêt effectif, à savoir ma vie et moi. Il suffit de ne pas cliquer dessus mais uniquement sur les autres =)