31.08.2006
"Tu pues", ou le post intéressant du jour
Voilà ce que je me prends dans la figure alors que je rentre tranquillement chez moi. Ma soeur m'appelle du haut des escaliers, j'arrive, de toute façon, je n'avais aucune autre intention que celle de m'affaler sur mon lit. Elle me tend les bras pour un bisou, le fait, et me dit "ah mais tu pues !".
Je tiens donc à éclaircir ce point. Je ne pue pas. Il émane de mes vêtements une odeur tenace de friture et de grillade. C'est tout.
...
On sent que les vacances sont finies au bout du troisième jour de travail.
Les deux premiers jours, c'est amusant, c'est quelque chose qui recommence, certes, mais comme c'est un nouvel emploi, pour moi, cela s'apparente plutôt à un jeu. Mais le deuxième jour, quand tu reprends tes affaires dans la remise, et que, les jambes un peu douloureuses, tu marches vers l'arrêt de bus, tu te rends compte que cela va être comme ça tous les jours dorénavant. Je n'avais jamais réalisé que concrètement, la fin des vacances, c'était la fin de la liberté, que cela signifiait une routine imposée. Et pourtant j'aime vraiment cet emploi, c'est peut-être le meilleur de ceux que j'ai éprouvés jusqu'à présent. ...Passons les en revue (mais si, ça vous intéresse, voyons). D'abord... j'ai fait des déménagements, quand j'étais en troisième. On m'appellait parfois, le week-end, et j'allais charger et décharger des camions. C'était chouette, car étant la seule entité féminine, j'étais chargée de discuter avec les propriétaires, où voulez-vous qu'on mette ça, c'est fragile ce carton là, et, étant la seule assez svelte pour me permettre cela, de courir un peu partout pour indiquer aux gars où mettre les choses, entre les moments où je cherchais à prouver ma valeur en soulevant des choses plus grosses que moi. Ensuite... J'ai fait des travaux de couture, des repassages et des ménages, pendant la période du lycée (et encore à la fac pour la couture) ; ça me plaisait bien (la couture, évidemment, ça passe tout seul, mais le reste aussi ; j'aime prendre soin des choses qui ne sont pas à moi). Avant la rentrée en première année de fac, j'ai travaillé à Mc Do (il n'y a pas de sot métier), pendant un mois, que j'ai essayé de faire passer vite en m'assignant toujours à la corvée de toilettes - je remercie des gentils collègues qui me cédaient toujours leur tour en ne comprenant jamais pourquoi j'y tenais tant - car au moins, je ne voyais personne. Pendant la deuxième année de fac, j'ai donné des cours, d'anglais, principalement. Il y a quelques mois, j'étais dans un palace en Grande Bretagne à servir le thé à des évèques, et maintenant, me voici, après deux mois de repos bien mérité, de retour sur le marché.
Cette fois, c'est un travail que j'aime vraiment beaucoup, je fais des kebabs dans une guinguette qui n'est qu'à dix minutes de bus de chez moi (ou un quart d'heure de vélo, mais... je prendrai mon vélo en photo, un jour, vous comprendrez). Je suis avec une patronne très gentille qui a une fille de mon âge (et pour cela, elle se prend pour moi d'une affection touchante) et une collègue agréable. Les deux y travaillent toute la journée ; moi, je suis la cavalerie qui arrive en renfort le midi, quand on ne sait plus où donner de la tête. Ce sont des horaires parfaits, à savoir quinze heures par semaine, cinq jours par semaine.
Je n'ai pas de responsabilités harassantes, mais mon travail demande assez d'organisation, de rapidité et d'initiative pour que le fait de réussir me procure une satisfaction personnelle, et pas seulement le contentement du travail accompli. Je ressors de ces trois heures avec les mains brûlées au second degré (la gauche pour les moments où je tiens les kebabs qui sortent juste de la presse pour y rajouter les frites, et la droite pour les moments où je coupe la viande sur le plateau tournant), les jambes lourdes, une chaleur corporelle avoisinant les 45°C, et un haut couvert de sel et autres petites particules inidentifiables. Ah oui, et je dégage une odeur de kebab à plusieurs mètres à la ronde. Quand je rentre chez moi, je me débarrasse de mes vêtements pour m'ôter cette insupportable impression d'avoir été plongée dans une grosse friteuse, et je les mets dans un sac pour pouvoir les remettre le lendemain sans qu'ils chargent l'atmosphère de la pièce. Mais ça me plaît. Et je peux manger toutes les frites que je veux (je n'en veux pas, mais j'apprécie le principe).
Il y a un centre commercial à côté, pour les jours où j'arrive trop tôt et où je ne sais pas quoi faire en attendant (Patricia (ma patronne) refuse que je fasse des heures supplémentaires. Dès qu'il est deux heures, tu t'en vas, tu n'as pas à rester plus longtemps. OK. Si j'arrive trop tôt également, elle regarde sa montre l'air de dire "non mais oh".). Donc je vais flâner... ce qui n'est pas raisonnable... encore que, comme j'ai à nouveau des rentrées d'argent... si, c'est raisonnable.
Quand j'arrive, à onze heures, je remplis le présentoir à boissons, ce qui me prend un petit quart d'heure. Ensuite, je vois, j'ai le choix entre replacer la salle, donner un coup de chiffon, aller chercher du pain... bref à onze heures vingt, d'un commun accord, tout le monde s'assoit en attendant les clients. Patricia et Angélique mangent, moi je sirote quelque chose. Jusqu'à midi, c'est très tranquille, quelques clients enjoués, des habitués de la maison, qui me facilitent le travail. Mais l'heure et demie qui suit est infernale. Nous sommes deux, ou trois même, dans une cuisine qui ne dépasse pas les huit mètres carrés (surface occupée par l'électroménager comprise). Je n'ai qu'une plaque chauffante por faire un maximum de steaks et de merguez en un temps record, et j'ai calculé que j'étais en contact avec les frites au moins deux fois par minute. Par chance pour les clients, j'ai une hygiène irréprochable.
Voilà. J'avais bien prévenu que c'était intéressant.
Mmh mh mh mh mh mh mh...
Tant que j'y pense... lorsque que je suis allée à la boutique la première fois, j'avais croisé le fils de la patronne (il l'avait appelée maman, aucun doute possible), et qu'est-ce qu'il était charmant *_^ typé adolescent rebelle, c'est à dire cheveux qui tombent dans les yeux, tee-shirt noir large avec logo d'un groupe métalleux quelconque, jean qui menace d'embrasser le sol au moindre soubresaut... et avec un joli visage, pour ne rien gâcher. Je n'avais pas de vues sur lui (je n'aime pas beaucoup cette expression, alors pourquoi faut-il que je la ressorte si souvent ?), j'avais juste pensé qu'il me plaisait. Eh bien, aujourd'hui, j'ai appris qu'il avait quinze ans. Je suis irrécupérable. J'assume parfaitement le fait que je sois davantage attirée par les garçons plus jeunes que moi (question d'effet de canonisation qui n'a jamais aucune incidence sur la réalité), mais si je ne sais même plus me rendre compte de leur âge, je vais finir en prison.
[Hors sujet : je repense au cas de Pluton. Je trouve qu'il est très méchant et très indélicat de dire à quelqu'un que c'est une planète, et finalement non, désolée, tu n'es plus une planète, juste un petit tas. Rien que pour éviter ce préjudice, on aurait dû la garder.]
15:25 Publié dans And Stay Fashionable | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.08.2006
Aux gens un peu bizarres comme moi
Alors que je reviens, je ne peux m’empêcher de voir le nombre de visites mensuelles, que blogspirit m’affiche en première page, d’un air triomphant, ai-je envie de dire. Ces chiffres m’ont toujours étonnée, mais encore plus alors que je n’avais pas écrit depuis longtemps (et donc, que mon adresse n’avait pas eu l’occasion d’apparaître [vous savez quoi ? mon ongle de l’index droit est trop long, si bien que c’est avec lui que je tape et pas avec le doigt à proprement parler. C’est agaçant] sur la page d’accueil de blogspirit). Ce ne sont pas les quelques personnes, qui se comptent sur les doigts d’une main, de mes connaissances à qui j’ai moi même donné l’adresse qui remplissent ces statistiques (ou alors, vos journées sont bien tristes). Ensuite il y a mimy, seule visiteuse à avoir laissé des traces de sa présence, mais cela reste le même principe ; sauf désœuvrement total, elle ne peut (ou tu ne peux ? j’ai du mal à choisir mes mots quand je ne sais pas à qui je m’adresse, ce qui est compréhensible, mais quand je le sais, ça n’en devient pas plus facile pour autant) passer ses journées à cliquer frénétiquement sur le lien vers mon blog. …Qui, dans ce cas ? De gentils inconnus ?
A vous, donc, gentils inconnus.
Vous qui, tapis derrière vos écrans, ne se lassent pas de satisfaire votre curiosité perverse (quelque part, c’est indéniable) à lire mes lignes, je vous salue. Je ne sais pas combien vous êtes, qui vous êtes, et si jusqu’ici vous n’avez rien laissé paraître de vos lectures, de deux choses l’une : soit vous n’osez pas, ne pensez pas que cela soit approprié, ou préférez rester discrets ; soit ce que je dis vous afflige tellement à chaque fois que vous n’avez pris l’habitude de venir que pour tromper un ennui mortel et rire du pathétique de mon être. J’avoue avoir une préférence pour la première hypothèse, encore que, si jamais il s’avérait que vous fassiez partie de la deuxième espèce, je vous encourage à rester et à continuer vos agissements ; il est nécessaire de trouver pire que soi pour surmonter la vie. Moi, en général, je regarde certaines émissions, et au vu de la sapience supra universelle qui émane des participants, j’ai toujours l’impression que je peux vivre tranquillement, car il me reste une grande marge avant de tomber aussi bas. Mais bon, chacun trouve les moyens qu’il peut pour se convaincre qu’il n’est pas insignifiant.
Bref, je ne sais pas si vous vous vouez au silence éternel ou non, mais je tenais à vous faire un petit coucou personnalisé (ne sentez-vous pas, en ce moment précis, comme un petit quelque chose qui vous gratouille le dessus de la main gauche ? voilà, c’est moi). Il est très étrange de me savoir lue, quand il s’agit de choses qui ne font qu’illustrer mes petites pérégrinations, autrement dit, dont l’intérêt est assurément très relatif. Je comprends ce fait, car il m’arrive également de me perdre dans certains blogs, sans pour autant avoir la volonté de m’y immiscer. Disons que j’aime cela, car, dans un premier temps, cela peut être instructif, et dans un second temps, c’est un contact humain à sens unique, sans implication, sans peur, sans déception. Ce que tout le monde recherche un peu, me semble-t-il. Quand bien même, au détour d’un blog, je me sentirais attirée par une personne, je ne lui dirais pas. Ou alors, sans rien laisser de moi. Parce que j’aime les choses inachevées, avortées même, celles qui laissent l’espoir de ce qui auraient pu être [je devais juste vous passer un bonjour, et je parle de moi, finalement].
Parce que quand les choses sont, elles sont, un point c’est tout ; impossible de revenir en arrière, impossible d’effacer et de refaire en mieux, impossible d’imaginer sans être déçu de ce qui sera vraiment. Je préfère croiser un garçon / une fille dans la rue, échanger un regard, et repenser à lui / elle par la suite, dans un moment vide. Juste penser à ce qu’il aurait pu se passer, à ce que peut être cette personne, à ce que nous aurions pu avoir en commun. Et créer des petits rien, des petits rien parfaits, sans concession, sans aléa intempestif, mes petits rien à moi toute seule. Comme tomber amoureuse de personnes inaccessibles, ou d’images, de textes ; il n’y a pas de retour possible, pas de tristesse possible.
Mais il me semble que je m’égare. Revenons à vous, donc. Je ne crois pas que le mot « remercier » corresponde à ce que je voudrais dire, alors plutôt… disons que je vous considère (bon d'accord, j'aurais pu trouver un meilleur mot). Je me rends bien compte que de temps en temps, vous êtes là, et c’est déstabilisant, c’est gênant, mais tout de même, ou peut-être pour cela, j’aime le sentiment que m’évoque votre « présence ». Cela rejoint ce que je disais plus haut, vous êtes comme des petites possibilités qui gravitent sans se poser, cela me plaît. Néanmoins, si jamais un d’entre vous venait à atterrir, il serait le bienvenu. Il s’agit juste de savoir si on a suffisamment confiance en la réalité ou non. Personnellement, je ne crois pas en la réalité ; si vous y croyez assez pour deux, et dans ce cas seulement…
21:10 Publié dans Errances | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
All about me
Je suis toute désolée et je tiens à m’excuser platement de cette inactivité momentanée. Je m’octroie quelques jours de vacances, et quand je reviens, surprise, je suis désolée Marion mais je crois que j’ai cassé ton ordi ; je l’ai remis d’aplomb depuis quelques jours, et je reviens sur ce monde virtuel (mais le monde dans lequel nous vivons n’est-il pas fallacieux lui aussi ? Si, mais ce n’est pas le moment, j’y reviendrai plus tard, attends). Bonjour !
Je vais me remettre à ce blog, maintenant. Il y a des tas des choses nouvelles ici-bas.
Le monde est toujours aussi étouffant, la nature humaine est toujours aussi pitoyable, mais moi ça va. Je suis dans une période haute, et depuis quelques mois je les vis bien. Je ne pense plus à l' "après", je reste juste dans cette euphorie passagère, car juste pour quelques semanes, quelques mois, tout est possible. Je suis consciente de ne pas être "guérie", et par conséquent que je ne devrais pas me satisfaire de cela, mais jusqu'à ce que j'aie trouvé un meilleur moyen, je préfère me mettre des oeillères. Il se peut qu'il se passe quelque chose de bien dans les prochains jours, quelque chose sur quoi je compte assez. Donc, d'ici-là, je suis dans une sorte d'expectation exaltée et tendue, assez agréable. J'attends, et comme je suis de bonne humeur et que j'ai lu tous mes livres, je vais écrire.
Bref, tout ça pour dire que je reviens, car c'est la grande forme =) Et je m'excuse encore de mon silence :]
11:15 Publié dans And Stay Fashionable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note