18.09.2006

Toujours plus loin dans les sujets graves

Comme je l’avais annoncé précédemment, je suis allée faire un tour dans des boutiques de lingerie fine. (Ce qu’il y a de bien, dans mon blog, c’est qu’on y trouve de multiples péripéties et des histoires qui se suivent.)
Donc, le constat est le même. Voilà, on ne va pas en parler trois heures, les petits seins n’ont plus leur place dans cette société. Ceci étant, et sans épiloguer davantage sur la déchéance de l’appréciation mammaire de l’humanité, je tiens également à parler d’un sujet sensible (merci à Kao' de m’avoir soufflé l’idée) : les strings. Je sais, mes sujets sont diablement éthérés, ces temps-ci.
Quand je suis entrée dans la boutique, j’ai eu l’impression d’assister à une réunion, un meeting, que dis-je, une congrégation du string. La répartition fessière de nos mannequins en plastique (recyclable) est la suivante : 60% slips ou culottes (je fais une distinction, peut-être fausse, entre les deux : les culottes sont pleines (elles recouvrent les fesses entièrement) alors que les slips non), 40% strings (ne sont bien sûr pas pris en compte ceux qui ne portent aucun des deux, c’est à dire les nuisettes, les shorties et les tout nus annonçant les promotions). Je suis encore heureuse de constater que les slips et culottes sont majoritaires, mais je pense qu’il faut surtout attribuer cela au fait que les mannequins ont pour postérieur en tout et pour tout un bloc pvc ne comportant que rarement l’incision bien pratique pour maintenir en place ce genre de sous vêtements à ficelle. Il est fort possible que certains modèles en soient dotés, mais comprenez que mon grand sens des conventions m’empêche d’essayer d’aller tirer cela au clair de trop près. Bref, il s’avère en réalité que tout ceci n’est qu’une gigantesque supercherie, car en pratique, lorsque l’on repère un modèle séduisant, et que par une chance inespéré il y a notre taille, on est rapidement déçu de constater que si l’on souhaite acquérir le bas assorti avec ce joli soutien gorge, nous n’avons pas vraiment le choix, car seul le string nous est proposé. Cela ne fait pourtant pas si longtemps que le string, il me semble, a pris son envol ; il y a quelques années encore, il était associé à la vulgarité et à certains films pour public majeur. Il est incroyable d’avoir à réaliser qu’aujourd’hui, désirer porter quelque chose d’un peu plus consistant qu’un triangle de tissu relié à trois ficelles, c’est très désuet.
Il y a deux séries d’arguments majeures que j’opposerais au monopole du string. La première relève d’une considération esthétique et sensuelle ; c’est donc très subjectif, en un sens (mais c’est mon blog, d’abord, suis-je tentée de réfuter), mais je soupçonne qu’il serait aisé de se rallier à certains arguments. Je trouve qu’un string, en soi, est quelque chose de tout à fait charmant. J’apprécie certaines des photographies qui les mettent si bien en valeur, et je suis capable de trouver ravissant un string dans une boutique. Mais mon problème est le suivant : je trouve qu’un string ne s’accorde pas avec un soutien-gorge. Le soutien-gorge est quelque chose de trop volumineux, qui court un trop long chemin sur notre corps pour pouvoir l’associer à quelque chose d’aussi petit. Je sais bien que certains strings sont autant pourvus en tissu, dentelles, rubans, et autres petits accessoires délicieux que certains slips, mais tout de même, ce contraste me frappe. Si l’on regarde une femme de dos, qui porte un string et un soutien-gorge, je trouve que visuellement parlant, cela ne la met pas en valeur. Elle a l’air d’être harnachée… tandis qu’un dessous plus épais rétablirait l’harmonie. La répartition du tissu doit à mes yeux obéir à une division relativement égale pour les deux partis, sinon, cela n’est pas agréable à voir, l’un est obligatoirement mésestimé par rapport à son congénère.
Et puis, je n’associe pas la sensualité au nu, ou au minimalisme vestimentaire. Je ne pense pas que plus on en montre, plus c’est sexy. Chaque chose se découvre en son temps (ou pas, mais alors, cela s’appelle communément un râteau). Cette tendance à fabriquer des modèles de dessous et de maillots de bain de plus en plus réduits m’exaspère. Elle semble vouloir me hurler que j’ai des goûts lamentables, mais il se trouve que je suis insensible à ces assauts.
Maintenant, il m’est inévitable de parler d’un élément certes déprimant mais tout à fait concret : on ne peut porter de string que si l’on ressemble à la dame sur les panneaux muraux Aubade. Si l’on a le malheur d’arborer plusieurs kilos en trop, le contraste évoqué précédemment est encore plus visible ; si à l’inverse on est trop mince, toute la dimension suggestive et coquine du string disparaît en proportion de sa trop grande apparition, à lui. Vous me rétorquerez (et vous aurez bien raison de rétorquer, j’aime les lecteurs vivants) que cela dépend avant tout de l’idéal féminin que chacun se fait et de sa vision de la chose. Ceci est en partie vrai, mais d’un autre côté, les vêtements de lingerie ne sont-ils pas dessinés pour ces femmes au corps parfait, et les déclinaisons en tailles différentes ne sont-elles pas que des adaptations de la chose, et en conséquence, il me semblent qu’elles n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une réflexion suffisante sur ce que cela donnerait effectivement. Car nous vendons du rêve, nous vendons des idéaux pour de simples êtres humains.
La deuxième considération est, bien entendu, pratique. Les strings, c’est drôlement bien parce que, quand on porte un pantalon serré, on ne voit pas la marque du slip. D’accord. J’accepte cet argument. Mais.. je ne suis pas sûre d’avoir saisi à quel moment exactement on a déclaré qu’il était disgracieux de deviner les élastiques des slips sous les pantalons. Personnellement, je trouve cela charmant ; je ne scrute pas les postérieurs de ces demoiselles dans la rue, mais si par hasard je le remarque, cela me fait sourire. C’est comme un petit défaut qui transparaît ; j’apprécie ce genre d’inachèvement, de petit détail laissé involontairement, de la même façon que j’apprécie un chignon légèrement défait. Cela fait partie des aléas, des choses du quotidien, des choses normales. Je trouve dommage d’avoir crée un string et d’avoir établi en convention le fait que c’était un sous-vêtement plus esthétique. Je suis consciente que notre conception de la beauté est difficile à détacher de celle de la perfection, mais je regrette que petit à petit, on ne nous laisse même plus le choix.
Cela rejoint un peu le délicat problème de la vulgarité effective ou non du string qui dépasse du pantalon. Si le sous-vêtement dépasse juste un peu, de sorte qu’on ne voie qu’un peu de dentelle, je n’ai rien contre, cela peut même être très joli. Mais s’il dépasse à tel point qu’il n’y ait plus aucun doute possible sur le ait qu’il s’agit bien d’un string, je trouve cela obscène. Outre le fait qu’une telle exhibition de sous-vêtements me semble déplacée (particulièrement chez des gamines pré pubères, mais c’est une autre question), je ne comprends pas le côté sensuel de la chose. On voit trop, il n’y a plus rien à chercher.
Parlons confort, à présent ; je suis toute prête à entendre des filles exprimer à quel point les strings sont agréables à porter. En ce qui me concerne, je ne partage pas ce point de vue. C’est peut-être bien en grande partie une question d’habitude. Etant accoutumée aux slips, il m’est très étrange d’avoir quelque chose qui – comment dire cela de manière élégante ? – s’immisce dans une partie très intime de mon anatomie. J’ai en permanence tendance à vouloir remettre en place quelque chose qui ne peut l’être. J’avais essayé, pendant un temps, d’en porter pendant plusieurs jours d’affilée afin de me prouver que l’on s’habitue à tout. Et si effectivement la sensation de dérangement s’estompe – sans jamais disparaître totalement toutefois – d’autres désagréments se sont posés à moi. J’avais l’impression de ne pas être assez couverte, d’être nue sous mes vêtements, parfois. Pour résumer, question confort, je repasserai. Mais si toutefois, une personne appréciant les strings et ayant un autre point de vue que moi sur la question lit ces lignes, je serais ravie d’entendre cet avis contraire.

Voilà mes récentes découvertes et désillusions, dans le domaine si prisé des dessous féminins… Et je n’ai même pas parlé de la combinaison soutien gorge rembourré / string. Je ne sais quel courant d’art moderne prône cette association maximaliste / minimaliste, mais je subodore que ce soit pour illustrer le paradoxe et la vacuité de l’être. Quoi qu’il en soit, c’est tout à fait laid, mais je suppose que mon œil n’est pas apte à apprécier ces choses de goût.
PS. Après, je m’étonne qu’on tombe sur mon blog en tapant des termes sexuels. J’ai parlé de fesses pendant toute la durée de ce post.
…Je me dois de me racheter, et de faire remonter l’estime hypothétique que mes lecteurs hypothétiques pourraient hypothétiquement avoir pour moi. Plus tard, je vous parlerai d’amour.

02.09.2006

Le monde des fortes poitrines

Comme j'ai dû déjà le dire, à côté de mon boulot il y a un centre commercial ; entre autres boutiques, la Halle aux vêtements. Hier matin, j'arrive en avance, je vais y faire un tour, et parce que je suis attristée par la vue de jolis petits hauts à manches courtes, je vais directement au fond du magasin, jeter un oeil aux sous-vêtements.
Rapidement, je suis choquée par ce que je vois et force est de me rendre à l'évidence : il n'existe pas de soutien gorge à ma taille qui ne soit pas rembourré. ...Nonobstant l'affreux sous-entendu qui est censé m'atteindre en plein dans mon ego "vite, rembourre ta poitrine, ça ne va pas", je vais voir dans les nuisettes, guêpières, et autres petites choses que j'affectionne, et je me retrouve face au même problème. Hormis le fait qu'on peut avoir une poitrine discrète et ne pas vouloir la doubler de volume, cela était tout à fait ridicule visuellement parlant. Nous avions des petites nuisettes très près du corps, faites des textiles les plus sensuels et les plus fins ; voile noir avec petite chute en dentelle, lacets... imaginons un instant... *moment érotique 1* tu portes cette petite chose sur toi, car tu attends la visite de ton amant... tu es magnifique et il te désire des yeux... s'approche de toi, place ses mains autour de ta taille et descend vers ton bassin... tu frémis sous les petites touches délicates de ses doigts... il effleure la dentelle et ta peau, remonte vers le haut... ses doigts se déplacent doucement vers ta poitrine et tout à coup... tu ne sens plus rien car toute sensation est bloquée par deux énormes coussins type mongolfière molletonnée. De son côté, c'est la même chose, ses capacités tactiles sont honteusement mises à mal par cette mousse qui obstrue toute sensualité, et, faute de parcourir ton corps, il a l'impression de tâter les sièges des voitures au salon de l'auto.
Autre cas de figure *moment érotique 2* il semblerait que ce soir soit le grand soir... il t'emmène dans son appartement, t'offre un verre (pour te faire croire que mais non, il n'y a pas que tes fesses qui m'intéressent, on peut parler, aussi)... de fil en aiguille, vous vous rapprochez, il effleure ton bras... t'embrasse... glisse ses doigts sous ton tee-shirt (bon d'accord, il va peut-être vite pour un premier soir placé sous les auspices de la romance, mais je n'ai pas toute la journée moi) pour finir par te l'enlever... il te regarde rapidement, et entreprend de s'attaquer (entreprise périlleuse pour les garçons, qui ne maîtrisent pas bien la chose) à ton soutien gorge. Un quart d'heure plus tard, à bout de nerfs, il y arrive enfin ; harrassé mais victorieux, il brandit son trophée en criant hourra, hourra, et se rend compte qu'il a à la main quelque chose de plus gros que ce qu'il a sous les yeux. Quoi, tout ça pour ça ? S'il est gentil, il ne fera pas de réflexion, mais sa déception est grande. Et après, tu t'étonnes qu'il s'abonne à Canal+. ..Comprenons-nous bien ; son problème n'est pas que tu aies la poitrine de Vanessa Paradis, ça, il s'en fiche, mais ce qui l'a désappointé, c'est que tu l'aies trompé sur la marchandise. La pauvre est un garçon, il ne sait pas reconnaître les soutiens-gorges rembourrés des non rembourrés au premier coup d'oeil. Et toi, tu profites de cette faiblesse pour l'illusionner. C'est mal. Ils viennent à peine de comprendre que les Wonderbra montaient la poitrine, et on les assaille à coup de coussins.
Revenons à mon cas. Je n'estime pas avoir une poitrine qu'il faille absolument cacher ou gonfler. J'aime beaucoup mon [*85B, mais chut c'est un secret*], et j'aime la façon dont il entre dans mes vêtements, dont je le porte, dont je l'habille. Je n'ai jamais ressenti la nécessité de l'augmenter et je n'ai jamais triché avec ce genre de sous-vêtements, cela dit, je comprends que d'autres le veulent, et je l'accepte. Mais pour avoir plus ou moins vécu ces situations, je peux dire que c'est tout à fait haïssable du point de vue du garçon. On peut encore tolérer qu'une fille porte un soutien-gorge rembourré sous un haut qui le recouvre totalement, pour augmenter le volume de sa poitrine en public. Mais en privé... les soutiens-gorge truqués sont déjà détestables, si maintenant on décline la lingerie coquine et de nuit en mode ballon de plage, que reste-t-il ? Je pense que l'on peut facilement s'accorder sur le fait que ces soutiens-gorges n'offrent que des avantages visuels, mais que tactilement, c'est lamentable. Or, qu'est-ce que l'intimité si ce n'est pas en grande partie tactile et sensuel ? Je ne sais pas.
Ce qui me frappe également, c'est que les toutes jeunes filles qui découvrent à peine qu'elles commencent à avoir de la poitrine ne sont pas épargnées. Clairement, elles ont le choix entre des jolis soutien-gorges ("joli" ne veut pas dire affriolant, juste "joli") avec coussinets incorporés, et des brassières petit bateau. Quand on aspire à sortir de l'enfance, inutile de dire qu'on penchera pour les vrais dessous. Si bien que la jeune fille en question passera directement de "petits seins un peu embarrassants" à "poitrine de top model". On fait difficilement moins discret ; je ne me rappelle pas, quand j'avais douze ans (époque à laquelle mettre un soutien gorge rembourré semblait ridicule pour notre âge), que le fait de porter un soutien-gorge ait représenté un cap autre que psychologique. Aujourd'hui, je me demande comment on peut le vivre avec sérénité, étant donné que cela devient automatiquement de notoriété publique dès le port des premiers ballonnets.
Je me demande quand exactement les distributeurs de lingerie ont convenu qu'en dessous du 90C il était impératif de rembourrer sa poitrine. Je persiste à croire, mais peut-être ai-je tort, qu'il doit subsister en ce monde un bon pourcentage de la population qui aime les petites poitrines, et que de même il perdure une catégorie de filles qui se plaisent avec leur petite poitrine. Je me demande à quoi c'est dû ; j'ai du mal à concevoir que ce soit seulement à cause de l'omniprésence des médias qui véhiculent l'image de la blonde à gros seins (et n'oublions pas les brunes, avec Angelina Jolie, Monica Bellucci & co), car je connais plusieurs filles que ce genre de choses n'atteind pas qui ont recours au rembourrage. L'idéal esthétique commun serait-il à ce point marqué par cette caractéristique physique que chaque fille se voie désormais contrainte à utiliser ces artifices ?
Je ne suis pas un garçon, mon appréciation de la chose découle donc de ce triple point de vue que sont celui de la fille, celui de l'hétérosexuelle et celui de la lesbienne. Je ne saurais pas dire si mon opinion n'en est que plus intéressante car pluri-empirique (si, ce mot existe certainement), ou si elle en devient confuse et trop mitigée.
Bientôt, j'irai faire le tour des magasins de lingerie haut de gamme, voir si je retrouve le même schéma. Je vous tiens au courant.

28.06.2006

Out

medium_9782020789530.jpegOut, de Natsuo Kirino
Out raconte l'histoire de quatre femmes travaillant à la chaîne dans une usine de bentô. Entre leurs vies médiocres et leur travail abrutissant, on aperçoit à peine leur véritable personnalité, leurs rêves, leur vraie identité. Mais un jour (car il faut bien un rebondissement, vous imaginez, 500 pages comme ça, on se lasse) l'une d'elle tue son mari. Mince. Il faut cacher le cadavre. Solidarité féminine, faisons ça toutes ensemble. Une enquête de police a lieu, et c'est le propriétaire d'un établissement de jeux et de femmes dans lequel se rendait souvent la victime qui est soupçonné. Finalement relâché, il entreprend, lui, de démasquer le vrai assassin. (Suspense)
Plusieurs autres personnages se mêlent à l'intrigue, ce qui crée une toile complexe, bienvenue dans les méandres du système humain, la mort, la vie, le rêve, etc.

Avant de parler du livre en lui-même, je voudrais un moment pour la personne (elle est anonyme (tu m'étonnes) mais a écrit sa critique pour le Library Journal) qui a donné son avis sur le livre. Je cite : "Retournements, vigueur du récit et conclusion, voilà qui ravirait Hannibal Lecter". Ceci n'est pas pris hors contexte, c'est la phrase pour faire vendre, la seule, mise au dos du livre. Bon. Donc, là, nous ne parlons à l'évidence pas du même Hannibal Lecter. Y aurait-il des homonymes quelque part en ce monde ? La personne qui a lu ça n'a probablement JAMAIS OUVERT un Thomas Harris de sa vie. Au mieux, elle aura vu Dragon rouge, vous savez, le film débile de Brett Ratner. Cela peut expliquer les conclusions stupides telles que Hannibal = découpe de cadavres (et encore, faudrait franchement pas avoir suivi).
Pouf, pouf.
Tout ça pour dire que cette allusion à Hannibal Lecter placée ici dans le but d'attirer le lecteur avide de "dingues" et de sang m'horripile au plus haut point. Ce bouquin est assez insipide, il fallait bien quelque chose pour le faire valoir, certes, mais laissez les monstres sacrés où ils sont (s'il vous plaît).
Pourtant, le thème en lui-même était riche. Le travail à la chaîne, la frustration, la passion, la liberté, le conditionnement... il y a là de quoi créer une tension très puissante. Ben non, faute de ça, on a un déroulement typique des dosages américains (tel pourcentage de violence, tel pourcentage de sexe) complètement innefficace (certains sont efficaces, comme Stephen King ou Philip Margolin, qui se laissent lire avec délectation malgré leur caractère commercial). Les - disons - deux cent premières pages laissaient présager quelque chose de tout à fait intéressant ; le récit nous parvient à travers un point de vue interne, le personnage examiné changeant à chaque chapitre. On a rapidement un panel de personnages attachants ou répugnants (ou mille autres adjectifs, tick the one you choose), ainsi libre à nous d'avoir nos préférés, d'attendre avec impatience la suite de leurs aventures au pays des paniers-repas. C'est probablement la meilleure façon de ressentir la détresse de ces femmes. Mais, paf, à un moment cette alternance de points de vues s'interrompt, ou plutôt s'effiloche ; certains ne sont plus du tout représentés (je pense à Yoshie, qui pourtant a une histoire très riche à mon sens, il est dommage de ne pas en avoir tiré profit), d'autres apparaissent (Kazuo, je t'aime :D) ; certes, c'est la progression logique du récit, il est nécessaire, quand l'enquête prend le pas sur le reste, de se focaliser sur certains personnages, mais il n'est pas honnête d'abandonner totalement la première partie. Ni honnête, ni très judicieux, à mon avis, car cela donne au final deux récits raccordés, et pas un roman unifié. Ou plutôt trois récits ; un, psychologie, deux, enquête, trois, action. La partie psychologique est, comme je l'ai déjà dit (parfois, je crois que j'aime bien me répéter) très intéressante ; la partie policière n'est pas mal menée du tout mais balaie totalement ce qui a été fait précedemment ; la dernière partie, le dénouement dans le sang et le sexe pervers, n'est rien d'autre qu'un dénouement dans le sang et le sexe pervers, d'une profondeur psychologique minimale. Il fallait apporter une conclusion un peu excitante à ce récit, voilà, c'est fait, merci de votre lecture, à la prochaine peut-être. Car oui au final, on le lit quand même jusqu'à la fin, ce livre, même s'il est horripilant que le couple Masako/Satake accapare les deux dernières parties. On veut quand même savoir lequel des deux (ou aucun, ou les deux, ou tout le monde, qu'est ce qu'on s'en fiche après tout) restera en vie à la fin. C'est juste pour ne pas avoir cette ignorance intolérable dans nos coeurs jusqu'à la fin de nos jours. C'est stressant, et le stress, ça tue.
J'avais sauté dessus quand je l'ai aperçu à la médiathèque, parce que cela faisait de nombreux mois que j'attendais qu'il soit traduit en français (après l'expérience Hirano, je n'avais pas envie de replonger dans un livre en japonais tout de suite). J'avais vu alors un reportage sur l'adaptation cinématographique de ce livre (qui est sorti au Japon il y a plusieurs années), et les images m'avaient convaincu. L'auteur disait aussi quelques mots sur son bouquin, j'avais noté quelques "clefs de lecture" qu'elle donnait, des petits indicatifs sur la psychologie des personnages, qui m'avaient semblé hautement précis et intéressants (sur un post-it (ça ferait rigoler Hélène, tiens) qui était accroché depuis plusieurs mois au dessus de mon bureau). Mais en fait, en lisant le livre, je me suis rendue compte que ce qu'elle disait n'avait rien de pertinent pour le lecteur, étant donné que n'importe quel attardé est capable de tirer les mêmes conclusions ; à vrai dire, le terme est impropre, ce ne sont pas des conclusions auxquelles il faut arriver au bout d'heures acharnées avec ses petites méninges, c'est le B-A-BA, ce que toute personne qui sait lire et qui n'a pas besoin qu'on lui explique les mots avec des vignettes autocollantes est en mesure de comprendre. Je vais donner une explication plus parlante de ce que je dis. Vous voyez Koh-lanta (le sable, la mer, les gens tout nus, etc) ; la caméra (petite vicieuse, va) filme des gens en train de se houspiller franchement. Ca crie, ça injurie, ça tape ; impossible d'avoir le moindre doute quand à la nature des sentiments qui animent ces joyeux drilles. Eh bien, vous aurez quand même (et ce à chaque fois, c'est une règle absolue) un sous-titre qui vous précisera : "Machin et Bidule ne sont pas d'accord."
Parce que, des fois, le spectateur/lecteur est con.
Pour conclure sur Out, je dirais que ça se laisse lire. Sur une plage, alors qu'on bronze et qu'on cherche juste à enfouir sa tête entre les pages d'un bouquin pour se donner une contenance (en plus, le bouquin est assez épais, alors, ça fait intelligent). On n'en ressort pas avec un sentiment nouveau sur l'homme (j'ai l'impression que tel était le but de l'auteur, quelque part (?)) - à condition d'avoir déjà ouvert plusieurs livres dans sa vie. Concrètement, si vous ressortez de ce livre avec l'impression d'avoir découvert une nouvelle facette de l'âme humaine, d'avoir effleuré pour la première fois la dimension de solitude et de monstruosité de nos caractères, j'ai envie de vous dire qu'il faut sortir plus souvent. Ce livre est distrayant comme un épisode de Julie Lescaut : peu original, peu profond, traité en survol. Du prémâché servi froid.

03.03.2006

Comment dire non au sexe à l'école ?

-- Pour ce post, je créé une nouvelle catégorie, Lowlights : ) --

Avant-propos : je certifie de pas avoir modifié les phrases ci-dessous tirées des prospectus des témoins de Jéhovah. Les passages tronqués ne modifient pas le sens du texte. Ce qui est en italique vient d'eux, le reste de moi. J'ai coupé les parenthèses qui donnent les références précises des passages bibliques dont il est question. Si vous les voulez, contactez-moi au 06.43.47.89.54.10.23 . Les prénoms cités sont changés par moi, mais ils l'avaient déjà été par eux, remarquez ma grande délicatesse. Ah oui, et ce que je dis n'engage que moi. Voilà.
AMES INFLUENCABLES S'ABSTENIR

Illustration n°1 : un jeune africain (est-ce politiquement incorrect de dire "un jeune noir" ?), tout mignon avec son petit sac à dos, face à deux jeunes filles, une asiatique et l'autre peut-être maghrébine, en petit T-shirt, qui lui envoient des bisous. Ah les putes, comme dirait mon grand-père devant Santa Barbara.

Témoignages :
"Tous les jours, les élèves parlent de sexe. Les filles vont même à la chasse aux garçons, et ils couchent ensemble ici, au lycée." - Emilie, 16 ans
"Dans mon lycée, les homosexuels font des choses immorales à la vue d'autres élèves, et ça ne les dérange pas." Marc, 15 ans


D'accord. Donc, chez vous les gens, on n'est pas raciste mais homophobe. C'est déjà bien, a-t-on envie de dire XD
(Les homosexuels font des choses immorales ? Comme quoi ? *_* )
Et elles veulent me faire signer ? Tss tss attention, je suis une créature immorale, et ça ne me dérange pas =D ("Vous êtes croyante mademoiselle?" - "Non, bisexuelle pratiquante" aurais-je dû répondre)

Vos camarades de classe parlent-ils constamment de sexe ? (Non j'dirais pas ça) Certains passent-ils même à l'acte ? (pas devant moi) [...] Peut-être entendez-vous vos camarades parler du "sexe pour le sexe", par allusion à des relations sexuelles dépourvues de sentiments. (oui, c'est la folie depuis Thelma et Louise) Parfois, certains couchent avec des personnes qu'ils connaissent à peine ; d'autres avec de parfaits inconnus qu'ils ont rencontrés sur Internet. Dans un cas comme dans l'autre, le but est de laisser les sentiments amoureux en dehors de tout cela. "C'est juste deux personnes qui satisfont leurs désirs physiques, rien de plus" explique Déborah, 19 ans. (oui, comme des bêtes =p)
Bien évidemment, ces histoires de coucheries (oh!) alimentent les conversations dans beaucoup d'établissements scolaires. "Après chaque week-end, les couloirs résonnent des nouvelles sur les derniers exploits sexuels en date, dont les amis se partagent les moindres détails" a écrit une adolescente de 17 ans.
Si vous essayez de vivre en accord avec les normes bibliques,
(non, désolée, mais qu'est-ce que la norme ? demanderait mon ancien prof de philosophie) sans doute vous sentez-vous mis de côté quand tout le monde ne fait que parler de sexe autour de vous. Et, en vous tenant à l'écart, vous vous exposez aux moqueries. (Aaah d'accord, vous voulez rapatrier les laissés pour compte... ben y a du boulot.) D'une certaine façon, c'est inévitable, car selon la Bible, ceux qui ne comprennent pas votre mode de vie peuvent réagir en 'parlant mal de vous'. Malgré tout, personne n'aime qu'on se moque de lui. (Vous êtes dans ce cas ? Personne ne vous aime et tout le monde se gausse de vous ? C'est simple, rejoignez-nous, nous vous introduiront auprès de tas de pucelles boutonneuses au moins aussi frustrées que vous, qui n'attendent qu'un endroit sombre pour faire exploser leurs pulsions sexuelles inavouables auprès des grands basketteurs de terminale auprès de qui elles se prendraient un râteau.) Alors, comment dire non au sexe à l'école tout en restant fier de ses convictions ? (Qqqquelles convictions ? C'est un choix par défaut, si vous croyez qu'on n'aimerait pas se retrouver sur une banquette arrière avec le gang des pom-pom girls. Malheureusement, on est moches et/ou coincés.) Tout d'abord, il est important de comprendre pourquoi les désirs sexuels sont si puissants.
Au cours de l'adolescence, vous subissez des changements rapides [...]. Vous éprouvez alors des désirs sexuels intenses. Ne vous inquiétez pas : c'est tout à fait normal. Si vous ressentez une attraction puissante pour des camarades du sexe opposé, n'en concluez pas que vous êtes foncièrement mauvais ou que vous n'êtes pas faits pour rester moralement pur.
( = par contre, s'il s'agit d'attraction envers les personnes de même sexe, vous pouvez vous livrer à la débauche, de toute façon vous finirez en enfer ?) Vous pouvez choisir de garder votre chasteté !
[...] Etant imparfaits, tous les humains ont une inclination au mal. Même l'apôtre Paul a admis "[...]" et qu'en raison de ses imperfections il se sentait "misérable". Mais il a remporté le combat. Vous le pouvez, vous aussi !
(Buvez Coca-Cola XD)
[...] Vos camarades ont les mêmes pulsions que vous. Eux aussi ont une tendance innée à pratiquer la mal. Mais, à la différence de vous (moi ? oui, vous XD) certains sont peut-être "amis des plaisirs plutôt qu'amis de Dieu". Ou bien sont ils nés dans des foyers "sans affection naturelle" (ah mince, ils ciblent, ces vautours =D bon, je remplis tous les critères, j'avoue, je suis une dépravée) [...]
N'étudiant pas la parole de Dieu, la Bible, cette source de sagesse supérieure que vous avez à portée de main, vos camarades n'ont aucune idée du tort qu'on se cause en laissant libre cours à ses désirs.
(tous, vous croyez ? c'est marrant, je me sens visée dans les deux camps, c'est trop bien fait ce petit fascicule :D) [...] Donc, que ferez-vous si vos camarades se mettent à parler de sexe en votre présence ou s'ils essaient de vous contraindre à vous joindre à eux dans leur conduite immorale ? (vous voulez dire, le jeu de la bouteille ? XD)

Illustration n°2 : trois garçons se bidonnent, bière à la main. Ah, ces jeunes XD

Quand vos camarades se mettent à parler de sexe, vous êtes peut-être tentés de les écouter et même de vous mêler à la conversation pour ne pas afficher votre différence. [...] Faut-il vous lever et partir, ni plus ni moins ? Bien sûr ! (Bien joué, vous réussissez à caser la notion de difficulté d'affirmation, ce qui touche tous les ados, vous êtes malins mes petits, mais ça ne prend pas avec moi) [...] Vous n'avez vraiment aucune raison de vous sentir mal à l'aise parce que vous quittez une discussion immorale. Il y a bien d'autres conversations que vous fuiriez sans scrupule [...]. Imaginez par exemple qu'un groupe de camarades commencENT (hahaha une faute) à comploter un vol à main armée. Resteriez-vous avec eux pour écouter leurs plans ? (si c'est à main armée, non xp) [...] Faites de même quand la discussion s'engage sur le sexe. Vous trouverez souvent un moyen de vous éclipser sans vous faire passer pour un donneur de leçons ni vous attirer des moqueries. (ça m'f'rait rire)

Illustration n°3 : un jeune basané fait des gestes équivoques à une jolie blonde bien coiffée et toute proprette, qui fait mine de le repousser de la main. Noon va-t-en, tu ne m'atteinds pas.
Quelque chose m'échappe, je croyais qu'on n'était pas rascite chez vous ? Ou alors on s'attaque juste aux petites asiatiques qui ont certainement le feu aux fesses, cf Marjolaine et les millionnaires, et aux jeunes maghrébins qui après tout sont certainement aussi des pervers, parce qu'ils ont une grande propension à draguer les filles dans les autobus peut-être ? Ah, si c'est ça, alors mille pardons, je suppose que ... ah non, je ne suppose même pas que vous puissiez avoir raison, tout compte fait.

Bref, vous me permettrez d'arrêter là.
Il va sans dire que je réprouve ce genre de propagande (si si c'est de la pub, quoi que vous en disiez) qui cherche à cibler les âmes faibles pour les inscrire aux listes, en l'occurence, les jeunes qui ne s'intègrent pas dans leur milieu scolaire (tiens, comme les SECTES :p ça y est le mot est lâché) - car ne me faites pas rire, tout le monde a le désir à un moment ou à un autre de s'assimiler à ceux que tout le monde admire à l'école. Bien sûr, je désapprouve filles de douze ans qui s'habillent comme des pouffes, bien sur je sais qu'on fume son premier pétard à quinze ans et que le sexe est partout. Je ne suis pas pour tout ça. Mais ce n'est pas en créant des extrémistes que la situation va se redresser. Ce n'est pas une voie aveugle (les religions, monothéïstes surtout) qui va aider les jeunes à se construire. Les autres ne vous aiment pas ? Transformez ce "je ne peux pas être comme eux" en "je ne veux pas être comme eux", de toute façon le résultat sera le même, vous resterez un laissé pour compte, si ce n'est que là vous avez une excuse un peu éthérée.
(Et si tout ça ne marche pas, vous avez l'option Columbine, mais ça, on ne vous le dit qu'en troisième année d'initiation)
Voilà pour la nécessaire conclusion en parti-pris.
Demain, je vous enseignerai quel est "l'unique remède à la mort" (whaa, quel titre attractif). Quoique non, sûrement pas, ça me gave tout ça.

PS: les âmes influençables qui s'étaient abstenues au début du post, c'est bon, vous pouvez revenir maintenant :D